La maison Raymond-Masson

Une résidence secondaire de grand luxe

Photo source: © SHRT Fonds Aimé-Despatis, FAD-027-014-29. Musique de Sarabande: Joseph Bodin de Boismortier, Opus 35 (1731), interprétée au violon baroque par Olivier B. Brault, violoniste de réputation internationale.


La résidence derrière l'ancien Collège Masson

La résidence (en construction) derrière l'ancien Collège Masson.

Source : © SHRT Fonds Aimé-Despatis

À propos du premier Collège Masson (1847-1857)

Pendant près d’une trentaine d’années, le Collège Masson assure un enseignement bilingue sous la conduite d’instituteurs catholiques laïques et religieux. L’institution d’éducation « industrielle, commerciale et agricole » est établie en 1847 dans le grand entrepôt à grains et à marchandises sèches de l’ancien complexe commercial de Porteous. C’est une initiative de Mme Geneviève Sophie Raymond, veuve du seigneur Masson.

C’est son fils Isidore Candide Édouard Masson qui fait don de l’emplacement et des locaux à l’institution. Selon un témoin de l’époque, « l’éducation classique pour les hautes professions n’a lieu qu’après que le cours précédent est terminé. Il n’y a que les élèves destinés par les parents à faire un cours complet d’études et montrant d’heureuses dispositions qui soient admis ».

En 1851, le Collège Masson compte 140 élèves sous la conduite des prêtres Thomas Benjamin Pelletier, directeur, et son assistant le prêtre Joseph Salomon Théberge, en plus des clercs Élie Roch et Octave Renaud. La renommée du collège et la qualité de son enseignement dépassent rapidement les limites du bourg et de la région. Dès 1857, les locaux sont nettement inadéquats et il faut construire un édifice beaucoup plus grand.

Encore une fois, Isidore Candide Édouard Masson fait don d’un emplacement plus à l’est sur la rue Saint-Louis pour la construction d’un nouveau collège. Les travaux sont confiés au maître maçon Michel Sureau dit Blondin et l’inauguration de l’établissement est soulignée en grande pompe en 1857. 

Dès 1861, le collège accueille quelque 360 élèves, externes et pensionnaires, dont 193 sont « étrangers à Terrebonne ». Malgré son excellente renommée, le gouvernement tarde à reconnaître l’institution et à lui accorder un financement suffisant. Le 11 janvier 1875, le Collège Masson est réduit en cendres. Les pertes sont estimées à plus de 100 000$ et la maison n’est assurée que pour environ 25 000$. Il ne sera pas reconstruit. 

L’emplacement est vendu à Geneviève Sophie Raymond qui le donne à son fils Jean Paul Romuald. Ce dernier y construit une somptueuse résidence avec les pierres du collège Masson. Elle est connue encore aujourd’hui sous le nom de « Maison grise » et « Château Desjardins ». On peut la voir plus à l’est en retrait de la rue Saint-Louis, hors du circuit historique, au numéro 645.

Source :  Emplacement du 1er collège Masson, 1847-1857. Détail du plan du village de Terrebonne en 1853 par J.-C. Auger, notaire. BAnQ, Centre Québec, Fonds Ministère Terres et  Forêts,  E21,S555,SS1,SSS23,PT.2A

Le deuxième Collège Masson (1857-1875)

Deuxième collège Masson construit par le maître maçon Michel Sureau dit Blondin et ses fils en 1857. À gauche de l’édifice, une aile additionnelle érigée en 1873, deux ans avant l’incendie qui détruit tout l’édifice.

Source : © SHRT Fonds Aimé-Despatis

Le Château Desjardins ou la «Maison grise»

Château Desjardins, du nom d’Alphonse Desjardins, ancien maire de Montréal et homme d’affaires décédé à Terrebonne en 1912 dans cette résidence acquise en 1909 de Raymond Masson.

Source :© SHRT, Fonds Aimé-Despatis

À propos du complexe commercial de Thomas Porteous (1794-1832)

Le marchand et négociant Thomas Porteous s’installe à Terrebonne dès 1794 et devient rapidement le marchand le plus important du bourg. Il ouvre des magasins et entrepôts à Sainte-Rose de l’île Jésus et à Sainte-Thérèse. Il fait fortune dans le commerce des grains, du bois et de la potasse. Il exploite même un chantier sur l’Outaouais avec son associé William Oviatt de Québec, agent d’une firme de Londres. Porteous construit un quai de transbordement de marchandises pour ses barques, en pas du surplomb, en face de ses magasins et entrepôts. Avec la Maison Mackenzie, Oldham & Co., il assure une grosse part du transport fluvial des marchandises de la région vers Montréal et Québec.

En 1820, ses installations à Terrebonne comprennent une grande résidence en pierre construite pour le notaire Antoine Foucher vers 1765, un entrepôt de marchandises sèches et un grenier en pierre couvert de fer blanc de deux étages et demi avec des caves voûtées; un second entrepôt aussi en pierre, celui construit par le maçon Pierre Augé, le tout pouvant contenir jusqu’à 1,6 tonne métrique de grains (60 000 boisseaux) et 1530 m. cubes de blé (45 000 minots) par année; une remise à diligence, une écurie pouvant accueillir dix chevaux, une étable à vaches, une glacière et d’autres dépendances, toutes en pierre, sans oublier un jardin des plus productifs. Il ne subsiste aujourd’hui de ce complexe commercial que les écuries très bien conservées au cours des décennies. Elles auraient plus de 200 ans.

Source : Anses à bois en bas de la Pointe-à-Puiseaux, Québec, QC, 1872, William Notman, I-76306, Musée McCord

Les écuries de Thomas Porteous vers 1910

Source : Détail d’une carte postale de Pierre Fortunat Pinsonneault. Maison Antoine-Foucher (1765) et les écuries en arrière-plan vers 1915 (© Archives photographiques numérisées de Pierre-Fortunat Pinsonneault en ligne.

Le texte de la narration

Vous êtes en face de la résidence de Raymond Masson. 

Sur l’ensemble de ce terrain, auquel il faut ajouter celui de la maison du pasteur situé du côté ouest, puis celui à l’arrière de la maison Joseph-Augé à l’est, s’élève le vaste complexe commercial du négociant Thomas Porteous. 

Il comprend aussi le terrain de l’autre côté de la grande rue en pente abrupte jusqu’au bord de la rivière, où sont aménagés un quai d’accostage des barques et un monte-charge pour le transbordement des grains et des marchandises vers les greniers et les entrepôts.
 
En 1912, le sculpteur Raymond Masson, fils de Jean-Paul Romuald Masson, appelé John, petit-fils de Joseph Masson et neveu de Louis Rodrique Masson, achète cet emplacement pour y construire quelques années plus tard cette luxueuse résidence de style cubique (ou Four Square Style), en brique, montée sur des fondations en pierre.

Elle possède une toiture à pavillon surmontée d’un puits de lumière, avec des lucarnes pignons sur les versants latéraux. Une grande galerie couverte avec balustrade et une verrière s’étend sur deux façades. La porte principale à double battant est surmontée d’une imposte. Elle est ornée d’un balcon avec auvent à l’étage. Le bâtiment a une excellente valeur d’architecture et une valeur patrimoniale supérieure.  

Raymond Masson possède la résidence jusqu’à son décès à Outremont en 1944. Les annuaires Lovell’s de Montréal et les recensements du Canada montrent qu’il habite divers quartiers de Montréal comme Westmount et Outremont, sans mentionner ses séjours de plusieurs années à Paris et à Boston. Sa résidence de Terrebonne constitue tout au plus un pied-à-terre lorsqu’il y séjourne. Nous ignorons qui l’habitait en son absence.

Dans les années 1880, Raymond Masson étudie la sculpture pendant près de neuf ans à Boston puis en France durant environ dix ans. C'est lors de son long séjour en France que Raymond Masson collige des données sur les familles de la seigneurie de Terrebonne. Le fruit de ses recherches est publié en 1930 et 1931 en quatre volumes sous le titre  Généalogie des familles de Terrebonne. À l’automne de 1888, son bas-relief représentant Charlotte Corday, celle qui assassina  Marat dans sa baignoire en 1793, remporte le deuxième prix à l’Exposition provinciale de Québec.

Raymond Masson épouse Lucienne Parent le 15 janvier 1900. Le couple a deux filles dont Céline, née le 14 mai 1914, qui survit jusqu’à l’âge adulte.

Merci de continuer votre visite. À bientôt.

Une présentation de la Caisse Desjardins de Terrebonne, partenaire officiel.



Excerpt of
Le front bourgeois de Terrebonne | Circuit historique

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