Laissez-le vivre ainsi sans lui faire de mal!
Laissez-le s’en aller; c’est un rêveur qui passe;
C’est une âme angélique ouverte sur l’espace,
Qui porte en elle un ciel de printemps auroral.

C’est une poésie aussi triste que pure
Qui s’élève de lui dans un tourbillon d’or.
L’étoile la comprend, l’étoile qui s’endort
Dans sa blancheur céleste aux frissons de guipure.

Il ne veut rien savoir; il aime sans amour.
Ne le regardez pas! Que nul ne s’en occupe!
Dites même qu’il est de son propre sort dupe!
Riez de lui!... Qu’importe! Il faut mourir un jour…

Alors, dans le pays où le bon Dieu demeure,
On vous fera connaître, avec reproche amer,
Ce qu’il fut de candeur sous ce front simple et fier,
Et de tristesse dans ce grand œil gris qui pleure!