Nous sommes devant le parc Hackett qui porte le nom de l’honorable John Hackett, membre du Parlement pour Stanstead et plus tard sénateur. On y trouve des jardins, une aire de jeu pour enfant, un monument érigé par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada, et un cénotaphe. C’est d’ailleurs autour de ce dernier que la communauté se regroupe annuellement lors du jour du Souvenir.
Parlant de souvenirs, remontons le temps jusqu'en 1915 : Le 12 octobre 1915, à partir de minuit, un feu dévaste Stanstead Plain et transforme littéralement sa partie nord en un monceau de décombres et de cendres. L’été a été sec et, ce soir-là, le vent souffle fort. Tout semble être contre les pompiers qui luttent de leur mieux toute la nuit. L’alarme de feu à l’usine de fouets Lay, à Rock Island, est lente à se déclencher en raison d’une faible pression de la vapeur dans le sifflet. Encore pire : la pression d’eau dans les tuyaux est basse. Au matin, 70 bâtiments sont détruits. Parmi eux : la boulangerie où le feu a débuté, une douzaine de maisons, des commerces, un hôtel, un salon de barbier, une boutique de harnais, un marché de viande, un cabinet d’avocat, l’Église catholique Sacré-Cœur, la mairie de Stanstead Plain (qui contient aussi le registraire, la cour municipale, la station de pompiers et la prison) et de nombreuses granges. Aucune vie humaine n’est perdue, mais on ne peut en dire autant de centaines de vaches, de porcs, de chevaux et de poulets.
Selon un témoin, « la plus vile forme de vie humaine » travaillait fort aux petites heures du matin, pillant les quelques possessions que les sinistrés avaient regroupées dans leur cour avant que leur maison ne soit rasée. Une note dans le Stanstead Journal précise que plusieurs des coupables sont connus et qu’ils seront poursuivis si les biens volés ne sont pas rendus. Résultat : plusieurs objets sont retournés anonymement.
Dans les années qui suivent, plusieurs maisons sont reconstruites; il s’agit des jolies vernaculaires cubiques que l’on peut voir aujourd’hui dans la portion nord de la rue Dufferin, où vous vous situez actuellement.
La maison de style vernaculaire américain cubique, très populaire au début des années 1900, se caractérise par sa forme carrée et son toit en croupe (à quatre versants). Inspirée du mouvement ‘Arts et Artisanats’, elle met l’accent sur l’artisanat et le travail du bois. Plusieurs des édifices qui bordent la rue Dufferin sont de ce style et remontent à un an ou deux après le ‘Grand Incendie’. En route vers le prochain point, vous pourrez en voir plusieurs sur votre droite.