Les héros de Rivière-Ouelle

Des adversaires légendaires

Photo source: Une paroisse canadienne au XVIIe siècle, La Rivière-Ouelle et Éclaircissements sur la pêche aux marsoins [sic], L’abbé H.-R. Casgrain, Éditions Beauchemin, Montréal, 1890.


William Phips

« William Phips (1650-1694), marin, aventurier et gouverneur colonial est né dans l’État actuel du Maine, d’humbles parents, il décède à Londres».

Source texte: C. P. Stacey, « PHIPS, sir WILLIAM », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 1, Université Laval/University of Toronto, 2003.

Source image : Portrait de Sir William Phips (1651-1695), premier gouverneur royal de la colonie du Massachusetts. ntre 1687 et 1694, Thomas Child, Wikimedia Commons.

 

De simples colons devenus héros

Quand les Anglais tentent de débarquer à la pointe de la rivière Ouelle, en 1690, plusieurs francophones s'unissent pour faire feu sous le commandement du curé de Francheville. Il s'agit des Bonin, Bouchard, Boucher, Dancosse, Dubé, Durand, Émond, Fliche, Foquenet, Gagnon dit Belzile, Gauvin, Grondin, Hautin, Hudon, Huot, Jouineau, Langlois, Lavoye, Lebel, Lecanteur, Lévesque, Lizotte, Mignault, Miville, Ouellet, Pelletier, Saint-Pierre et Soucy.

Plusieurs milliers de leurs descendants sont aujourd'hui dispersés aux quatre coins du pays et partout dans le monde.

À propos

 « Pierre De Francheville  (1649-1713): prêtre, secrétaire de Mgr de Laval… est baptisé à Trois-Rivières […] Mgr de Laval écrira de lui : “On l’a élevé tout petit au Séminaire”».

Source texte : Honorius Provost, « FRANCHEVILLE, PIERRE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 2, Université Laval/University of Toronto, 2003.

 « Francheville, ordonné le 18 septembre 1676, a fait du ministère à Beauport (1678–1681), à Saint-Pierre, île d’Orléans (1681–1689), à Rivière-Ouelle (1689–1692), à Cap-Saint-Ignace et à Saint-Thomas (1692–1698), et enfin à Longueuil (1701–1713). »

Source texte : Inventaire des lieux de mémoire, Francheville, Pierre, Repéré à http://www .memoirenf.cieq.ulaval. ca/
 

Une expédition désastreuse

Sur cette scène, Frontenac reçoit l’émissaire de Sir William Phipps qui réclame la capitation de Québec, en 1690.

Source image : Frontenac, recevant l'envoyé de sir William Phipps, qui demande à Québec de rendre les armes, 1690, vers 1915, Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition 1972-026 X PIC 00780
 

Vestiges de l’expédition

« Le Elizabeth and Mary faisant partie de la flotte montée par William Phipps en 1690 afin d’aller conquérir la ville de Québec. Elle fut découverte dans l’anse-aux-Bouleaux, à quelques kilomètres en amont du village de Baie-Trinité, en Moyenne-Côte-Nord. 

[...]

Les résultats des campagnes archéologiques du printemps 1995 et des étés 1996 et 1997 se sont soldés par la découverte de plus de 4 000 objets-témoins de la vie domestique, militaire et maritime du 17e siècle. Sur le site web du M.C.C.C.F. documentant ce vaste projet scientifique, on peut lire :

'' L'épave de l'anse aux Bouleaux possède plusieurs caractéristiques d'un grand intérêt historique et archéologique. En plus d'être la plus ancienne au Québec, elle renferme quantité d'informations fort recherchées sur la construction navale au XVIIe siècle en Amérique. Sa collection d'artefacts s'avère très riche, non pas pour sa valeur marchande, mais pour les renseignements très précieux qu'elle livre sur le mode de vie de l'époque et sur l'expédition elle-même '' 

[...]

La suite de l’histoire est bien connue : le siège d’octobre 1690 devant la ville sera un échec. Lorsque le 16 octobre Phipps envoie le major Thomas Savage intimer à Frontenac l’ordre de se rendre, le gouverneur prononce ces paroles devenues célèbres : « Je n’ay point de Reponse a faire a vostre general que par la bouche de mes cannons et a coups de fuzil. »

Le bombardement anglais se poursuit plusieurs jours. Il ne cesse que lorsque les Anglais ont épuisé à peu près toutes leurs munitions et que leurs navires, en particulier le navire amiral de Phipps, dit le Six Friends, ont subi des avaries considérables par suite du feu des batteries de la ville. Les troupes du major John Walley, débarquées le 16 octobre, restent inactives durant le bombardement. Ses hommes souffrent du froid et se plaignent de la pénurie de rhum. Force est d’admettre que l’absence de soldats bien formés et d’approvisionnements suffisants vouait l’entreprise à l’échec dès le départ. Les 23 et 24 octobre, on négocie et effectue l’échange des prisonniers, puis les navires de Phipps mettent à la voile pour Boston. Même si dans son récit, Phipps n’avoue avoir perdu que 30 hommes, les pertes dues à la maladie et aux accidents en mer se chiffrent par centaines. James Lloyd, de Boston, écrit au Mois de janvier suivant : « Sept navires manquent encore à l’appel, trois autres ont fait naufrage et ont brûlé. » Cotton Mather raconte le naufrage d’un brigantin à Anticosti : l’équipage réussit à passer l’hiver dans l’île puis, apparemment, est secouru l’été suivant par un navire de Boston.

L’histoire d’un de ces navires, le Élizabeth and Mary, qui constitue la plus vieille épave découverte sur le territoire de la province de Québec, nous est maintenant bien connue…»  

Pour voir quelques images d'artéfacts du Élizabeth and Mary, nous vous invitons à regarder ce reportage de TVA Nouvelles : http://www.tvanouvelles.ca/2017/07/27/des-artefacts-de-lepave-du-elizabeth-and-mary-exposes-a-baie-comeau

Source texte : Centre Archéo Topo, L'épave du navire « Élizabeth and Mary » (DiDt-8), échoué en 1690, juillet 2017.

Des militaires et topographes

Vue de Cap Rouge, Québec, 1759 (exemple de tableau réalisé par le topographe Hervey Smyth). 

Certains militaires et topographes ont été de véritables paysagistes: pensons à James Pattison Cockburn, Thomas Davies, George Heriot, Richard Short et à Hervey Smythe.

« Durant son séjour au Canada, Smyth [sic], dessina, en six séquences, le périple de conquête des navires anglais lors de leur avancée sur le fleuve Saint-Laurent […]. Comme tout officier britannique, Hervey Smyth avait dû apprendre à dessiner à la Woolwich Military Academy, une institution qui offrait des cours de dessin topographique pour des fins stratégiques et militaires. Après la chute de Québec, des éditeurs anglais s’empressèrent de faire graver des images du Canada nouvellement conquis en faisant appel à des militaires qui avaient rapporté des dessins dans leurs bagages. Sollicité par l’éditeur londonien Thomas Jefferys, le capitaine Smyth lui confia six dessins qui furent d’abord reproduits sur la toile par le peintre Francis Swaine (1725-1782). Quatre graveurs exécutèrent ensuite six planches d’après les tableaux de Swaine. Le tout fut rassemblé dans un portefeuille intitulé Six Views of the Most Remarkable Places of the Gulf and River St. Lawrence, et dédié à l’Honorable William Pitt (1708-1778), premier ministre de Grande-Bretagne de 1756 à 1761. Les Prêtres de Saint-Sulpice de Montréal sont parmi les rares, sinon les seuls au Canada, à posséder la série complète des six gravures originales. » 

Source texte : Saint-Sulpice, un univers à partager, Univers culturel de Saint-Sulpice au Grand Séminaire de Montre%u0301al, 2011, p. 10.

Source image : Vue de Cap-Rouge ou Carouge, 14 km (9 milles) en amont de Québec sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent - 1759, Hervey Smyth [sic], collection d’œuvres canadiennes de W.H. Coverdale, collection du Manoir Richelieu, Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition 1970-188-22, C-041475
 

Baie de Gaspé

« […] au début de la guerre de Sept Ans, il [H. Smythe] fut fait capitaine […]  et, en 1758, il participa à l’expédition contre Louisbourg […]. Wolfe nomma Smythe au nombre de ses aides de camp pour la campagne de Québec. L’armée britannique arriva à l’île d’Orléans le 27 juin, et le siège de Québec commença […] Neuf jours plus tard, ce dernier [Smythe] participait à la désastreuse attaque de la chute Montmorency […] il était gravement blessé à la bataille des plaines d’Abraham, au cours de laquelle Wolfe lui-même périt […] À cause de sa blessure, probablement, Smythe rentra immédiatement en Angleterre. Il apporta avec lui un certain nombre de croquis qu’il avait faits de divers endroits du golfe du Saint-Laurent et des batailles livrées au cours du siège de Québec ; il fut, avec Richard Short et Thomas Davies, l’un des premiers artistes militaires à reproduire des scènes et des paysages canadiens. Le dessin de l’attaque de Québec que fit Smythe, gravé et publié à Londres vers 1760, connut la popularité à l’époque [...] on se souvient surtout de Smythe pour ses Six elegant views of the most remarkable places in the river and gulph of St Lawrence […] ».

Source texte : R. H. Hubbard, « SMYTHE, sir HERVEY », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 5, Université Laval/University of Toronto, 2003.

Source image : Vue de la baie de Gaspé, depuis le golfe Saint-Laurent, 1760, Hervey Smyth [sic], Don de David Ross, McCord M2478.

Passeurs de mémoire - Émond

passeursdememoire.com offre un circuit virtuel pour suivre les traces des ancêtres de la famille Émond. Procurez-vous ce circuit généalogique en cliquant ici.

En complément de chacun des 24 circuits généalogiques autoguidés, "Passeurs de mémoire" propose des capsules gratuites composées de plusieurs points d’info associés à une famille.
 

Tableau généalogique Émond

Les tableaux généalogiques ne sont pas exhaustifs; y sont principalement intégrées les personnes mentionnées dans les circuits géolocalisés et les capsules virtuelles. Pour faciliter la consultation, la plupart du temps, les enfants décédés en bas âge et les célibataires n’y figurent pas. Certaines personnes figurent dans leur lignée sans que tous leurs ascendants y soient indiqués. Leur nom est alors dans des cases reliées par un trait rouge. Les cases teintées de gris signifient qu’il est question de la famille de l’époux ou de l’épouse dans un autre circuit Passeurs de mémoire.
 

Introduction - Émond

Photo source: La seigneurie de La Bouteillerie et les environs en 1825. Extrait d’un plan de la province du Bas-Canada. (BAnQ Québec E21-S555-SS1-SSS24-P10)


Un terreau fertile pour des racines profondes…

Des familles pionnières prennent racine dans la vallée du Saint-Laurent dès le premier quart du XVIIe siècle. D’abord concentrée autour de Québec, la migration touche les deux rives du fleuve et de ses affluents, créant au passage des seigneuries et des paroisses. Plusieurs régions deviennent le berceau de familles dont la nombreuse descendance anime toujours notre société. Peut-être vous-même, des parents, des amis ou des voisins portez ces noms souvent familiers. Avec "Passeurs de mémoire", Parcours Fil Rouge vous invite à une grande fête de famille dans vos régions d’origine.

Pierre Émond (Esmond) naît vers 1664 à Rochefort, en Charente-Maritime. En 1681, il travaille comme domestique chez Pierre Maufils sur la côte de Beaupré. Pierre épouse Agnès Grondin le 31 janvier 1690. Fille de Jean Grondin et de Sainte Mignault, elle est née à Beauport en 1673. Le mariage est célébré à Rivière-Ouelle.

Pierre Émond est le premier à obtenir une concession à Kamouraska le 29 juillet 1694. Avant 1710, il acquiert également une terre dans l’Anse-aux-Iroquois de la seigneurie de La Bouteillerie. Comme d’autres arrivants, il pourrait avoir été attiré par l’abondance des terres arables ou par le potentiel de la pêche et de la chasse pour subvenir à ses besoins. Durant cette période de peuplement, il côtoie des Malécites et des Micmacs qui fréquentent cette partie de la Côte-du-Sud.

Sept des dix enfants du couple s’établissent à l’extérieur de la région, aussi loin que Saint-Eustache, Saint-Ours, Québec et Bellechasse. À la génération suivante, seules trois familles Émond vivent dans le Kamouraska. Parmi les nombreux descendants de Pierre Émond et Agnès Grondin, soulignons quelques noms connus tels les cinéastes Anne et Bernard Émond et le chroniqueur sportif Guy Émond. À la fin du XXe siècle, le patronyme Émond figure au 175e rang des noms de famille du Québec.

 

France

Pierre Émond est originaire de Rochefort, en Charente-Maritime. Il est le fils d’Isaac Émond et de Marie Garineau.

Source image : Église Notre-Dame, Rochefort, Charente-Maritime (Photo : Patrick Despoix, 2014)
 

Nouvelle-France

Le moment de l’arrivée en Nouvelle-France de Pierre Émond est inconnu. La première mention de sa sa présence au pays date du recensement de 1681. À ce moment, il est domestique chez Pierre Maufils à Saint-Joachim.

Pierre Émond épouse Agnès Grondin à Rivière-Ouelle le 31 janvier 1690. Le contrat de mariage indique que Pierre est alors âgé de 21 ans et Anne de 23 ans. Les pères et mères de l’époux et de l’épouse sont témoins.

Pierre Émond ferait également partie du groupe qui a empêché le débarquement des troupes du major général anglais William Phips sur les rives de Rivière-Ouelle en 1690. Le 31 janvier de la même année à Rivière-Ouelle, Pierre épouse Agnès Grondin. Agnès, seconde fille de Jean Grondin et de Sainte Mignault, naît à Beauport le 14 mars 1673. Guillaume Lizotte, résidant dans le fief Saint-Denis de Sainte-Anne seigneurie des Aulnaies, et le Rivelois Michel Bouchard sont présents au mariage.


POUR EN SAVOIR DAVANTAGE sur le débarquement de Phips, consultez le panneau d’interprétation « Les héros de Rivière-Ouelle » et son contenu sur le Circuit Fil Rouge Rivière-Ouelle de l’application BaladoDécouverte en cliquant ici. Un autre panneau d’interprétation relate l’événement; ill est situé dans le parc Ernest-Gagnon qui longe la rivière devant l’église Notre-Dame-de-Liesse.

Source image : Acte de mariage de Pierre Émond et d’Agnès Grondin, Rivière-Ouelle, 31 janvier 1690.

 

Famille Mignault

Les parents d’Agnès, Jean Grondin et Sainte Mignault, vivent dans la Grande-Anse (seigneurie de La Pocatière) depuis la fin des années 1670. Vers 1675, le père de Sainte, Jean Mignault, et ses beaux-frères Nicolas Lebel et Noël Pelletier quittent Beauport pour s’établir dans la seigneurie de La Pocatière.

Thérèse Mignault, veuve de Nicolas Lebel, est mariée à René Ouellet, depuis février 1679 et elle vit toujours à la Grande-Anse (La Pocatière). Sa sœur, Madeleine Mignault, son mari Noël Pelletier et leur famille sont établis à la Grande-Anse (La Pocatière) depuis la fin des années 1670.  C’est son fils Noël Pelletier qui vivra à Rivière-Ouelle, il décédera en 1713, un an après son père et possiblement un an ou un peu plus avant sa mère. Enfin, vers 1702, Jean Dionne, sa femme Charlotte Mignault et leurs enfants déménagent plus à l’est.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, suivez les traces des familles Dionne, Ouellet et Pelletier en cliquant ici et procurez-vous les circuits généalogiques PASSEURS DE MÉMOIRE qui leur sont consacrés.
 

Grande-Anse

Pierre Émond est le premier à obtenir une concession à Kamouraska le 29 juillet 1694. Le 10 juin 1708, la seigneuresse de La Pocatière lui concède une terre de 8 arpents aux Aulnaies, à peu de distance de la limite est actuelle de Saint-Jean-Port-Joli. Avant 1710, il acquiert également une terre dans l’Anse-aux-Iroquois de la seigneurie de La Bouteillerie.

Selon l’époque et le contexte, la Grande-Anse désigne des territoires différents. Jusqu’en 1715, elle s’étend sur une quinzaine de kilomètres entre la pointe de Saint-Roch-des-Aulnaies et celle de la rivière Ouelle. Les Français nomment l’anse « la Grande-Anse » et les Autochtones, Kamisitsit ou Kannissigit, qui signifie « endroit où il y a beaucoup de castors. »   

En 1656, Nicolas Juchereau reçoit, en concession du gouverneur Lauzon, un territoire qui correspond en gros aux premières concessions des paroisses de Saint-Roch-des-Aulnaies et Sainte-Anne-de-la-Pocatière. L’historien Yves Hébert rappelle qu’il est parfois désigné sous le nom de seigneurie de Launay, de la Grande Anse, de la Grande Pointe ou des Aulnets (Aulnaies).

En 1670, Juchereau en cède une partie à son gendre Pollet de La Combe-Pocatière, époux de sa fille Marie-Anne. Elle correspond à peu près à ce qu’on nomme aujourd’hui La Pocatière et Sainte-Anne-de-la-Pocatière. En 1672, après le décès de La Combe-Pocatière, l’intendant Talon concède ce territoire à la veuve Marie-Anne Juchereau, fille de Nicolas et de Thérèse Giffard ; ce territoire est la seigneurie de La Pocatière.

Aujourd’hui, la Grande-Anse désigne une partie de la Route 132 et une piste cyclable reliant Rivière-Ouelle et Saint-Roch-des-Aulnaies. La « Boucle cyclable de la Grande-Anse », avec ses trois circuits distincts, ceinture les municipalités de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, de Sainte-Louise et de Saint-Roch-des-Aulnaies.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez des articles de la chronique de l’historien Yves Hébert dans le journal Le Placoteux en cliquant ici et ici.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE sur la « Boucle cyclable de la Grande Anse », consultez le site « Le Kamouraska à vélo » en cliquant ici. 


Source image : Suitte du Gouvernement de Quebec qui comprent en dessendant le fleuve St Laurent depuis le Cap Tourmente jusqu'au Cap aux Oyes levée en 1709. […]. (BAnQ, P600, S4, SS2, D193) 
 

Descendants

Comme l’indique le tableau généalogique, Pierre et sa femme Agnès ont dix enfants, quatre garçons et six filles. De ce nombre, tous se marient. Pierre et Agnès ont plus de soixante-dix petits-enfants, dont cinq garçons mariés qui perpétuent le patronyme.

Pierre Émond est le premier à obtenir une concession à Kamouraska en juillet 1694. Sept de ses dix enfants s’établiront à l’extérieur de la région, aussi loin que Saint-Eustache, Saint-Ours, Québec et Bellechasse. Deux des quatre fils finiront leurs jours à Rivière-Ouelle. Trois des quatre fils épousent les sœurs Mignault… À la génération suivante, seules trois familles Émond vivent dans la région de Rivière-Ouelle.

La première fille de la famille, également prénommée Agnès, naît en 1691 à Rivière-Ouelle. Le 4 mai 1711 à Rivière-Ouelle, elle épouse un Limousin, Pierre Trouvez Defond (Defontrouver). De ce couple, sont issus neuf enfants. Pierre décède le 22 mars 1748 à Montréal. Le 5 mai 1749 à Terrebonne, Agnès épouse en secondes noces Charles Miville. Il est le fils des pionniers Marie Langlois et François Miville, coureur des bois et menuisier nommé procureur fiscal de la seigneurie de Lauzon en 1659. Il s’agit du quatrième mariage de Charles Miville qui est père de dix enfants de deux de ses précédentes épouses, mais aucun ne serait issu de son mariage avec Agnès.

Pierre Émond, fils de Pierre et d’Agnès Grondin, naît vers 1693. Le 5 février 1714 à Rivière-Ouelle, il épouse Madeleine Mignault, fille de Jean-Baptiste Mignault et de Sainte Boucher. Ils ont neuf enfants.

Angélique Émond naît en 1695 à Rivière-Ouelle et épouse Jean-Baptiste Dufault le 14 janvier 1710. Entre 1712 et 1720, ils ont cinq enfants. Jean Baptiste décède le 22 mai 1721. Le 6 février 1722 à Sainte-Anne-de-la-Pocatie%u0300re, Angélique épouse François Hudon dit Beaulieu, fils des pionniers rivelois Pierre et Marie Gobeil. De cette union naissent huit enfants.

Joseph, second fils de la famille Émond, naît en 1698 à Rivière-Ouelle. Le 30 avril 1719, il y épouse Thérèse Mignault, sœur de Madeleine, épouse de son frère Pierre. Joseph et Thérèse ont un seul fils : Jean-Baptiste Émond qui épouse Madeleine Ouellet, fille des Rivelois Joseph Ouellet et Madeleine Bouchard. Joseph Émond décède le 22 mai 1721, soit le même jour que son beau-frère Jean-Baptiste Dufault. Ils ne sont cependant pas inhumés au même endroit. Thérèse épouse, le 2 mai 1725 à Rivière-Ouelle, Joseph Gagnon, fils de Jacques et Madeleine Rochon Rocheron ils ont deux enfants.

Pierre-Augustin Émond naît en 1700 et il épouse Ursule Mignault le 7 août 1720 à Rivière-Ouelle. Ursule est la sœur de Madeleine et Thérèse Mignault, épouses des frères de Pierre-Augustin. C’est donc la troisième sœur Mignault à entrer dans la famille Émond. Ursule et Pierre-Augustin sont les parents de 11 enfants. C’est à eux que l’on doit la descendance Émond à Rivière-Ouelle.
Cécile naît en 1702 et, le 8 janvier 1721 à Rivière-Ouelle, elle épouse Louis Dubé, fils de Louis et Angélique Boucher. De ce mariage sont issus 14 enfants. Louis décède en 1765 et Cécile épouse le veuf Jean Moyen le 1er août 1768 à Rivière-Ouelle. Aucun enfant ne naît de cette union.

Marie-Anne naît en 1706 à Rivière-Ouelle et, à Contrecœur le 18 août 1727, elle épouse Mathurin Buron. Ils ont huit enfants. Jean-Baptiste Émond naît en 1709 et, à Québec le 1er août 1729, il épouse la veuve Marie-Anne Nadeau il épouse la veuve d’Augustin Guignard, Marie-Anne Nadeau qui avait déjà mis au monde deux enfants Guignard.

Marguerite naît vers 1710 et épouse Michel Roy le 4 mai 1733 à Québec. De cette union naissent six enfants. Michel décède le 2 mars 1744 à Beaumont. Marguerite épouse en secondes noces, un veuf, père de deux enfants, Jean-François Audet, le 21 octobre 1765 à Saint-Charles-de-Bellechasse et aucun enfant ne naît de ce second mariage. Enfin, Geneviève, cadette de la famille de Pierre Émond et Agnès Grondin, naît en 1712 à Rivière-Ouelle. Elle épouse Michel Girard le 4 novembre 1736 à Trois-Rivières. Ils ont 13 enfants.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, suivez les traces des familles Bouchard, Dubé, Hudon dit Beaulieu, Ouellet et Miville-Deschênes en cliquant ici et procurez-vous les circuits généalogiques PASSEURS DE MÉMOIRE qui leur sont consacrés.
 

Décès

La date de décès de Pierre est inconnue et nous ignorons à quel endroit il est inhumé. Il est toujours vivant au moment du mariage de son fils Pierre le 5 février 1714, mais on le déclare décédé lors du mariage de son fils Joseph le 30 avril 1719.

Agnès épouse en secondes noces Gabriel Donde Auger avant le 3 juin 1719. Veuve à nouveau depuis 1731, elle est inhumée à Québec le 24 novembre 1752. Cependant, les fils d’Agnès et Pierre, Joseph et Pierre-Augustin Émond de même que leur fille Cécile sont inhumés dans le premier cimetière de Rivière-Ouelle et plusieurs autres membres de la famille Émond.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, rendez-vous au cimetière de Rivière-Ouelle pour y découvrir le "Mémorial" situé dans le Parc des ancêtres à l’entrée du site. Le plan du cimetière et les listes de défunts sont conçus pour faciliter la localisation. Le "Mémorial" évoque aussi plusieurs éléments inscrits dans ce secteur d’intérêt historique.

Source image : Le cimetière Notre-Dame-de-Liesse. (Municipalité de Rivière-Ouelle)

L'artisan

Pierre Émond naît le 24 avril 1738 à Québec de parents non mariés, mais il doit son nom à Pierre Émond (~1693-1749), qui l’adopte avec sa femme Madelaine Mignault, à Rivière-Ouelle.

Le fils adoptif Émond apprend la menuiserie auprès de François-Noël Levasseur et de Jean-Baptiste-Antoine Levasseur ou bien auprès du menuisier, sculpteur et architecte Jean Baillairgé de Québec. Il travaille comme menuisier dès l’âge de 21 ans. On doit à ce maître menuisier et sculpteur plusieurs réalisations, notamment à Québec et dans les églises des régions immédiates jusqu’à Sainte-Anne-de-Beaupré et Saint-Vallier sur la Côte-du-Sud. Émond supervise les travaux de réfection de l’Hôpital général de Québec. Entre 1769 et 1770, on modifie selon ses plans la chapelle de cet établissement. 

Selon l’historienne Raymonde Gauthier, en 1775, lors de l’invasion américaine, il est caporal dans la milice de la ville et banlieue de Québec. En 1778, il dirige la construction du château Bellevue pour le Séminaire de Québec. En 1790, il devient membre de la Société du feu. De plus, il signe à l’occasion, avec les notables de la place, des pétitions — notamment en ce qui concerne l’éducation — adressées au gouverneur ; le 27 décembre 1797, il est élu marguillier de Notre-Dame. Vers 1800, il assure la surveillance du chantier de la chapelle de l’Hôtel-Dieu de Québec.

Émond consacre une partie de sa vie à la sculpture. Il fabrique des objets religieux pour les paroisses des environs de Québec. Parmi ses œuvres, mentionnons le tabernacle de la chapelle Sainte-Anne-de-Beaupré à Tadoussac et l’une des sections du tabernacle de l’église de Saint-Pierre-de-l’Île-d’Orléans. On le reconnaît comme un des plus grands maîtres en sculpture florale au Canada. 
Pierre Émond continue de travailler jusqu’à son décès en 1808. Il ne laisse pas d’enfants et ne semble pas avoir formé d’apprentis. L’inventaire de ses biens fait état de la présence de quelques livres parmi ses effets personnels, dont un traité d’architecture et deux d’astronomie. La tradition de la Nouvelle-France meurt avec lui ; les Baillairgé, François, puis Thomas, sont déjà d’une autre école. 

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez la biographie de Raymonde Gauthier, « ÉMOND, PIERRE », dans Dictionnaire biographique du Canada en cliquant ici et celle de Luc Noppen, « BAILLAIRGÉ, JEAN »dans Dictionnaire biographique du Canada en cliquant ici


Source image : Hommage à Pierre Émond sur sa maison de la rue Hébert à Québec. (Ministère de la Culture et des Communications, photo : Pascale Llobat 2006)

 

Madeleine Émond

Bien qu’elle ne semble aucunement apparentée au pionnier Pierre Émond, on se souvient du passage de Madeleine Émond en Nouvelle-France comme en témoigne la description de l’ouvrage de Marcel Myre qui lui est consacré : « Madeleine Émond, la vie scandaleuse d’une cabaretière. Nouvelle-France 1664-1699 »

« Madeleine Émond est une autre femme inconnue en Nouvelle-France. Elle est la fille de Marie Lafaye qui faisait partie du premier contingent des Filles du roi arrivées à Québec en 1663. Élevée à l’île d’Orléans, elle travaille d’abord comme servante pour un cabaretier dans la Basse-Ville de Québec. Devenue enceinte d’un homme inconnu, Madeleine Émond sent le besoin de s’éloigner de Québec en épousant Nicolas Dupuy, un négociant en fourrures. Après un séjour à Nicolet et à Lachine, elle est abandonnée par un mari irresponsable qui s’installe aux Grands-Lacs. C’est alors que pour survivre elle ouvre un cabaret clandestin à Ville-Marie. Défiant les lois du mariage, surtout avec un soldat, elle donnera naissance à plusieurs enfants hors mariage. Mais après un temps, les autorités religieuses et judiciaires auront raison d’elle. Pour éviter une condamnation humiliante à Montréal, elle retourne à l’île d’Orléans, sa place natale, avec les deux filles qui lui restent de ses nombreuses maternités. C’est là qu’elle finit ses jours quelque temps après âgée de seulement trente-cinq ans. Pendant des années déchirantes en Nouvelle-France, Madeleine Émond a réussi à survivre malgré le rejet de son entourage. Elle mérite quand même notre admiration. »

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez la biographie de Marcel Myre, «Madeleine Émond, la vie scandaleuse d’une cabaretière. Nouvelle-France 1664-1699» publiée aux Éditions GID en cliquant ici.

Ariane Émond

Avec trois collègues, la journaliste Ariane Émond fonde, en 1980, La vie en rose qui se définit comme une publication « axée sur la nouvelle gauche » elle devient sa rédactrice en chef. 

C'est à ce titre qu’elle écrit en 1981 : « Tout nous intéresse, la guerre, le syndicalisme […] ; [on veut démontrer que] l’on peut participer à d’autres luttes que celles [que l’on assigne habituellement à une revue faite par et pour des femmes]. Parmi les secteurs sur lesquels on veut continuer de réfléchir se situent […] le dossier de la santé, la montée de la militarisation et celle de la droite »

La journaliste signe plusieurs articles dans la Gazette des femmes, des chroniques dans le Devoir. Elle collabore à la production de documentaires et publie, en 1994 chez VLB, "Les ponts d’Ariane : chroniques." 

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, procurez-vous le circuit généalogique passeursdememoire.com consacré à la famille Émond en cliquant ici et procurez-vous le premier livre de la collection historique PASSEURS DE MÉMOIRE, "Le Kamouraska et la Grande%u2011Anse", en vous rendant sur le site Web Parcours Fil Rouge. Publié aux Éditions GID, ce premier titre embrasse le territoire du Kamouraska avec une incursion à l’ouest soit le littoral du fleuve Saint-Laurent, de Saint-André à Saint-Roch-des-Aulnaies, couvrant jusqu’aux terrasses du piémont et à l’arrière-pays.


Source image : "La vie en rose", Hors-série 2005.
 

Passeurs de mémoire - Miville-Deschênes

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Tableau généalogique Miville-Deschênes (1/3)

Les tableaux généalogiques ne sont pas exhaustifs; y sont principalement intégrées les personnes mentionnées dans les circuits géolocalisés et les capsules virtuelles. Pour faciliter la consultation, la plupart du temps, les enfants décédés en bas âge et les célibataires n’y figurent pas. Certaines personnes figurent dans leur lignée sans que tous leurs ascendants y soient indiqués. Leur nom est alors dans des cases reliées par un trait rouge. Les cases teintées de gris signifient qu’il est question de la famille de l’époux ou de l’épouse dans un autre circuit Passeurs de mémoire.
 

Tableau généalogique Miville-Deschênes (2/3)

En complément du tableau précédent.
 

Tableau généalogique Miville-Deschênes (3/3)

En complément des tableaux précédents.

Introduction Miville-Deschênes

Photo source: La seigneurie de La Bouteillerie et les environs en 1825. Extrait d’un plan de la province du Bas-Canada. (BAnQ Québec E21-S555-SS1-SSS24-P10)


Un terreau fertile pour des racines profondes…

Des familles pionnières prennent racine dans la vallée du Saint-Laurent dès le premier quart du XVIIe siècle. D’abord concentrée autour de Québec, la migration touche les deux rives du fleuve et de ses affluents, créant au passage des seigneuries et des paroisses. Plusieurs régions deviennent le berceau de familles dont la nombreuse descendance anime toujours notre société.
Peut-être vous-même, des parents, des amis ou des voisins portez ces noms souvent familiers. Avec "Passeurs de mémoire", Parcours Fil Rouge vous invite à une grande fête de famille dans vos régions d’origine.

Pierre Miville, né en Suisse vers 1602, est maître-menuisier et s’enrôle, comme plusieurs de ses compatriotes, dans l’armée française en tant que mercenaire. Vers 1630, il épouse Charlotte Maugis (Mauger) originaire de Brouage, patrie de Samuel de Champlain. Tous les enfants du couple y naissent.

À l’été 1649, la famille entreprend la traversée jusqu’en Nouvelle-France depuis La Rochelle. Il s’agirait de l’une des plus nombreuses familles à s’établir dans la colonie. Peu après leur arrivée, on concède à Pierre Miville et à son fils François une terre à Lauzon et une autre à Québec, à Place-Royale. Les six enfants du couple sont pionniers en Nouvelle-France. Les quatre filles se marient peu de temps après leur arrivée. Jacques reçoit une concession en 1674 dans la seigneurie de la Bouteillerie et François y réside en 1689.

Vers 1665, le marquis Prouville de Tracy, conseiller du roi, concède à Pierre Miville et à d’autres Suisses, une terre à la Grande-Anse de La Pocatière appelée le canton des Suisses fribourgeois. Le projet n’est pas concluant et Miville retourne à Lauzon où il décède le 14 octobre 1669.

Vers 1800, Pierre Miville et Charlotte Maugis occupent, au Québec, le 7e rang pour le nombre de descendants mariés. Ils comptent parmi les dix pionniers ayant fourni le plus grand nombre de descendants par leurs fils, mais aussi par leurs filles. Les Miville, Miville-Deschênes, Deschênes, Mainville ou Minville sont pour la plupart leurs descendants en ligne masculine directe. Parmi eux, soulignons quelques noms connus tels que la compositrice et interprète Monique Miville-Deschênes et l’historien Gaston Deschênes. 
 

Le Frigourgeois

Pierre Miville naît vers 1602 à Fribourg, en Suisse. Gervais Deschesnes décrit son aïeul comme « un aventurier qui sait, avec les membres de sa famille, comme bien d’autres ancêtres canadiens, s’établir dans un pays inconnu sur une terre hostile, faire de son existence une vie fondée sur le travail et le labeur […] ».  

Rompu au maniement des armes, Pierre s’enrôle à Brouage comme mercenaire pour la France et il aurait exercé ce travail dans les années 1630 et 1640, mais aussi celui de maître menuisier.

Source image : Cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg, Suisse.  (Wikipédia, 2010)
 

Mariage

Pierre Miville épouse la Charentaise Charlotte Maugis avant 1632, à Brouage en France. Née vers 1607, elle traverse dans la colonie en même temps que son mari et leurs six enfants.
 

Nouvelle-France

Vers la fin de l’été 1649, Pierre Miville et sa famille entreprennent la traversée depuis le port de La Rochelle. Le 28 octobre 1649, on lui concède, ainsi qu’à son fils François, une terre dans la seigneurie de Lauzon. La famille s’y installe. Pierre Miville y est capitaine de milice.

Source image : Port de La Rochelle au début du XVIIe siècle. (Gravure tirée de L’Histoire de France, François Guizot, France, 1875)

 

Décès de Pierre Miville

Pierre Miville réside à Lauzon jusqu’à son décès le 14 octobre 1669. Il est inhumé à Québec le lendemain dans le premier cimetière de Québec, côte de la Montagne. Étonnamment, le lieu de son dernier repos est celui d’où il avait été banni en 1664 pour avoir essayé de récupérer des engagés embauchés par d'autres marchands ou artisans.

Source image : Québec vers 1694. (BAnQ, E6, S8, SS1, SSS1349, D9764)
 

Grande-Anse

Pierre Miville, ses fils François et Jacques et quatre compatriotes suisses reçoivent une concession dans la Grande-Anse de La Pocatière, au sud des premières concessions ; on l’appelle le « canton des Suisses fribourgeois ». 

Selon l’époque et le contexte, la Grande-Anse désigne des territoires différents. Jusqu’en 1715, elle s’étend sur une quinzaine de kilomètres entre la pointe de Saint-Roch-des-Aulnaies et celle de la rivière Ouelle.

En 1656, Nicolas Juchereau reçoit, en concession du gouverneur Lauzon, un territoire qui correspond en gros aux premières concessions des paroisses de Saint-Roch-des-Aulnaies et Sainte-Anne-de-la-Pocatière.

En 1670, Juchereau en cède une partie à son gendre Pollet de La Combe-Pocatière, époux de sa fille Marie-Anne. Elle correspond à peu près à ce qu’on nomme aujourd’hui La Pocatière et Sainte-Anne-de-la-Pocatière. En 1672, après le décès de La Combe-Pocatière, l’intendant Talon concède ce territoire à sa veuve Marie-Anne Juchereau, fille de Nicolas et de Thérèse Giffard ; ce territoire est la seigneurie de La Pocatière.

Aujourd’hui, la Grande-Anse désigne une partie de la Route 132 et une piste cyclable reliant Rivière-Ouelle et Saint-Roch-des-Aulnaies. La « Boucle cyclable de la Grande-Anse », avec ses trois circuits distincts, ceinture les municipalités de Sainte-Anne-de-la-Pocatie%u0300re, de Sainte-Louise et de Saint-Roch-des-Aulnaies.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez la chronique de l’historien Yves Hébert dans le journal Le Placoteux en cliquant ici et ici.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE sur la « Boucle cyclable de la Grande Anse », consultez le site « Le Kamouraska à vélo » en cliquant ici.

Source image : Suitte du Gouvernement de Quebec qui comprent en dessendant le fleuve St Laurent depuis le Cap Tourmente jusqu'au Cap aux Oyes levée en 1709. […] (BAnQ, P600,S4,SS2,D193) 

Traite des fourrures

Peu après le décès de Pierre Miville, sa veuve Charlotte et ses deux fils forment une société pour faire la traite des fourrures. Mais les affaires ne sont pas bonnes et la société est dissoute. Les dettes s’accumulent jusqu’à la saisie des propriétés familiales de Lauzon et de Québec. François Miville demande que la part de son frère Jacques et de ses sœurs, soit la moitié des biens, soit soustraite de la saisie et le conseil souverain y consent.

Serait-ce la traite des fourrures qui aurait décidé les frères Miville à s’installer dans la région de la Grande-Anse et Rivière-Ouelle ? N’y a-t-il pas, à la rivière du Loup, le poste de traite de Charles Aubert de La Chesnaye, administré par Charles Bazire ? Les Miville ont des dettes envers ces deux hommes d’affaire.

Source image : La traite des fourrures, 1977. (Bibliothèque et Archives Canada)
 

Descendants

Les six enfants de Pierre Miville et de Charlotte Maugis, Marie, François, Aimée, Madeleine, Jacques et Suzanne Miville, sont parmi les premiers pionniers de la colonie.

Les quatre filles de la famille naissent en France et se marient à Québec. Madeleine Miville, baptisée le 18 novembre 1636, épouse Jean Cauchon (Cochon) le 20 novembre 1652 à Québec. Entre 1655 et 1682, 16 enfants naissent de ce mariage. Sa sœur Suzanne Miville, baptisée le 24 janvier 1640, épouse, à Québec le 12 avril 1655, Antoine Paulet (Poulet), fils du maître charpentier de navire Pierre Paulet et de Marie Deshayes. De cette union naissent sept enfants. Suzanne est inhumée le 30 août 1675 à Sainte-Famille-de-l’Île-d’Orléans.
 

Marie Miville

On baptise Marie, fille de Pierre Miville et de Charlotte, le 13 décembre 1632 à Brouage comme c’est le cas pour ses frères et sœurs. Marie épouse Mathieu Amiot (Amyot) le 22 novembre 1650 à Québec. De leur mariage naissent 15 enfants.

Originaire de Soissons en France, Mathieu, né vers 1626, est le fils de Philippe Amiot et d’Anne Convent et il agit comme interprète des Jésuites auprès des Autochtones. Le gouverneur d’Ailleboust lui concède une terre à Trois-Rivières en 1649. Plusieurs sources rapportent que son beau-père Pierre Miville lui cède sa terre de Québec en octobre 1650.

Selon l’historien Jacques Monet, « à mesure que ses biens s’accumulaient, Mathieu devenait un personnage de plus en plus important dans la colonie. Comme notable, à Québec, il avait participé à l’élection d’un syndic en 1664 et, trois ans plus tard, le roi agréa la requête de Talon de lui octroyer des lettres de noblesse. Cependant, quand elles arrivèrent, en 1668, l’intendant ignorait s’il devait les faire enregistrer au Conseil souverain de Québec ou au parlement de Paris. En attendant la réponse de Versailles, il apprit que Louis XIV avait aboli tous les titres non encore enregistrés (1669). […] Amiot n’ayant fait aucune revendication au sujet des siennes, semble-t-il, elles furent définitivement annulées. Villeneuve laissa à ses héritiers plus de dettes et de soucis que de biens. […] Marie Miville, […] est morte […] des angoisses que lui causait un procès intenté contre elle par son fils Charles […]. »

Mathieu Amiot décède à Québec le 18 novembre 1688 et Marie y meurt le 5 septembre 1702.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez la biographie de J. Monet « AMIOT (Amyot), dit Villeneuve, MATHIEU » dans Dictionnaire biographique du Canada en cliquant ici.

Source image : Bulletin des recherches historiques, 1895-1968, novembre 1919.
 

Décès de Charlotte Mongis

À la fin de sa vie, Charlotte souffre de démence et son fils François est son tuteur.  Charlotte survit à son mari durant sept années et elle est inhumée le 11 octobre 1676 à Notre-Dame-de-Québec. L'acte de sa sépulture se lit comme suit:

« L’onzième jour du mois d’octobre de l’an mil six cens soixante seize Charlotte Mongis veuve de deffunt pierre Miville dit la Suisse âgée de quatre vingt quinze ans ou environ et decedée apres avoir recu le St sacrement de l’Extreme onction par Me Thomas Morel prestre missionnaire du séminaire de Québec le jour d’hier dans la maison de la cote de Lauzon, et a eté inhumée dans le cimetiere de l’Eglise qui se fait en ladite cote de Lauzon 
H. De Bernieres
 »

Source image : Acte de décès de Charlotte Mongis (Maugis), 11 octobre 1676, Québec.
 

François Miville

François Miville, baptisé le 16 mai 1634 à Brouage, est coureur des bois et menuisier comme son père et il est procureur fiscal de la seigneurie de Lauzon en 1659. Le 10 août 1660 à Québec, il épouse Marie, fille du pionnier percheron Noël Langlois et de Françoise Grenier établis dans la seigneurie de Beauport. Du mariage de François et de Marie naissent 12 enfants.

Parmi eux, Charles Miville épouse, en quatrièmes noces, la veuve Agnès Émond, fille des pionniers rivelois Pierre Émond et Agnès Grondin. Charles est père de dix enfants de deux mères, Angélique Savaria et Madeleine Tardif, mais aucun ne serait né de ses mariages avec Jeanne Labadie et Agnès Émond.

Anne-Jeanne Miville, fille de François et de Marie, naît en 1673 à Québec. À Rivière-Ouelle le 13 mai 1691, elle épouse Mathurin, fils des pionniers rivelois Mathurin Dubé et Marie Campion. Leurs 13 enfants naissent à Rivière-Ouelle ; Marie-Anne et Augustin y sont inhumés.

En 1661, la terre de François Miville à Lauzon devient un arrière-fief et il devient seigneur. En 1665, il reçoit, avec son frère Jacques, une concession de terre à la Grande-Anse de La Pocatière : le canton des Suisses fribourgeois.

Marie Langlois décède le 14 août 1687. Devenu veuf, François est responsable d’une maisonnée de nombreux enfants. Au début de l’année 1688, il devient tuteur des enfants de son frère Jaques et de sa belle-sœur Catherine Baillon, décédés des suites d’une épidémie qui sévit en Nouvelle-France. François loue une terre à Rivière-Ouelle le 7 novembre 1689 et s’y établit définitivement.

François Miville, fils de Pierre Miville dit le Suisse et de Charlotte Maugis, ainsi que ses neveux Joseph Miville et Jean Miville-Deschênes, fils de Jacques et de Catherine de Baillon, et peut-être aussi Joseph Miville, fils de François, auraient fait partie du groupe qui aurait repoussé, à Rivière-Ouelle, les troupes du général anglais William Phips en 1690.

En deuxièmes noces, François épouse Jeanne Savonnet (Savonet) le 7 novembre 1692 à Rivière-Ouelle. De leur union naît Marie-Françoise le 18 janvier 1694. Père de naissance de 13 enfants et père adoptif d’enfants de quatre familles, François Miville décède le 23 novembre 1711 à Rivière-Ouelle.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, suivez les traces de la famille Émond en cliquant ici et procurez-vous le circuit généalogique PASSEURS DE MÉMOIRE qui lui est consacré.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE sur le débarquement de Phips, consultez le panneau d’interprétation « Les héros de Rivière-Ouelle » et son contenu sur le Circuit Fil Rouge Rivière-Ouelle de l’application BaladoDécouverte en cliquant ici. Un autre panneau d’interprétation relate l’événement; il est situé dans le parc Ernest-Gagnon qui longe la rivière devant l’église Notre-Dame-de-Liesse.

 

Décès de Marie Langlois

Cet acte se lit comme suit :

« Le quinzieme jour du mois d’aout de l’an mil six cens quatre vingt sept, a été inhumée par m ? François Dupré, curé de quebec --- au cimetiere de cette paroisse. marie Langlois ép ? de miville, apres avoir reçu les sacrements de --- et d’extremeonction, decedee le quatorzieme, jour du meme mois et an que --- de son inhumation. Jean mony et Jacques deschamps qui ont signé françois Dupré
J. B. De ---
 »

Source image : Acte de sépulture, Marie Langlois, Québec, 15 août 1687.
 

Jeanne Savonnet

Jeanne Savonnet, née vers 1649, est la fille de Jacques et d’Antoinette Babilette Parmentier. En 1670, Jeanne quitte Paris pour se rendre en Nouvelle-France comme Fille du roi.

À cette époque, le roi favorise l’immigration de femmes dans le but de peupler la colonie. L’habillement et les frais de la traversée sont alors pris en charge par le roi. Entre 1667 et 1672, notons que chacune d’elles reçoit une dot royale d’au moins 50 livres tournois. Certaines reçoivent une dot plus importante, 100 ou 200 livres, et parfois, en raison de la pénurie de monnaie, le roi leur donne des denrées provenant des magasins du roi de la colonie.

L’arrivée des Filles du roi est un événement désigné au registre du patrimoine culturel du Québec. On y lit : « Pendant dix ans, elles sont entre 764 et 1 000 à profiter de cette initiative royale et à s’installer dans la colonie. Le taux de natalité en Nouvelle-France atteint alors les 63 naissances par 1 000 habitants. Conséquemment, les Filles du roi ont largement contribué à faire doubler la population coloniale de 1666 à 1672. »

Source image : L’arrivée des jeunes filles françaises à Québec,1667. (Bibliothèque et Archives Canada, R2739-2-8-E)


 

Trois mariages

Jeanne Savonnet se marie trois fois : avec Jean Soucy, avec Damien Bérubé en 1679 et avec François Miville en 1692. Elle est mère de 11 enfants, cinq fils et six filles, et ancêtre de tous les descendants des familles Soucy et Bérubé d’Amérique. Jeanne est aussi, par le mariage de ses enfants, l’ancêtre des descendants d’autres familles telles les Bois, Lebel, Morais, Plourde et Roussel.

Après son mariage avec Damien Bérubé, les quatre enfants nés de son mariage avec Jean Soucy, alors tous âgés de moins de dix ans, continuent de vivre avec leur mère et son nouvel époux. Ils verront naître les enfants de cette nouvelle famille qui porteront le nom de Bérubé.

Lors de son mariage avec François Miville, la maisonnée compte de nombreux enfants. S’ajoutent aux enfants de son mariage avec Jean Soucy quelques-uns de son mariage avec Damien Bérubé, quelques autres nés du mariage de François Miville avec la défunte Marie Langlois et encore d’autres adoptés par François Miville après le décès de son frère Jacques et de sa femme Catherine Baillon.

D’autres mariages rivelois relient Jeanne Savonnet aux Miville. Son fils Mathurin Dubé épouse Angélique Miville, fille de Jean Miville-Deschênes et de Madeleine Dubé, et sa fille Marie-Françoise Miville épouse Prisque Boucher, fils de Pierre et de Marie Saint-Denis. Jeanne décède le 12 mars 1721 et on l’inhume dans le cimetière de Rivière-Ouelle le jour suivant.


POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, rendez-vous à l’entrée du cimetière de Rivière-Ouelle pour y découvrir le Mémoriasitué dans le Parc des ancêtres. Son plan et ses listes sont conçus pour faciliter la recherche des défunts et leur localisation. Le Mémorial évoque aussi plusieurs éléments inscrits dans ce secteur d’intérêt historique.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, découvrez le Marqueur Bérubé-Savonnet, situé au numéro 112 du chemin du Sud-de-la-rivière à Rivière-Ouelle, qui signale la terre ancestrale Bérubé. La terre longe la rivière Ouelle au nord et mesure sur 12 arpents de large sur 42 arpents de long. La maison de Damien et de Jeanne Savonnet aurait été construite entre le chemin et la rivière. Deux autres Marqueurs Familles sont reliés à Jeanne Savonnet, leMarqueur Plourde-Bérubé situé à quelques mètres vers l’est du Marqueur Bérubé-Savonnet, à l’endroit où a vécu la fille de Damien et de Jeanne et le Marqueur Soucy-Fouquereausitué à La Pocatière sur la terre de Pierre Soucy, fils de Jeanne Savonnet.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, suivez les traces des familles Bérubé, Boucher, Dubé, Plourde et Soucy en cliquant ici et procurez-vous les circuits généalogiques PASSEURS DE MÉMOIRE qui leur sont consacrés.
 

Marraine Jeanne

À Rivière-Ouelle, le 3 août 1704, Jeanne Savonnet et Noël Pelletier (Peltier) sont respectivement marraine et parrain de Joseph qui, avec son père François et sa mère Marguerite, sont inscrits dans l’acte de baptême sans nom de famille. Cet acte se lit comme suit :

« L’an mil sept cent quatre ce troisième aout a ete baptise par --- soussigné cure de cette paroisse joseph age d’un mois fils de François et Marguerite la femme --- sauvages le parrain a ete Noel Peltier et la marraine Jeanne Savonnet épouse de Francois Miville qui ont declaré ne savoir --- ny signer a ete interpellez….
JBernard DeRequeleyne 
»

Source image : Acte de baptême de Joseph, Rivière-Ouelle, 3 août 1704.
 

Aimée Miville

La pionnière Aimée Miville, baptisée le 12 août 1635 en France, épouse le pionnier Robert Giguère le 2 juillet 1652 à Québec.

Robert, fils de Jean Giguère et de Michelle Jornele (Journel), naît en 1616 à Tourouvre dans le Perche. Il s’établit en Nouvelle-France en 1644 et l’acte de baptême de Louis Gagné daté du 7 juillet 1651 atteste sa présence dans la colonie.

Du mariage d’Aimée et Robert sont nés 13 enfants entre 1653 et 1678. Aimée est inhumée le 9 décembre 1713 à Sainte-Anne-de-Beaupré. Aimée et Robert sont les ancêtres des Giguère d’Amérique.
 

Jacques Miville-Deschênes

Jacques naît le 2 mai 1639 à Brouage. Il a dix ans quand il arrive en Nouvelle-France avec ses parents, Charlotte Maugis et Pierre Miville, ses quatre sœurs et son grand frère François. Jacques sera identifié comme fermier, marchand et charpentier comme son père et son frère.

À l’origine, le patronyme Deschênes est un surnom que Jacques adopte en 1669. Bien qu’on ignore d’où il provient, il pourrait se référer à un lieu planté de chênes habité par Jacques.

Le 16 juillet 1665, Jacques reçoit, de même que son père et son frère François, une concession de terre au sud de la Grande-Anse de La Pocatière : le canton des Suisses fribourgeois. Jacques n’y habite pas.

Jacques épouse Catherine Baillon, une Fille du roi de noble ascendance, le 12 novembre 1669 à Québec, soit quelques semaines après le décès de son père Pierre Miville. le contrat de mariage de Catherine et de Jacques est signé en présence du gouverneur Daniel de Rémy, sieur de Courcelles, de Claude de Bouteroue d’Aubigny, intendant de la Nouvelle-France, et de Louis Rouer de Villeray, conseiller du Conseil souverain. Ce dernier est témoin au mariage ainsi que Mathieu Amiot, beau-frère de Jacques. Le couple s’établit à Lauzon, dans la maison familiale Miville. De ce mariage naissent sept enfants.

En 1674, le seigneur Deschamps concède à Jacques une terre à la Grande-Anse, à la rivière Saint-Jean ou même petite rivière Saint-Jean, selon l’acte de baptême de Marie Miville du 23 juillet 1675. - Cette terre fait alors partie de la seigneurie de la Bouteillerie, mais elle est transférée en 1676 à la seigneurie de La Pocatière.

Jacques s’intéresse à la traite des fourrures dans une entreprise où il est associé avec sa mère et son frère. La faillite de cette entreprise, en 1675, rend la vie difficile. Jacques vend sa terre en 1677 pour en acquérir une autre à Rivière-Ouelle.  En 1684, il retourne vivre sur son ancienne terre de la Grande-Anse qu’il loue pour sept ans de l’influent homme d’affaires Charles Aubert de La Chesnaye. Malheureusement, il décède avant la fin du bail.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, suivez les traces de la famille Dubé en cliquant ici et procurez-vous le circuit généalogique PASSEURS DE MÉMOIRE qui lui est consacré.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez la biographie d’Yves F. Zoltvany, « AUBERT DE LA CHESNAYE, CHARLES dans Dictionnaire biographique du Canada en cliquant ici.
 

Catherine Baillon

Catherine Baillon déclare dans son contrat de mariage être originaire de Montfort-l’Amaury alors que plusieurs sources indiquent qu’elle est née vers 1645 à Les Layes, près de Paris.

Née vers 1645, elle est la troisième enfant et dernière fille du second mariage d’Alphonse de Baillon, seigneur de Valence et de la Mascotterie, avec Louise DeMarle,seigneuresse de Ragonant. Le père de Catherine décède en 1648 alors qu’elle n’a que trois ans. Issue de la vieille noblesse française, on retrace son ascendance sur plusieurs générations. 

En juin 1669, elle aurait quitté la France pour la colonie comme Fille du roi. Elle apporte alors une importante dot, signe de son appartenance à une classe fortunée.

Catherine épouse, à Québec le 12 novembre 1669, Jacques Miville. La famille habite la maison familiale de Lauzon etdéménage à la Grande-Anse, puis à Rivière-Ouelle. Selon l’historienne Lynne Lévesque, Catherine est « une des toutes premières femmes arrivées à Rivière-Ouelle ». 



Source image : Église de Montfort-l’Amaury. (Delcampe International)

 

Décès

Jacques Miville-Deschênes décède le 27 janvier 1688 et son épouse Catherine meurt quelques jours après lui. Cette année-là, une épidémie sévit en Nouvelle-France. Certains historiens la nomment typhus ; d’autres parlent de rougeole ou de variole (petite vérole). Elle touche autant les colons français que les Autochtones et Rivière-Ouelle n’est pas épargnée ; on y enregistre un grand nombre de décès.

Catherine meurt au début de la quarantaine. Elle est l’une des héritières de son frère Antoine décédé quelques années avant elle. La famille évince Catherine de la succession et ses enfants devront attendre près de 60 ans avant de recevoir leur part d’héritage.
 

Descendants

Catherine Baillon et Jacques Miville-Deschênes sont les ancêtres des Miville-Deschênes d’Amérique du Nord.

Catherine donne naissance à sept enfants : Catherine, Charles l’aîné, Jean, Marie-Louise et Charles le jeune, Marie-Claude et Robert. En 1688, au décès de Catherine et de Jacques, les enfants sont âgés de dix-huit à cinq ans. Veuf et chef d’une famille de 12 enfants nés de son mariage avec Marie Langlois, leur oncle François décide de s’occuper de ses neveux et nièces et de poursuivre le bail de location de la terre de son frère.

Charles l’aîné, Jean et Charles le jeune perpétuent les patronymes Deschênes et Miville-Deschênes. En 1697 à Rivière-Ouelle, Charles l’aîné épouse Charlotte Grondin, fille de Jean et de Sainte Mignault. Huit de leurs dix enfants sont nés à Rivière-Ouelle entre 1698 et 1713. Les deux derniers naissent à la Pointe Rouge (future paroisse de Saint-Roch-des-Aulnaies) et sont baptisés à Sainte-Anne-de-la-Pocatière).

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, suivez les traces des familles Bouchard, Boucher, Dionne, Dubé, Hudon dit Beaulieu, Lizotte, Michaud, Ouellet et Pelletier en cliquant ici et procurez-vous les circuits généalogiques PASSEURS DE MÉMOIRE qui leur sont consacrés.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, consultez l’ouvrage de Raymond Ouimet et Nicole Mauger, Catherine de Baillon : enquête sur une fille du roi, aux Éditions du Septentrion, 2001.

Source image : Raymond Ouimet, Nicole Mauger, Catherine de Baillon, Enquête sur une fille du roi, Éditions Septentrion, 2001.
 

Jean Miville-Deschênes

Jean Miville-Deschênes, né le 5 septembre 1672, est baptisé à Québec ; l’église à Pointe-de-Lévy (Lauzon) ne sera ouverte qu’en 1679. Il fait partie du groupe qui aurait empêché le débarquement des troupes de l’amiral Phips à Rivière-Ouelle à l’automne 1690.

À Rivière-Ouelle le 13 mai 1691, Jean épouse Madeleine, fille des pionniers rivelois Mathurin Dubé et Marie Campion. Madeleine est alors veuve de Charles Bouchard, fils des pionniers Michel et Marie Trottain, décédé le 26 avril 1690, moins d’un mois après son mariage avec Madeleine.

Du mariage de Jean Miville-Deschênes et de Madeleine Dubé naissent onze enfants, tous nés et baptisés à Rivière-Ouelle entre 1692 et 1711. Trois d’entre eux se marient à Rivière-Ouelle : Joseph, Angélique et Pierre-François et quatre y sont inhumés. Jean est enterré à Rivière-Ouelle le 31 décembre 1711. Le 24 août 1716, Madeleine Dubé épouse, en troisièmes noces, Grégoire Ouellet, fils des pionniers rivelois René Ouellet et Anne Rivet et veuf d’Anne-Josèphe Lizotte, également fille des pionniers Guillaume Lizotte et Anne Pelletier.

Vers 1717, Madeleine Dubé donne naissance à un fils de ce troisième mariage, également nommé Grégoire Ouellet. Ce dernier est père de 17 enfants de trois mariages : un premier avec Geneviève Bérubé, fille de Pierre et de Geneviève Dancause, un second avec Josèphe Émond, fille de Pierre-Augustin et d’Ursule Mignault, et enfin un troisième avec Rose-Rosalie Autin, fille de Joseph et de Félicité Miville-Deschênes, fille de Charles Miville l’aîné et de Charlotte Grondin. Madeleine Dubé est sûrement une femme très estimée ; elle a déjà douze enfants quand elle épouse le père d’une famille de seize enfants. De plus, elle est marraine de 19 enfants nés entre 1694 et 1744. Elle décède à Rivière-Ouelle le 15 juin1749.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, suivez les traces des familles Bouchard, Dancause, Émond, Dubé et Ouellet en cliquant ici et procurez-vous les circuits généalogiques PASSEURS DE MÉMOIRE qui leur sont consacrés.
 

Pierre et Marie-Anne

Comme le montre le  troisième tableau généalogique, Pierre est l’arrière-arrière-petit-fils de Jacques et de Catherine Baillon. Fils de Joseph-François Miville-Deschênes et de Catherine Pelletier, Pierre est originaire de Saint-Roch-des-Aulnaies. Son ancêtre Charles vit à Sainte-Anne-de-la-Pocatie%u0300re. Jacques, fils de Charles, y épouse Marie-Anne Roy. Parmi leur dizaine d’enfants, se trouve le grand-père de Pierre Miville, Joseph-François, qui déménage sa famille vers Saint-Roch-des-Aulnaies.

Le père de Pierre, également prénommé Joseph-François, et sa mère Catherine Pelletier se marient à Saint-Roch-des-Aulnaies. Pierre Miville-Deschênes est marchand à Québec. Il y épouse, Marie-Anne, fille de Jean-Baptiste Juchereau-Duchesnay. Sept enfants naissent de cette union. 

Marie-Anne Juchereau-Duchesnay, épouse de Pierre, décède à l’âge de trente et un ans le 16 juin 1832, à Québec, des suites d’une épidémie de choléra qui y sévit. Sous les conseils de son beau-père Jean-Baptiste Juchereau-Duchesnay, Pierre, devenu veuf, revient à Saint-Roch-des-Aulnaies, avec leurs cinq enfants âgés de deux à dix ans, pour éviter l’épidémie. La famille s’y établit.

Le 30 juin 1840, Pierre épouse, en secondes noces, Geneviève Perrault, veuve d’Étienne Eschenbach, fils du meunier d’origine allemande André Eschenbach. Geneviève est la fille de François-Michel Perrault, instituteur et coseigneur de La Bouteillerie jusqu’à sa vente à Pierre Casgrain vers 1812. Le 8 novembre 1856, Pierre Miville-Deschênes épouse en troisièmes noces Lucie Mercier à Saint-Roch-des-Aulnaies. Il décède à Saint-Roch-des-Aulnaies le 24 juillet 1859.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, suivez les traces de la famille Casgrain en cliquant ici et procurez-vous le circuit généalogique PASSEURS DE MÉMOIRE qui lui est consacré.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE sur le meunier Eschenbach et la famille Pearson, consultez le panneau d’interprétation « Le moulin Casgrain » et le contenu du Circuit Fil Rouge Saint-Pacôme sur l’application BaladoDécouverte en cliquant ici
 

Les Juchereau et la Grande-Anse

La famille Juchereau est présente dans la colonie depuis le milieu du XVIIe siècle. Selon les historiennes Céline Cyr et Michelle Guitard, son descendant « Jean-Baptiste Juchereau-Duchesnay était issu de l’une des plus riches familles de l’aristocratie seigneuriale de la région de Québec ».

Jean-Baptiste Juchereau-Duchesnay, beau-père de Pierre Miville-Deschênes, hérite de la seigneurie au décès de son père Antoine Juchereau-Duchesnay en 1806. Il la lègue à sa fille Marie-Anne qui décède presque en même temps que lui. Amable Dionne achètera la seigneurie et y construira un manoir. Leur présence dans la Côte-du-Sud remonte à 1656, alors que Nicolas Juchereau reçoit, en concession du gouverneur Lauzon, un territoire qui correspond en gros aux premières concessions des paroisses de Saint-Roch-des-Aulnaies, La Pocatière et Sainte-Anne-de-la-Pocatière. L’historien Yves Hébert rappelle qu’il est parfois désigné sous le nom de seigneurie de Launay, de la Grande Anse, de la Grande Pointe ou des Aulnets (Aulnaies).

Selon l’époque et le contexte, la Grande-Anse désigne des territoires différents. Jusqu’en 1715, elle s’étend sur une quinzaine de kilomètres entre la pointe de Saint-Roch-des-Aulnaies et celle de la rivière Ouelle.  

Aujourd’hui, la Grande-Anse désigne une partie de la Route 132 et une piste cyclable reliant Rivière-Ouelle et Saint-Roch-des-Aulnaies. La « Boucle cyclable de la Grande-Anse », avec ses trois circuits distincts, ceinture les municipalités de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, de Sainte-Louise et de Saint-Roch-des-Aulnaies.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, suivez les traces de la famille Dionne en cliquant ici et procurez-vous le circuit généalogique PASSEURS DE MÉMOIRE qui lui est consacré.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE sur la famille Juchereau, consultez la biographie de Céline Cyr et Michelle Guitard « JUCHEREAU-DUCHESNAY, JEAN-BAPTISTE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 6, Université Laval/University of Toronto, 2003 - en cliquant ici.

Source image : L’honorable Antoine Juchereau-Duchesnay, seigneur de Beauport. (François Baillairgé  18e siècle, Musée des beaux-arts du Canada)

Alfred Miville-deschênes

Alfred, fils de Pierre et de Marie-Anne Juchereau-Duchesnay, épouse Luce, fille de Simon Talbot dit Gervais. Marchand à Saint-Roch-des-Aulnaies, Alfred devient préfet du comté de L’Islet en 1876. Il transmet son engagement politique à ses fils et à ses petits-fils.

Son fils Arthur s’implique en politique comme député et sénateur. Il se porte aussi acquéreur de la seigneurie et du manoir des Aulnaies qu’il habite jusqu’à sa mort en 1882. So autre fils, François-Gilbert Miville-Deschênes, est lui aussi élu député en 1886 et devient le premier à porter officiellement le titre de ministre de l’Agriculture. Alors qu’il est en fonction, il meurt  à 43 ans.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE sur François-Gilbert Miville-Deschênes, consultez le site de l’Assemblée nationale en cliquant ici.
 

Éloïse Miville-Deschênes

Éloïse Miville-Deschênes, fille de Pierre et de Marie-Anne Juchereau-Duchesnay, épouse Clément-Charles Casgrain, fils de Pierre-Thomas et d’Émilie Trouillet (Truillier) Lacombe.

Il est issu d’une famille nombreuse de 15 enfants. Au décès de son grand-père Pierre Casgrain en 1828, son père Pierre-Thomas hérite de quelques terres, du magasin et de la seigneurie de La Bouteillerie. Avec l’abolition du régime seigneurial, Pierre-Thomas Casgrain devient le premier maire de la Municipalité de Rivière-Ouelle.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, suivez les traces de la famille Casgrain en cliquant ici et procurez-vous le circuit généalogique PASSEURS DE MÉMOIRE qui lui est consacré.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE sur Pierre-Thomas Casgrain, consultez le répertoire du patrimoine culturel en cliquant ici.

POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, parcourez le circuit généalogique PASSEURS DE MÉMOIRE consacré à la famille Miville-Deschênes  en cliquant ici etprocurez-vous le premier livre de la collection historique « Passeurs de mémoire », Le Kamouraska et la Grande‑Anse,  EN CLIQUANT ICI. Publié aux Éditions GID, ce premier titre embrasse le territoire du Kamouraska avec une incursion à l’ouest soit le littoral du fleuve Saint-Laurent, de Saint-André à Saint-Roch-des-Aulnaies, couvrant jusqu’aux terrasses du piémont et à l’arrière-pays.

Source image : Pierre-Thomas Casgrain. (Archives de la Côte-du-Sud, fonds Paul-Henri-Hudon)



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