Halte agricole

Un sol exceptionnel

Depuis toujours, Rivière-Ouelle offre un milieu biophysique exceptionnel et diversifié. Intégrée au paysage des basses terres des Appalaches, faisant face aux Laurentides, adossée au fleuve et dominée par des crêtes rocheuses, la plaine agricole riveloise se compose d’un mélange de sable et d’argile.

ON SE SOUVIENT

1815 : « […] C’est une étendue de terrain très précieuse et d’un grand rapport, la plus grande partie est unie, le sol en est riche et fertile et consiste en une belle terre grasse entremêlée d’argile et de bonne marne [roche sédimentaire, à grain fin, très tendre, constituée d’un mélange d’argile et de calcaire] ; l’égalité de la surface est interrompue çà et là par quelques éminences et par des rochers perpendiculaires de granite couverts à leur sommet d’arbustes rampants […] ».
 
Texte cité : CROFF, Madame E., Nos ancêtres à l’œuvre à la Rivière-Ouelle, Montréal, Éditions Albert Lévesque, 1931 [extrait tiré de la « Topographie du Bas-Canada »]

Photo: Au pied des Appalaches. (Élisabeth Hudon)

Les terres neuves de l'époque

La plupart des colons de Rivière-Ouelle connaissaient peu de choses sur l’agriculture en arrivant au pays. Ils ont dû improviser, tenter des expériences, accuser autant d’échecs que de succès. Après une ou deux générations, ils ont appris de l’expérience de leur père et de leur grand-père.

Vers 1727 : « L’agriculture est bien en train, sa production régulière ; le rendement est fort, s’agissant de terres neuves, sur lesquelles on récolte 11, 15, 20 pour un. La production est plus que suffisante à la colonie : 411 000 minots de blé en 1726, donnant 14,6 minots* par personne par an […] On cultive le blé d’Inde, les pois [et la production de l’avoine est considérable] ».

*Un minot est une ancienne mesure française de capacité utilisée pour les matières sèches

Texte cité : HUDON, Paul-Henri, Rivière-Ouelle 1672-1972

Photo : La Pointe-aux-Orignaux. (Collection Municipalité de Rivière-Ouelle)

Les prairies de grève

La photographie illustre bien la proximité entre les terres cultivables de Rivière-Ouelle et le fleuve aux eaux salées. Le Kamouraska se distinguait naguère aussi par la présence de prairies sur les grèves, où les animaux se nourrissaient des herbes qui y poussaient. Ce « foin de grève » au goût salé a fait la renommée du fromage de la région à une certaine époque.

« La récolte de ce foin l’automne donne lieu à des scènes pittoresques, où les faucheurs doivent déployer divers stratagèmes pour parvenir à couper et à récolter le précieux fourrage entre les marées. À Rivière-Ouelle, à la fin du XIXe siècle, les hommes hissent les andains [foins fauchés] sur la berge à l’aide d’un câble, tandis que les résidants de l’île aux Grues le déposent sur des petites plates-formes sur pilotis où ils iront le chercher au fur et à mesure de leurs besoins durant l’hiver. »

Pour en savoir davantage sur le foin et les prairies de grève, cliquez ici (site externe à BaladoDécouverte).

Texte cité : SAINT-PIERRE, Jacques, Le foin de grève, Encyclobec, 2002

Photo : Rivière-Ouelle, 2020. (Pierre Lahoud)

Ce qu’on cultive ici

« […] Les parties labourées fournissent en abondance du grain de toute espèce et d’une qualité qui ne le cède guère à aucune autre seigneurie de la province. Les prairies et les pâturages sont très fertiles et le produit des laiteries forme une partie assez considérable de la richesse des fermiers. »

Texte cité : CROFF, Madame E., Nos ancêtres à l’œuvre à la Rivière-Ouelle, Montréal, Éditions Albert Lévesque, 1931, [extrait tiré de la « Topographie du Bas-Canada »]

Photo : À perte de vue. (Marie Bérubé. Collection Municipalité de Rivière-Ouelle).

On se souvient

« Les fermes et les autres maisons sont généralement accompagnées de jardins bien garnis et de beaux vergers et les habitants jouissent selon toute apparence de toutes les commodités que le travail peut procurer à un peuple entièrement livré à l’agriculture […] ».

Texte cité : CROFF, Madame E., Nos ancêtres à l’œuvre à la Rivière-Ouelle

Photo : Léopold Chamberland devant sa maison et les bâtiments du rang de la Petite-Anse. (Collection Gilles Chamberland).

Les cultures

L’herbe pâturée ou consommée en fourrage (foin, ensilage…) constitue 60 % de l’alimentation des ruminants. En complément, ils mangent de la luzerne et différents mélanges fourragers ainsi que certaines céréales, tels le maïs et le blé, pour nourrir le cheptel. Ces plantes font tourner l’économie, embellissent le paysage, contribuent à la conservation des sols et valorisent les fumiers.

Photo : Fourrage, maïs, herbe, moulée, trèfle et luzerne. (Les producteurs de lait du Québec).

Les aboiteaux

Les aboiteaux sont des remparts et écluses qui servent à protéger les étendues de terre contre les courants fluviaux.

« Le paysage du Kamouraska se caractérise au nord par la présence d’aboiteaux, des digues construites dans les marais côtiers afin de protéger les champs agricoles des inondations du fleuve. »

Texte cité : Portrait agroalimentaire de la MRC de Kamouraska, MAPAQ 2019

« Historiquement, c’est la grande productivité des terres qui a poussé les agriculteurs à vouloir assécher les marais saumâtres situés le long du Saint-Laurent afin de pouvoir cultiver ces superficies additionnelles. Pour y arriver, les agriculteurs ont construit des structures appelées aboiteaux, qui consistent en une digue de terre munie d’un système d’évacuation des eaux de drainage avec des portes d’évacuation. Sous la pression de l’eau, les portes se referment lorsque la marée monte et s’ouvrent lorsque la marée est basse afin de laisser évacuer l’eau des fossés de drainage. »

Texte cité : Analyse coûts-avantages des options d’adaptation en zone côtière à Rivière-Ouelle, Ouranos, 201

Photo : Les aboiteaux à Rivière-Ouelle. (Pierre Lahoud)

Les enseignements

1859 : Fondation de la première école d’agriculture à Sainte-Anne-de-la-Pocatière.

Pour se renseigner sur la création et l’impact de l’ITA, cliquer ici (site externe à BaladoDécouverte).

Photo : École d’agriculture, 1900. ( ITA Campus de La Pocatière)

La beurrerie

Bernard-Claude Panet, curé de la paroisse Notre-Dame-de-Liesse de Rivière-Ouelle de 1781 à 1825, s’intéresse à l’agriculture. Il devient membre de la Société d’agriculture du district de Québec en 1791. Il accepte le patronage de la Société auxiliaire d’agriculture de Sainte-Anne de la Grande-Anse en 1821.

Jean-Charles Chapais, dont le père et le grand-père proviennent de Rivière-Ouelle, crée à Saint-Denis la première école d’industrie laitière en Amérique du Nord en 1881.

Photo : Monseigneur Bernard-Claude Panet, Évêque de Québec, Sproule, Robert Auchmuty, après 1825. (Archives Canada).

Le "syndicat coopératif"

En 1897, « La Beurrerie de Rivière-Ouelle est fondée en “Syndicat” coopératif à l’instigation de l’abbé Adolphe Michaud, curé de la paroisse. […] ».

Texte cité : Ulric Lévesque, 325 ANS - Une Grande Famille ! Rivière-Ouelle vous accueille, 1672-1997

« La Société de fabrication de Beurre et de fromage de Rivière-Ouelle […] produit annuellement quelque 76 000 livres de beurre qui sont en grande partie vendues sur le marché à beurre à Saint-Pascal. Les consommateurs locaux en absorbent quelque 200 livres par semaine. La fabrique, qui reçoit le lait de 95 cultivateurs environ, emploie 3 hommes pendant 7 à 8 mois. Certains cultivateurs de la municipalité préfèrent vendre leur lait à des fabriques des localités voisines qui s’occupent de recueillir le lait de ferme en ferme tandis que la fabrique de Rivière-Ouelle ne le fait pas. »

Texte cité : L’inventaire des ressources naturelles et industrielles 1938 - comté de Kamouraska

Visuel : Ulric Lévesque, 325 ANS - Une Grande Famille ! Rivière-Ouelle vous accueille, 1672-1997.

La coopérative

En 1944, « ce “Syndicat” est vendu à une coopérative formée par Louis Dubé, Émile Lévesque et plusieurs autres sociétaires. Les fabricants sont successivement dénommés Dionne (1897-l921), Théophile Richard (1921-1938), Liguori Richard (1939-1950), Fernand Bernier (1950-1963) et Jacques Richard (1963-1966). »

Texte cité : LÉVESQUE, Ulric, 325 ANS - Une Grande Famille ! Rivière-Ouelle vous accueille, 1672-1997, ACSCA 32/8. L’information écrite de ce document est complétée par les informations verbales fournies par Gilbert Pelletier, Dorothée G.-Rivard, Jeannette Richard, Fernand Bernier et Roger Richard.

Comme les caisses populaires Desjardins, les coopératives agricoles visent à améliorer le sort des communautés par l’action collective. En 1908, une loi encadre la création des sociétés coopératives agricoles et, en moins de 15 ans, de 1909 à 1920, 300 coops locales sont créées. En 1922, la Coop fédérée, qui regroupe la plupart des coopératives agricoles du Québec, est constituée. Ce réseau s’imposera au fil du temps comme l’un des principaux outils de développement de l’agriculture. En 1936, on dénombre 462 coopératives agricoles.

Cessation des opérations

La coopérative a cessé ses opérations vers 1966.

« Vers 1968, Patrice Dubé démolit la bâtisse pour les matériaux. Le 6 novembre 1974, la Municipalité vend le terrain à Clément Dubé. »


Texte cité : LÉVESQUE, Ulric, 325 ANS - Une Grande Famille ! Rivière-Ouelle vous accueille, 1672-1997. Tiré d’un texte fourni par Gérard Richard.



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