Édifice du Couvent

Une congrégation enracinée dans les Laurentides

Construit en 1945, l’ancien couvent de Mont-Tremblant rappelle la présence dans le village des sœurs de Sainte-Croix, qui y enseignèrent jusqu’en 1971. Dans les Laurentides, plusieurs autres édifices du patrimoine bâti témoignent eux aussi du rôle que cette congrégation a joué dans la région. C’est le cas du CLSC de Labelle, de l’immeuble locatif pour retraités situé en face de l’église Saint-Faustin, de l’hôtel de ville de Saint-Adolphe d’Howard ou de l’école Le Carrefour, à Saint-Rémi d’Amherst, qui occupent tous des établissements dirigés autrefois par les sœurs de Sainte-Croix.

C’est à Nominingue, dans la vallée de la Rouge, que commença l’apostolat des sœurs de Sainte-Croix dans les Laurentides. En octobre 1887, après un pénible voyage depuis la maison-mère de Saint-Laurent, sur l’île de Montréal, deux religieuses parviennent sur les rives du grand lac, quelque 60 km au nord de Saint-Jovite. Elles répondent à la demande d’assistance du père Marcel Martineau, jésuite fondateur de la mission de Nominingue, où le curé Labelle rêve d’implanter la future capitale des cantons du Nord. Isolées en plein bois au milieu des colons défricheurs, soumises comme eux aux tourments du froid, des moustiques, de conditions de vie primitives, ces femmes courageuses deviennent rapidement des membres indispensables de la communauté naissante. Quinze ans plus tard, d’autres sœurs de Sainte-Croix s’installent à Labelle, plus au sud ; en 1920, les villageois de L’Annonciation accueillent à leur tour leurs premières religieuses enseignantes.

Au cours des deux décennies suivantes, les établissements des sœurs de Sainte-Croix se multiplieront dans les Hautes-Laurentides et dans le nord de l’Outaouais. À l’arrivée des trois religieuses dans le petit village de Mont-Tremblant, en août 1945, la congrégation compte au nord-ouest de Montréal 23 établissements où travaillent quelque 160 sœurs enseignantes. En 1986, la communauté aura œuvré dans près d’une quarantaine de localités de cette vaste région.

La photo ci-dessus montre un groupe de sœurs de Sainte-Croix à Saint-Faustin, où la congrégation a ouvert un établissement en 1926.

© Photo : Société d'histoire de la Repousse


Dans le même bateau que Monseigneur Bourget

Les années 1840-1850, qui succèdent à la période tourmentée de la Rébellion de 1837 et de l’union des deux Canadas, voient renaître la ferveur religieuse et s’amplifier l’emprise de l’Église catholique, qui se pose peu à peu comme le rempart de la nation canadienne-française.

Le maître d’œuvre de ce réveil religieux est l’évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget. Pour accroître l’effectif ecclésiastique du Québec, il séjourne ainsi à deux reprises en France, où il s’emploie à recruter des religieux, et c’est en sa compagnie qu’en 1847, quatre sœurs de la congrégation de Sainte-Croix, fondée au Mans, traversent l’Atlantique et foulent pour la première fois le sol du Québec.

Celles qu’on appelle alors les marianites de Sainte-Croix s’établissent dans la paroisse de Saint-Laurent, près de Montréal, où elles ouvrent un premier pensionnat, puis un noviciat. Le recrutement progresse rapidement : en 1863, la communauté compte 70 membres. Vingt ans plus tard, la branche canadienne obtient la séparation d’avec la maison-mère du Mans, avec laquelle les relations s’étaient détériorées. La congrégation enseignante, qui rassemble alors 200 religieuses, prend le nom de sœurs de Sainte-Croix et des Sept-Douleurs. C’est sous cette appellation que deux d’entre elles quitteront la maison-mère de Saint-Laurent en 1887 pour fonder une mission à Nominingue, berceau de leur communauté dans les Laurentides.

La photo ci-dessus illustre Sœur Marie de Sainte-Eustache, enseignante au couvent de Mont-Tremblant, en compagnie de Diane Ladouceur, une élève. 

Source documentaire : Guy LAPERRIÈRE, Histoire des communautés religieuses au Québec, [Fichier ePub], Montréal, VLB éditeur, 2013.

© Photo : Collection Diane Ladouceur.
 




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