D'un garage à un milieu muséal
Le fameux Pavillon 3. Quand j’y pense, j’ai l’impression qu’il est le grand incompris du domaine, et ce, depuis des décennies!
Déjà, on ne sait pas trop comment le nommer, aujourd’hui encore. Il est usuellement appelé Pavillon 3… même si, chronologiquement, on n’y est pas du tout, puisqu’il a été érigé en deuxième, soit deux ans avant la résidence nommée Pavillon 2. Un temps, on a utilisé le vocable conciergerie, mais ce rôle n’a été le sien, en réalité, que pour une très courte période. Vient la dénomination garage, évocatrice, mais peu glorieuse, disons-le. Toutefois, si ce qualificatif ne sied plus depuis belle lurette, il reflète concrètement la vocation première d’une partie de l’édifice.
En effet, lorsque Howard fait appel à l’architecte montréalais Philippe Turner, en 1920, c’est pour la construction d’un bâtiment utilitaire. Celui-ci se destine à accueillir, au sous-sol, la chaufferie centrale et des chambres froides, au rez-de-chaussée, le garage et, à l’étage, un gymnase et des sanitaires. Au premier coup d’œil, on peut avoir l’impression d’une coupure entre le style architectural de ce pavillon et le reste du domaine mais, s’il y a des différences évidentes, il s’intègre plutôt bien à l’ensemble. Surtout, il ne faut pas oublier que sa vocation était bien différente de celle des résidences cossues : un certain décalage s’imposait peut-être de soi.
Ah! et le logement à l’étage dans tout ça, vous demandez-vous peut-être. C’est vrai que plusieurs rumeurs ont laissé entendre que les parents Howard ou encore le fils aîné de Charles, Bud, auraient à un certain moment habité le local au-dessus du garage. Dans les deux cas, le contexte familial rend la chose improbable. En revanche, à partir du milieu des années 1930, un appartement y est indéniablement aménagé et mis en disponibilité. Le dernier occupant aurait été le responsable de l’entretien du domaine, entre 1972 et 1976.
Après cette date, le bâtiment est réaménagé pour accueillir la Société d’histoire des Cantons-de-l’Est, qui y accueillera des visiteurs de 1976 à 1992. Par la suite, divers organismes et départements municipaux occuperont les lieux, jusqu’en 2023.