Histoire de Monfort

Skieurs de Montfort

Photo source: Photo : Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut, collection Marcel Laporte, 16-02-12


La naissance d'un orphelinat agricole

En 1880, les trois quarts des orphelins vivant à Montréal n’ont pas accès à un refuge, faute de place pour les accueillir. Ils sont donc laissés à eux-mêmes dans l’état de plus complète vulnérabilité. Chez le quart restant ayant la chance d’être accueilli dans un orphelinat, l’instruction prend fin à l’âge de douze ou treize ans. Le journal Le Monde, de Montréal, écrivait à leur sujet le 20 avril 1883 : « Où vont les enfants qui sortent de nos orphelinats ? Dieu le sait, et la police aussi trop souvent ». Le curé Rousselot de la paroisse Notre-Dame de Montréal voudrait au moins assurer l’avenir de ces derniers. Il décide de reproduire un modèle français ayant déjà fait ses preuves : les orphelinats agricoles.

Loin de la ville

Il s’agit d’établir les orphelinats loin de la ville, en créant pour les enfants un contexte propre à faire d’eux « des agriculteurs habiles et intelligents ». C’est en outre une œuvre de colonisation patriotique digne de celles d’Augustin-Norbert Morin et du curé Antoine Labelle, car une fois leur éducation terminée, les orphelins trouveront abondance de terre sur lesquelles s’établir.
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Source photo : Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut, collection Marcel Laporte, 16-02-13

Le début des opérations

Rousselot achète 2 000 acres (8 km2) de terre boisée au nord du canton de Wentworth. Il fait ensuite venir de France des missionnaires de la Compagnie de Marie – dits Pères montfortains en hommage à leur fondateur Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716) – pour prendre la direction des opérations. Celles-ci débutent dès 1883.
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Source photo : Société d’histoire et de généalogie des Pays-d’en-Haut, collection Marcel Laporte, 16-02-23

Orphelinat agricole Notre-Dame-de-Montfort en 1947

Les Montfortains érigent une première aile de l’orphelinat, un moulin à farine et un autre à scie, incluant un barrage. À l’étonnement général, ils parviennent à faire pousser avoine, sarrazin, foin et blé d’automne. Mais, la terre est si rocheuse qu’on décide aussitôt de fonder un second orphelinat à Huberdeau, à 21 miles au nord. C’est sur ces terres plus fertiles qu’on enseignera aux enfants l’agriculture et l’horticulture. Ceux de Montfort se concentreront plutôt sur les métiers artisanaux : boulangerie, peinture, cordonnerie, menuiserie, couture, forge, briqueterie, reliure et imprimerie. Plus tard, on enseigna également la tenue de livres, la sténographie, la dactylographie et le dessin.
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Source photo : Société d’histoire et de Généalogie des Pays-d’en-Haut, collection Marcel Laporte, 16-02-11 (située sur le Chemin Lisbourg vu du mont Pelé)

Panorama

La présence de l’orphelinat et l’arrivée du chemin de fer en 1894 ont fait de Notre-Dame-de-Montfort un véritable village, comprenant magasin général et école, en le faisant passer de 30 à 60 familles. De l’aveu même du clergé, ces familles sont « toujours pauvres, mais moins qu’auparavant ». Assez limité, le tourisme à Montfort tirera tout de même partie des grandes qualités panoramiques et de la réputation du chemin de fer traversant son territoire, mêlant dénivelés, courbes, cours d’eau et forêts.
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Source photo : Société d’histoire et de Généalogie des Pays-d’en-Haut, collection Marcel Laporte, 16-02-02

Fermeture de l'orphelinat

La crise économique aura raison de l’orphelinat de Montfort. L’établissement ferme ses portes en 1935 pour être remplacé par une école de métiers. Laissé à l’abandon, le vaste bâtiment sera démoli en 1959. Tout comme l’arrivée de l’orphelinat et du chemin de fer avaient permis l’éclosion du noyau villageois au début du siècle, la destruction de l’édifice et le retrait des rails (1962) précipiteront sa fin.
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Source photo :  Société d’histoire et de Généalogie des Pays-d’en-Haut, collection Marcel Laporte, 16-01-71
Photographe : J. Bienaimé Reims

Orphelins et personnel de Montfort

La vie à Montfort n’a pourtant jamais cessé. Elle s’est cultivée en étroite relation avec son environnement, tout en accordant une attention spéciale aux activités de plein air.
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Source photo : Collections BAnQ 0002748414

Vue générale sur l'Orphelinat agricole de Montfort

Outre les Régates sur le lac organisées depuis un demi-siècle, les activités du Club de canoë-kayak Viking et l’Association du Lac Saint-François-Xavier veillant à la conservation des milieux naturels, la Coopérative de solidarité des 4 pôles (Montfort, Saint-Michel, Laurel et Lac-des-Seize-Îles), créée en 2011 par la municipalité de Wentworth-Nord, œuvre au développement récréo-touristique du territoire. La coopérative réalise et aménage des sentiers pédestres, de vélo de montagne, de ski nordique et de raquette. Les sentiers de la Montfortaine et des Orphelins ont ainsi été ajoutés au Corridor aérobique, une piste multifonctionnelle de 58 km suivant, de Morin-Heights à Amherst, le tracé de l’ancienne voie ferrée.
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Source photo : Collections BAnQ 0003761762

Crédits

Rédaction, recherche historique et iconographique : Marc-André Lapointe et Samuel Mathieu

SOURCES

Notice sur l'origine et les progrès de l'œuvre et de l'établissement des orphelinats agricoles dans le canton de Wentworth, Éditions Eusèbe Sénécal, 1883, 30 p. ; Micheline Dumont, Des religieuses, des murs et des enfants, L’Action nationale, vol 84, no 4, avril 1994, pp. 483-508. ; Alexis de Barbezieux, Histoire de la province ecclésiastique d'Ottawa et de la colonisation dans la vallée de l'Ottawa, vol. 2, 1898, 568 p. ; Marc-Gabriel Vallières, Le patrimoine ferroviaire des Laurentides, site Web mgvallieres.com/. ; Coopérative de solidarité des quatre pôles ; coop4poles.com et Facebook ; Les Villas, sur lesvillas.ca



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Les Pays-d’en-Haut : entre ski et villégiature

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