L'Anse-des-Mercier

En mémoire du rivelois Gilbert Mercier

L’anse menant à la Pointe-aux-Orignaux prend le nom de Mercier en mémoire du rivelois Gilbert Mercier. Le chemin de fer et la croix du quai, représentés sur le panneau d’interprétation « L’anse-des-Mercier » du Circuit Fil Rouge Rivière-Ouelle, sont associés à l’anse tout comme l’hôtel Laurentides et la chapelle du quai qui témoignent du développement touristique favorisé par la présence du quai, du traversier et du chemin de fer.

Ce n’est donc pas un hasard si le Circuit Fil Rouge Rivière-Ouelle propose de découvrir ces lieux avec des panneaux d’interprétation comme « Les chapelles du quai », situé en face de la chapelle, et la « Pêche » qui se trouve sur le quai. Malgré la fin du trafic ferroviaire en 1920, la villégiature poursuit son développement à la Pointe-aux-Orignaux.

Photo : L’Anse-des-Mercier, 2020. (Pierre Lahoud).

Les croix de chemin

La croix du quai, de type instruments de la passion était à l’origine située face au 131 chemin de l’Anse-des-Mercier. De bois, peinte en blanc avec le chanfrein peint en noir, son axe est ornementé et ses extrémités peintes en rouge. Le décor du centre à motif soleil en couronne présente l’inscription : « Vive le Christ-Roi ».

Le Circuit Fil Rouge Rivière-Ouelle propose de découvrir une autre croix de chemin : la croix des Dubé. Apprenez-en plus sur cette croix en cliquant ici. En plus de ces deux croix, sept croix de chemin enjolivent la   municipalité de Rivière-Ouelle qui les a répertoriées sur son site Web.

Photo : La croix du quai. (Nancy Fortin, 2021).

Les croix de chemin à Rivière-Ouelle

« Il n’est pas rare de voir des croix de chemin lorsqu’on parcourt les routes rurales du Québec. Ces croix sont pour la majorité de bois mais parfois de métal ou de granit. Elles sont un symbole qui souligne la forte appartenance religieuse du peuple québécois à une certaine époque. Derrière chaque croix de chemin se cache une intention :

La croix commémorative rappelle aux gens le site d’un événement ;

La croix de fondation souligne la prise de possession de l’homme sur sa nouvelle terre ;

La croix de dévotion publique est un lieu de rassemblement.

La croix votive témoigne d’un vœu particulier. Ou on plante la croix pour obtenir une faveur ou plus souvent on érige la croix pour une faveur obtenue.»

Pour lire la suite de cet article sur l’histoire des croix de chemin, cliquez ici (site externe à BaladoDécouverte).

Photo : Croix du Faubourg, Rivière-Ouelle. (Ève-Marie Bélanger).

Une tradition bretonne

« La croix de chemin est une tradition héritée d’Europe, principalement de Bretagne. Elle remonte aux débuts de la chrétienté lorsque l’Église, cherchant à sacraliser les menhirs, y gravait une croix ou s’en servait comme socle pour une croix nouvelle. »

« En Nouvelle-France, les découvreurs, les premiers, plantèrent des croix en signe de possession : Jacques Cartier à Gaspé, Champlain en Acadie, Maisonneuve à Montréal et ainsi de suite du lac Érié au Mississippi et jusqu’en Louisiane. Par la suite, les habitants s’emparèrent de la tradition et elles apparurent le long des routes ou à la croisée des chemins au fur et à mesure que progressait la colonisation. Souvent érigée par un particulier, en signe de reconnaissance, comme talisman ou pour obtenir une faveur, la croix, une fois bénite, appartient à Dieu ; l’endroit devient sacré : on s’y arrête, se découvre, se signe et se recueille. Les soirs du mois de Marie ou du Rosaire on s’y réunit pour la récitation du chapelet. De ces croix, construites au temps de grande foi, 2 500 à 3 000 émaillent encore le territoire du Québec. »


Texte cité : Culture Témiscouata, Histoire et patrimoine, croix des chemins. [En ligne] http://culturetemiscouata.ca/images/PDF/livret_croix.pdf

Photo : Croix de chemin dite croix aux outils, Kergiquel (Paimpol), Bretagne. (Patrick Pichouron, Conseil général des Côtes-d'Armor).

Le quai

C’est entre 1852 et 1855 que le quai, remplaçant la jetée datant de 1838, est construit à la Pointe-aux- Orignaux. À l’origine, le quai a une vocation commerciale : exportation de bois, de blé et d’autres denrées agricoles.

En 1855, le quai est allongé devenant ainsi après Québec le lieu le plus rapproché de la rive nord de l’estuaire. Des navires venant du nord y accostaient au moins deux fois par semaine. Particulièrement long (1 218 pieds – 371 mètres), le quai est accessible aux bateaux même à marée basse, ce qui était assez rare. L’historienne Pierrette Maurais rappelle que le quai desservait les paroisses de Rivière-Ouelle et de Saint-Denis, d’où son nom de quai de Saint-Denis donné par Jean-Charles Chapais « afin de narguer les gens de Rivière-Ouelle croit-on » rapportait Paul Henri-Hudon dans son ouvrage Rivière-Ouelle de la Bouteillerie, 3 siècles de vie.

À ce transport de marchandises s'ajoute vers 1877 un service de traversiers qui faisait la liaison entre Rivière-Ouelle (Pointe-aux-Orignaux) et La Malbaie (Pointe-au-Pic). Le traversier amène les passagers au quai, d'où on les conduit par diligence jusqu'à la gare de Rivière-Ouelle où ils peuvent prendre le train. Le traversier est en service jusqu’en 1920.

« Au cours de l’automne 1936, le quai perd près des deux tiers de ses installations, dont la fameuse jetée, lors d’une tempête de grands vents »

Texte cité :  Étude de l’aire patrimoniale de la Pointe-aux-Orignaux, Rivière-Ouelle, Patrimoine bâti, paysages et archéologie, janvier 2014

Photo : Le quai de Rivière-Ouelle. (Jean-Baptiste Dupuis, Archives famille Norbert-É. Dionne).

Le phare et la maison du gardien

Photo : Quai de Rivière-Ouelle. (Archives de la Côte-du-Sud, Collection Joséphine-Alexandre Dufour, autour de 1920)

La gare Letellier

Ce document cartographique retrouvé à la municipalité de Rivière-Ouelle indique l’endroit où se trouvait la gare Letellier à l’intersection de l'actuelle route 132 et du chemin de la Petite-Anse à Rivière-Ouelle.

Visuel : Extrait de la carte, « Intercolonial Railway », Plan schewing right of way, as constructed of Branch Line from Rivière-Ouelle to St-Denis wharf, 1904.

La gare de la station

Si l’on trouve encore de vieilles photos de la gare de Rivière-Ouelle, très peu de traces laissent entrevoir aujourd’hui l’existence de la gare Letellier et les photos qui la rappellent sont bien cachées. Elle se trouvait le long de la route 132 du côté nord entre la route de la Plaine et le chemin de la Petite-Anse; le bâtiment était adjacent au terrain de Louis Lévesque, le grand-père maternel de François Hertel (Rodolphe Dubé, 1905-1985). C’est à cette croisée, sur l’ancienne travée du chemin de fer, qu’est aujourd’hui implantée la croix des Dubé dont il a été question précédemment.

Photo :  Gare de la station à Rivière-Ouelle. (Collection de la Municipalité de Rivière-Ouelle).

Le train dans l’anse

De 1903 à 1920, un embranchement du chemin de fer de l’Intercolonial partait de la gare Letellier pour mener au quai-traversier de la Pointe-aux-Orignaux en parcourant, dans l’axe nord-sud, le territoire de Rivière-Ouelle. Le premier train de passagers y circule le 23 juin 1903. Des familles déjà arrivées, comme les familles Mercier, vont s'installer en permanence. Le bureau de poste du quai est ouvert de 1906 à 1920; il s'ajoute à un service de la malle connu sous le nom de bureau de la Pointe-aux-Orignaux qui est ouvert de 1877 à 1932.

Les voyageurs pouvaient se rendre par le train prendre le traversier pour gagner l’autre rive. L’effet combiné du traversier et du chemin de fer va favoriser le développement du tourisme. Le développement économique apporté par l’aménagement de la voie ferrée est de courte durée. La construction en 1918 d'un chemin de fer sur la rive nord met fin et au service de traversier et à l'embranchement de voie ferrée qui mène au quai. La station du chemin de fer du quai est définitivement fermée le 6 janvier 1920 et les rails sont enlevés en 1923.

Photo : Le quai de Rivière-Ouelle. (Archives de la Côte-du-Sud).

L’hôtel Laurentides

L’hôtel Laurentides, construit par l’hôtelier George Lévesque en 1853, accueille les villégiateurs durant la saison estivale. L’endroit est fort apprécié des voyageurs qui empruntent la traverse Pointe-au-Pic/Rivière-Ouelle. L’hôtel Laurentides est aussi appelé Laurentine House ou Manoir de la Pointe-aux-Orignaux. Ce bâtiment existe toujours aujourd’hui.

George Lévesque est le douzième héros du livre Originaux et détraqués de l’écrivain Louis Fréchette. Voyez le panneau d’interprétation du Circuit Fil Rouge Rivière-Ouelle « La pêche » situé sur le quai qui rappelle quelques extraits de ce livre.

Photo :  Hôtel Laurentides. (Collection famille Roger Bernier)

Les chapelles du quai

Juste à côté se trouve la chapelle du quai dont l’histoire est relatée sur le panneau d’interprétation qui s’y trouve. Pour en savoir davantage, consultez les contenus qui s’y rapportent sur Le Circuit Fil Rouge Rivière-Ouelle BaladoDécouverte en cliquant ici.

Photo : Chapelle du quai. (Marie Dubois, 2020)



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Circuit Fil Rouge Rivière-Ouelle

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