Histoire de Morin Heights

Le skieur B. Basler

Photo source: Photo : collection de l’Association historique de Morin-Heights


L'arrivée du train

Comme bien des municipalités laurentidiennes, celle que l’on nomme d’abord Morin Flats (1875) doit attendre l’arrivée du chemin de fer en 1895 pour sortir de son isolement et acquérir une certaine aisance grâce à l’industrie du bois d’oeuvre. On comprend toutefois rapidement que le principal bénéfice apporté par le train sera d’ordre touristique. Le nom Morin-Heights étant dès lors jugé plus approprié et attrayant pour les visiteurs, il est substitué à Morin Flats en 1911.

Bellevue Ski Center, C. 1957

L’accès facile par le train avait donné naissance à la villégiature en chalets autour du lac Écho. Avec les années, l’impulsion donnée par le Montreal Ski Club, dont les membres avaient effectué une première excursion dans les Laurentides en 1905, crée un engouement pour le ski chez la bourgeoisie anglophone.
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Source photo : collection du Musée du ski des Laurentides

Bellevue Ski Center, C. 1959

Partout dans la région, les familles désireuses d’accroître leurs revenus en accueillant des skieurs aménagent leurs fermes en maisons de pension. Ces établissements sont presque invariablement dirigés par des femmes. À Morin-Heights, ils se nomment Mrs Charlie Seale’s, Mrs Annie Kennedy’s, Watchhorn’s Farm ou Strathcona House. On les reconnaît à leurs longues galeries de bois ouvragé idéales pour flâner, et à leurs soirées dansantes le samedi.
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Source photo : collection de l’Association historique de Morin-Heights.

Mont Bellevue dans les années 1960

C’est l’époque où l’on skie dans les rues du village, grâce aux efforts d’un cheval tirant un lourd rouleau pour damer la chaussée après les bordées de neige. Les skieurs partent en excursion vers Val-David et Val-Morin par des sentiers tracés ou improvisés, emportant leur pique-nique qu’ils mangeront sur les pistes.
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Source photo : collection de l’Association historique de Morin-Heights

Skieur passant près du train, en 1954

En 1934, en pleine crise économique, un ingénieur et amateur de saut à ski nommé George Binns se rend en convalescence à Morin-Heights pour se remettre d’une blessure. Cherchant une activité, il achète un terrain sur le bord du lac Écho et y construit une maison en rondins. Il parvient à la vendre, puis répète plusieurs fois l’expérience. Ainsi naît le Log Village du lac Écho.
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Source photo : collection de l’Association historique de Morin-Heights

Hôtel Bellevue vue du mont Bellevue

Une majorité de villages du comté d’Argenteuil voient leur population décliner au cours des années quarante et cinquante, au profit des terres agricoles du Manitoba ou des centres industriels, en premier lieu Montréal. Seuls Saint-Adolphe-d’Howard et Morin-Heights font exception à cette règle, soutenus par une industrie touristique prospère.
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Source photo : collection de l’Association historique de Morin-Heights

La piscine de l’hôtel Bellevue

En 1951, les frères Albert et George Basler, dont la famille est originaire de Bâle en Suisse, achètent sur le mont Bellevue un petit centre de ski qu’ils développent. Avec son hôtel érigé au sommet et son tremplin construit en 1953, le Bellevue offre une ambiance familiale très appréciée, qui attire également les professionnels en saut et en ski de fond du club Viking.
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Source photo : collection de l’Association historique de Morin-Heights

Retour des skieurs dans les rues de Morin-Heights

Non loin de là, à Christieville, John Elder exploite le mont Christie sur la ferme familiale, une ferme active comprenant chevaux et vaches laitières.

Les décennies suivantes frapperont durement les centres de ski alpin familiaux des Laurentides et d’ailleurs.
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Source photo : collection de l’Association historique de Morin-Heights

Chalet du mont Bellevue

Outre la construction de l’autoroute 15 et la démocratisation de la voiture modifiant les habitudes de tourisme, l’obligation de se conformer aux nouvelles normes de sécurité et de moderniser leurs équipements pour demeurer compétitifs causera la fermeture de nombre d’entre eux. Les monts Bellevue et Christie ne feront pas exception, et cesseront leurs activités dans les années quatre-vingt-dix.
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Source photo : collection de la Société d’histoire et de Généalogie des Pays-d’en-Haut, 20-03-04

Publicité du magasin de ski Bunny de Morin-Heights

Malgré ces difficultés, Morin-Heights a su maintenir sa vocation de ville du ski de fond, offrant aux amateurs plus de 160 km de randonnée. Le mont Bellevue a été converti en parc Basler, et l’ancienne voie ferrée du P’tit train du Nord a fait place au Corridor aérobique, qui s’étire sur 58 km jusqu’à Amherst. Pas moins de 80% des sentiers de randonnée traversent des propriétés privées, et fonctionnent grâce à l’accord des propriétaires.
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Source photo : collection de l’Association historique de Morin-Heights

Vue de l’hôtel Bellevue depuis le mont Bellevue

Source photo : collection de la Société d’histoire et de Généalogie des Pays-d’en-Haut, 20-03-05

Bellevue Ski Center, C. 1971

Source photo : Collection Musée du ski des Laurentides

Crédits

Rédaction, recherche historique et iconographique : Marc-André Lapointe et Samuel Mathieu

SOURCES

Texte Morin-Heights : Serge Laurin, Histoire des Laurentides, Institut québécois de recherche sur la culture, 1989. ; Sandra Stock, Histoire de Morin-Heights en bref, http://www.morinheightshistory.org/. ; Jean-Pierre Bourbeau, Laurentides : la belle randonnée, Québec : GID, 2005, 210 p. ; Jean-Pierre Bourbeau, Les Laurentides au temps du train du Nord, Québec : GID, 2013, 208 p. ; Michel Allard, Le cœur des Laurentides, Montréal : Septentrion, 2017, 240 p. ; Municipalité de Morin-Heights, site Web de la municipalité ; John M. Nolan, Les Vikings, http://vikingskiclub.ca/.



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Les Pays-d’en-Haut : entre ski et villégiature

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