Le journal informait ses lecteurs que la fabrique venait d’acquérir du curé Saint-Louis pour 600$ le terrain de 65’x 250’ adjacent à l’église pour y installer le nouveau bâtiment.

On y avait ajouté…"Dimanche, monsieur le curé a lu un décret de l’équipe du diocèse de Saint-Hyacinthe ordonnant l’érection d’un presbytère et dépendance en cette paroisse. Ce presbytère devra être un édifice imposant à en juger par ses dimensions et ses matériaux de construction, 42’ X 45’ sur deux étages construits en pierre avec toiture en ardoise, etc... Il devra être un nouvel ornement pour notre village."
Cependant, une étude du terrain avait démontré que le sous-sol n’était pas en mesure de soutenir un tel édifice. On avait donc opté pour une structure, plus légère, à claire-voie à montant de bois recouvert de brique et coiffé de tôle.

Le contrat avait été concédé à Joachim Read qui a eu la brillante idée de recycler les 100 000 briques de l’immense cheminée de l’ancienne tannerie Shaw. Les plans étaient l’œuvre de la firme Gauthier & Daoust de Montréal.

Vers 1902, on y a installé le courant électrique. Il fallait se moderniser. En fait, comme toutes les résidences de l’époque, au début c’était avant tout pour l’éclairage. 

En 1964, les marguilliers, pour faire face aux besoins grandissants de la paroisse, ont décidé d’agrandir encore l’aire disponible en faisant construire l’annexe qui relie le presbytère à l’église dans le but de fournir de l’espace mieux adapté. Dans cette aile se trouvent des salles de réunion et des bureaux qui servent encore aux différents besoins des paroissiens.

Cette partie, très moderne, avait été isolée de l’église par un mur coupe-feu qui devait protéger l’église en cas d’incendie du presbytère. Hélas…c’est malheureusement la superbe église qui s’est envolée en fumée.

Le presbytère a été construit dans une période de grande effervescence stylistique. L’économie allait bien. Le marché offrait des catalogues de styles et un grand choix de matériaux prêts à installer. Avec une aussi belle église, les paroissiens ne pouvaient se contenter d’un petit presbytère modeste. On opta alors pour un style qui avait du panache…. Enfin, c’est un mélange de style italien, mais sans la symétrie où un toit tronqué et un pignon néogothiques contrebalançaient une tour d’angle très néo-queen Anne. Cette belle tour d’angle, à peine en saillie, est coiffée d’un toit en croupe très pentu ouvert de pignons en ogive sur ses quatre faces. Remarquez le jeu des briques formant un motif ainsi que les petites fenêtres jumelles qui en éclairent le grenier. Son toit était, à l’origine, recouvert de tôle.