Le Baron Louis Empain

Louis Empain (1908-1976)

Photo source: Société d’histoire de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et d’Estérel, Fonds Empain


Un empire totalisant soixante-dix entreprises

Louis Empain est le fils cadet d'Édouard Empain, ingénieur, industriel et financier belge ayant fait fortune dans la construction de transports sur rail (notamment le métro de Paris).

Édouard Empain décède en 1929 et Louis se retrouve, conjointement avec son frère Jean, à la tête d'un empire totalisant soixante-dix entreprises. Il préfère toutefois en céder la responsabilité à ce dernier afin de mener ses propres affaires.

L'acquisition des terrains

En 1935, un voyage d'études et de prospection effectué au Québec le décide à y investir. Grâce à une méthode appelée le système Empain, où plusieurs entreprises d'un même propriétaire travaillent entre elles, il crée des compagnies de construction, d'import-export, d'exploitation minière, forestière, et agricole. Il acquiert également, dans les Laurentides, l'ensemble des terrains non construits autour des lacs Masson, Dupuis et du Nord, afin d'y ériger un complexe touristique de grand luxe. Passionné de nature, Empain le nommera Domaine d'Estérel en souvenir d'un massif provençal bordant la Méditerrannée, et dont il aimait le nom poétique.
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Photo : Feuillet publicitaire publié par le baron Empain en 1936
Source : Fonds Empain, collection de la Société d’histoire de Sainte-
Marguerite-du-Lac-Masson et d’Estérel

Pointe Bleue

Le baron engage pour ce projet Antoine Courtens, architecte belge de renom, issu de l'école du Bauhaus et versé dans le style Art Déco. Le Domaine se décline en quatre bâtiment principaux :
           
L'hôtel de la Pointe bleue était perché à 27 mètres sur un promontoire dominant le lac Masson, tandis qu'à l'arrière s'élevait une piste de ski alpin. Son architecture mélangeait formes carrées, rectangulaires et arrondies ; l'effet de hauteur donné à celles-ci composait avec les fenêtres, toutes en largeur, un superbe contraste de lignes verticales et horizontales. Le mobilier décorant les chambres, construit au Québec en bois d'érable, avait également été dessiné par Antoine Courtens. L'hôtel sera malheureusement démoli en 2012 après sa cession à un promoteur immobilier.
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Source : Société d’histoire de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et d’Estérel, Fonds Empain

Manoir de la pointe Bleue

Le centre commercial est le plus ancien au Canada. Ce centre comporte une imposante « proue », dont la baie vitrée permet d'admirer le spectacle de la nature. Ce centre comprenait une pâtisserie belge, un bureau de poste, un salon de coiffure, un garage intérieur avec atelier de mécanique, un cinéma de 300 places ouvert également aux citoyens des environs, ainsi que le Blue Room, une salle de style cabaret inaugurée en 1938 par le clarinettiste Benny Goodman.
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Source : Société d’histoire de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et d’Estérel, Fonds Empain

Construction du centre commercial et communautaire

Source : Fonds Empain, collection de la Société d’histoire de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et d’Estérel

Photographe : Édouard Martin Comélas

Façade côté lac du centre commercial et communautaire

Source : Fonds Empain, collection de la Société d’histoire de Sainte-Marguerite- du-Lac-Masson et d’Estérel

Vue aérienne du site du centre commercial et communautaire

Source : Fonds Empain, collection de la Société d’histoire de Sainte-Marguerite- du-Lac-Masson et d’Estérel

Façade commerciale du centre commercial et communautaire

Source : Société d’histoire de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et d’Estérel, Fonds Empain

Salle ronde du centre commercial et communautaire

Le Domaine d'Estérel ne trouve un acheteur qu'en 1957, après plusieurs années d'inaction. Il s'agit de Fridolin Simard, futur fondateur de la ville d'Estérel.  Le 4 mars 2014, le ministre de la Culture et des Communications Maka Kotto annonce le classement de l'ancien centre commercial en tant qu'immeuble patrimonial. L'environnement naturel qui l'entoure fait également l'objet d'une citation.
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Source : Société d’histoire de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et d’Estérel, Fonds Empain

Sporting Club

Le Sporting Club est bâti plus en retrait, sur le bord du lac Dupuis. Tout comme le centre commercial, son architecture s'inspire des paquebots de luxe qui sillonnaient les mers durant la première moitié du vingtième siècle. Dès 1938, on dispute sur le lac des championnats de natation et de plongeon, des courses de voiliers et de « bateaux automobiles ».
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Source : Société d’histoire de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et d’Estérel, Fonds Empain

Sporting Club - intérieur

Le Ski Logde était une auberge en rondins construite par Victor Nymark. Dotée de 15 chambres et de deux dortoirs, elle était également pourvue d'un hangar à hydravion. Des liaisons aériennes étaient organisées depuis New York, Boston et Saint-Hubert. L'auberge disparaîtra mystérieusement dans les flammes en 2012.
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Source : Société d’histoire de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et d’Estérel, Fonds Empain

Boutique Holt Renfrew

Le baron d'Empain ajoute de nombreuses constructions résidentielles à son Domaine, telles qu'une villa, des chalets en rondins, des cottages, et plusieurs maisons modernes. Des écuries sont aussi construites.

La Seconde Guerre mondiale force Louis Empain à rentrer servir son pays, tandis que le gouvernement du Canada place ses immeubles sous séquestre par mesure de protection. Dès la fin de la guerre, le baron annonce sa décision de  liquider tous ses actifs au Québec et en Belgique.
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Source : Société d’histoire de Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et d’Estérel, Fonds Empain

Crédits

Rédaction, recherche historique et iconographique : Marc-André Lapointe et Samuel Mathieu

SOURCES

Jean Damecour, Patrimoine moderne en péril, Histoire Québec, n. 2, 2007 ; Frédérique Mercure, Sur les traces du baron Louis Empain, 2001 ; Société d'histoire de Sainte-Marguerite-du-lac-Masson et d'Estérel, L'héritage architectural de Louis Empain et d'Antoine Courtens, site Internet consulté le 14 septembre 2016 ; Paul Trépanier, Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson et Estérel: le legs du baron Empain, dans Continuité, no 52, hiver 1992, pages 33 à 37.



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