Domaine Saint-Bernard

Saint-Bernard et Onontio : noms charg├ęs d'histoire

Le nom Saint-Bernard est très présent dans la toponymie de Mont-Tremblant. Outre le parc écotouristique, le chemin qui y mène, une colline et deux bâtiments du Domaine, ce nom a aussi été attribué à une chapelle, à une place et à un hôtel dans le secteur du centre de villégiature. Pourquoi? L’explication nous ramène au Moyen Âge, dans les Alpes. Au début du XIe siècle, un prêtre qui sera canonisé sous le nom de saint Bernard de Menthon, avait édifié dans un col de montagne à la frontière de la Suisse et de l’Italie un hospice destiné aux voyageurs et aux pèlerins. Le col et l’hospice prendront le nom de Grand Saint-Bernard. Un autre col alpin, celui-là à cheval sur la France et l’Italie, et un deuxième hospice reconstruit par le prédicateur, furent baptisés pour leur part Petit Saint-Bernard. On donna aussi le nom du saint à une race de grands chiens de montagne élevés par les chanoines des deux hospices. Si bien qu’en 1923, le pape Pie XI nomma saint Bernard de Menthon patron des alpinistes et des montagnards. Entre les Alpes et le ski, moteur touristique de Mont-Tremblant, il n’y avait qu’un pas…

Le nom Onontio, qui désigne une colline du Domaine et une ancienne auberge exploitée sur le site, remonte pour sa part à l’époque de la Nouvelle-France. C’est le terme, signifiant « grande montagne », par lequel les Hurons avaient traduit le patronyme d’un gouverneur de Nouvelle-France, Charles Jacques Huault de Montmagny (mons magnus, en latin). Par la suite, les Amérindiens du Canada et des Grands Lacs donnèrent le titre d’Onontio à tous les gouverneurs de Nouvelle-France.

© Photo : Archives du Domaine Saint-Bernard.


Heurs et malheurs du domaine Onontio

En 1935, l’actuel domaine Saint-Bernard, qui appartient depuis 1913 à un groupe d’assureurs, est vendu à R. J. Rousso, homme d’affaires de Montréal. Composé d’une résidence principale (l’actuel Pavillon de chasse), de trois chalets et d’anciens bâtiments de ferme, le domaine ne brille pas par son luxe, mais l’emplacement, bordé par la rivière du Diable, est exceptionnel et la propriété – 1100 acres et trois lacs –, digne d’une seigneurie d’autrefois. Le nouveau propriétaire transforme une ancienne grange en un hôtel, qu’il nomme le Saint-Bernard, tandis que le domaine est baptisé Onontio Health Resort ou Onontio Inn.

Isolé au sommet d’une colline qui surplombe le lac Ouimet, le domaine Onontio propose à ses clients les bienfaits de l’air pur des Laurentides : la publicité sollicite en particulier les médecins qui cherchent un endroit salubre pour leurs patients en convalescence. Les dépliants de l’époque vantent aussi la tranquillité de cette retraite en pleine nature, à 10 km de la gare de Saint-Jovite.

Il semble toutefois que cet isolement favorisa des activités moins bucoliques. Selon des témoins de l’époque, le domaine Onontio abrita pendant la Deuxième Guerre mondiale un petit groupe d’Allemands qui, lorsqu’ils allaient à Saint-Jovite faire des courses, prétendaient être belges. Soupçonnés d’émettre des communications radio pour l’ennemi, les espions présumés du domaine Onontio furent un jour arrêtés par des agents de la Gendarmerie royale canadienne, nouvelle qui se répandit comme une traînée de poudre dans le village de Saint-Jovite.

La photo ci-dessus illustre l’intérieur du Grand Saint-Bernard à l’époque de l’Onontio Inn.

© Photo : Archives du Domaine Saint-Bernard.




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