Place de la Gare

L'impatience des colons

À force de lobbying et grâce à quelques coups d’éclat bien orchestrés, le curé Labelle obtient en 1876 la construction d’une ligne de chemin de fer entre Montréal et Saint-Jérôme. Par la suite, malgré les interventions répétées du prêtre, les choses traînent en longueur, mettant en péril les lentes avancées du projet de colonisation. Dans les cantons du Nord, l’impatience fait la place à la colère et au découragement. Le 18 avril 1889, le journal Le Nord publie la lettre exaspérée d’un « colon mécontent de Sainte-Agathe-des-Monts ».

Source : Danielle SOUCY, La vallée de la Diable : de la hache aux canons à neige, Éditions du Peuplier, 1995.


Extrait de la lettre du colon


FĂ©lix Leclerc chante le train du Nord

Selon les biographes de Félix Leclerc, celui-ci séjourna pendant quelques mois à Saint-Jovite, à l’hiver 1942-1943, après son mariage avec Andrée Vien. À cette époque, le jeune homme de La Tuque n’ambitionne pas de faire carrière dans la chanson : c’est dans le théâtre et la littérature qu’il investit toute son énergie créatrice. Il écrit des contes et des pièces de théâtre pour la radio de Radio-Canada; membre de la troupe des Compagnons de Saint-Laurent, il joue aussi dans certains radioromans (il interprète notamment le personnage de Florent Chevron dans Un homme et son péché), et il lui arrive d’interpréter en ondes l’une des chansons qu’il a composées.

On peut croire que c’est son séjour à Saint-Jovite qui inspira à Félix Leclerc Le train du Nord. Chose certaine, c’est bien du célèbre train de la ligne Montréal – Mont-Laurier dont il est question dans cette chanson, l’une des premières qu’il a composées. En 1948, Le train du Nord fait partie des six chansons qu’il interprète pendant les changements de décor de sa pièce Le p’tit bonheur, présentée à Vaudreuil, Rigaud et Saint-Jérôme. Félix Leclerc l’interprète aussi en 1950 devant l’impresario français Jacques Canetti, qui lui offre aussitôt un contrat pour venir chanter à Paris. Le succès est immédiat, la gloire aussi. Le train du Nord se retrouve, avec La Gigue, sur un 78 tours sur étiquette Polydor que les Français s’arrachent, séduits par la poésie simple et imagée du « Canadien ».

Faut-il voir dans ce train du Nord qui a perdu l’Nord une simple fantaisie onirique? La métaphore d’un Québec qui vire en rond? La question reste ouverte…

© Photo : Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Vieux-Montréal, Antoine Désilets.


Le P'tit Train du Nord




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