Détour dans le faubourg

Histoires municipales

Tout au long de l’histoire de Neuville, les citoyens connaissaient précisément les limites géographiques du bourg Saint-Louis. Et pour preuve, tout bâtiment situé à l’extérieur des limites du bourg était considéré comme faisant partie du « faubourg », terme qui désigne un quartier ou une portion de territoire situé « hors du bourg ».

Or, la limite ouest du bourg Saint-Louis était située tout près de l’intersection des Érables/Courval. Le terrain de l’actuelle Caisse populaire Desjardins se trouvait donc dans le faubourg, mais n’en fut pas moins un lieu marquant de l’histoire neuvilloise.

Entre 1667 et aujourd’hui, Neuville s’est progressivement organisée collectivement, au gré des besoins nouveaux qu’impliquaient une population sans cesse croissante et aussi des technologies nouvelles (telle la voiture).

Depuis 1855, c’est-à-dire depuis l’établissement du premier conseil municipal à Neuville, les infrastructures et services municipaux neuvillois ont beaucoup évolué.

Nous vous présenterons ici, par le biais de ce petit détour dans le faubourg, quelques moments forts de l’histoire municipale de Neuville.

Photo : François Robitaille

Histoires municipales

Cette photo nous montre à quel point ce secteur à deux pas du bourg Saint-Louis a bien traversé le temps, en particulier la maison face à l'actuelle Caisse populaire Desjardins. 

Photo : Société d’histoire de Neuville

Hôtel de ville et caserne d'autrefois

Dans le stationnement de l’actuelle Caisse populaire Desjardins de Neuville, se trouvait un bâtiment qui a servi à la fois de salle du conseil municipal et de caserne de pompiers. La photo ci-dessus nous le montre en 1921.

Si ce bâtiment ne s’y trouve plus aujourd’hui, il existe toujours néanmoins, ayant été transporté, en août 1972, au 428 route 138 pour permettre la construction de la caisse actuelle.

Photo : Société d’histoire de Neuville

Hôtel de ville et caserne d'autrefois

La portion est servait de caserne de pompiers. La grande tour était utilisée pour faire sécher les boyaux d’arrosage après un incendie. Derrière les grandes portes côté est, que nous montre bien la photo ci-dessus, se trouvait la pompe utilisée pour éteindre les feux.

Source: Société d’histoire de Neuville.

Hôtel de ville et caserne d'autrefois

Dans la portion ouest du bâtiment avaient lieu les séances du conseil municipal du village de Neuville. La photo ci-dessus nous montre le conseil dans les années 1950 : Ernest Côté ; André Rhéaume ; Léo Nickner ; Lauréat Jobin, maire ; Ernest Parent, secrétaire-trésorier ; Octave Delisle ; et Victor Robitaille, le pro-maire (ce dernier étant absent lors de la prise de photo, un montage, avec les moyens du temps, a donc visiblement été fait).

Le bâtiment sera aussi utilisé comme salle paroissiale dans les années 1940-1950. À la fin des années 1960, époque des discothèques, un groupe de jeunes de Neuville a demandé une autorisation pour que l’endroit soit utilisé comme lieu de danse et de musique le samedi soir.

C’est là, à la Ziggourat discothèque, que Louis Hardy, en compagnie de Neuvillois tels que Denis Angers, André Parent et Martin Robitaille, a fait ses premiers pas comme animateur, pour ensuite connaître une brillante carrière à Radio-Canada. C’est là aussi que Dinah Angers, artiste neuvilloise, s’est initiée à la peinture en s’occupant des décors.

Ainsi, cet emplacement représente un lieu marquant de la vie collective neuvilloise, un lieu rassembleur qui l’est encore aujourd’hui, avec une Caisse populaire fortement implantée dans la vie locale.

Photo : Société d’histoire de Neuville

Un premier maire très polyvalent

Cette incursion dans la vie municipale d’hier nous mène vers un personnage incontournable de l’histoire de Neuville: Antoine Plamondon. Né le 29 février 1804 à L’Ancienne-Lorette, près de Québec, Antoine Plamondon fait, en 1842, l’acquisition d’une terre à Neuville. Quatre ans plus tard, il y fait construire une maison (située à l’actuel 114, route 138) et, en 1851, il y installe définitivement son atelier.

Si Antoine Plamondon est bien connu pour son remarquable talent de peintre, il l’est un peu moins en ce qui concerne les fonctions municipales qu’il a occupées à Neuville au milieu du 19e siècle.

En 1855, au moment où Neuville se dote d’une structure municipale, Antoine Plamondon devient le premier maire. Cette nomination, à peine quatre ans après son installation définitive à Neuville, témoigne de la notoriété qu’a rapidement acquise le peintre auprès de ses concitoyens. Antoine Plamondon occupe la mairie jusqu’en 1860 et, de nature conservatrice, il s’oppose, durant son mandat, à la consommation d’alcool au sein de la municipalité.

En marge de ses activités de peintre et de maire, Antoine Plamondon devient aussi un agriculteur prospère. En 1851, sa terre de 134 arpents se compose de 59 arpents de terre boisée, de 74 arpents destinés au pâturage et à la culture de céréales, et enfin, d’un arpent consacré à un jardin et à un verger. En 1871, sa propriété atteint 180 arpents de superficie, signe que son exploitation agricole est florissante. Il excelle aussi, selon les dires de l’abbé Léon Provancher, dans la culture de la vigne.

L’agriculteur Antoine Plamondon, ancien maire et peintre retraité depuis 1885, est décédé à Neuville le 4 septembre 1895. De nombreuses églises – dont celle de Neuville –  et de nombreux musées veillent aujourd’hui à ce que l’apport artistique du Neuvillois Antoine Plamondon soit préservé, mieux connu et immortalisé.

Photo : Wikimedia commons

Un premier maire très polyvalent

Avec une production évaluée à plus de 400 œuvres, Antoine Plamondon demeure sans conteste l’un des grands peintres canadiens du 19e siècle. Et c’est à l’église de Neuville qu’il a offert le dernier grand tableau qu’il a peint en 1882 (voir l'image ci-haut), signe de la place particulière qu’a occupée Neuville dans sa vie.

Antoine Plamondon a été inhumé dans la crypte de l'église en 1895.

Photo : François Robitaille

Routes et aqueducs

Au début du 20e siècle, Neuville a considérablement amélioré son réseau routier. La construction de celui-ci sur le chemin du Roy (à Neuville, l’actuelle rue des Érables) remonte aux années 1910.

En 1912, le gouvernement du Québec a entrepris la réfection du chemin du Roy de Québec à Montréal. À Neuville, cette réfection a été faite en macadam et la municipalité s’est engagée à payer 1 000$ du mille. Il faudra ensuite attendre 1952 pour que le village soit asphalté.

Photo : Société d’histoire de Neuville

Routes et aqueducs

Prise de vue un peu plus à l’est sur la rue des Érables, à proximité du presbytère.

Photo : Société d’histoire de Neuville

Routes et aqueducs

La réfection du chemin du Roy en 1912-1913 à Neuville a été réalisée avec les moyens et techniques de l’époque, c’est-à-dire minimalement à l’aide de machinerie et principalement à bras d’homme.

Photo : Société d’histoire de Neuville

Routes et aqueducs

C’est aussi à bras d’homme qu’a été construit le réseau d’aqueduc au village en 1912-1913. La photo ci-dessus a été prise plus à l’est sur la rue des Érables, devant l’ancien cimetière et à proximité du couvent.

La municipalité de Neuville a donc été particulièrement entreprenante dans les années 1910. En plus de la réfection en macadam du chemin du Roy et de l’installation d’un aqueduc au village, elle a veillé à ce que le réseau d'électricité commence à être implanté à partir de 1912-1913. Il s’agit, somme toute, d’une époque charnière de la vie municipale, avec la mise en place d’infrastructures plus modernes.

Photo : Société d’histoire de Neuville

Routes et aqueducs

Ces nouvelles infrastrutures ont apporté avec elles leur lot de modernité à Neuville. Ainsi y a-t-on vu tranquillement se multiplier, à partir des années 1910, les automobiles.

On était encore bien loin de l’époque où chacun avait son automobile. La conduite, accessible aux mieux nantis, était aussi soumise aux dures conditions hivernales et à un entretien des routes plutôt sommaire.

Photo : Société d’histoire de Neuville

Routes et aqueducs

Au registre des anecdotes de l’usage de l’automobile, Neuville a eu, en la personne d’Ernest Delisle (propriétaire d’un magasin général), un conducteur particulièrement accompli. Le 13 avril 1933, il a fait la une du journal L’Action catholique de Québec pour ses exploits de conducteur (voir l'image ci-dessus).

Relique d’une époque révolue pouvons-nous dire aujourd’hui, mais celle-ci nous montre tous les trésors que l’histoire neuvilloise peut contenir.

Des commerces à proximité de l'hôtel de ville

Enfin, mentionnons qu’il y avait des commerces à proximité de l’ancien hôtel de ville, à deux pas du bourg Saint-Louis.

L’actuel 746 des Érables a eu des vocations commerciales pour le moins diversifiées, telles qu’un atelier de forge, une boucherie, une épicerie, un commerce de laine, une imprimerie, un salon de coiffure et un édifice à bureau. 

Photo : François Robitaille

Des commerces à proximité de l'hôtel de ville

La vocation principale du bâtiment a par ailleurs été le commerce de boucherie, de 1920 à 1951. Propriété du boucher Louis Caouette en 1920, le commerce a ensuite été vendu, en 1925, à Victor Robitaille qui l’a revendu, la même année, à ses fils Joseph et Henri.

Photo : Société d’histoire de Neuville

Des commerces à proximité de l'hôtel de ville

Joseph et Henri Robitaille sont demeurés associés jusqu’en 1943, année où Henri est devenu l’unique propriétaire. Il cessera ses activités de boucher en 1951.

Photo : Société d’histoire de Neuville

Des commerces à proximité de l'hôtel de ville

Un peu plus loin à l’est, à l’actuel 741 rue des Érables (voir la photo ci-dessus), se trouvait une forge tenue, au début du 19e siècle, par le maître forgeron Thomas Lefebvre. Elle a aussi abrité, dans les années 1950, un petit magasin de chaussures.

Les propriétaires successifs de cette maison en ont, de toute évidence, pris grand soin. Et pour preuve, la maison a été classée « immeuble patrimonial » par le ministère de la Culture en 1978.

Photo : François Robitaille

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Histoires de Neuville | La vie au bourg Saint-Louis

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