Histoire de Saint-Adolphe-d'Howard

Le Canton d’Howard d'antan

Photo source: Photo Collections BAnQ 0002635796


Origine de l'appellation

Le Canton d’Howard (1873) évoque le souvenir de Sir Frederic Howard, commissaire des colonies britanniques d’Amérique du Nord, envoyé d’Angleterre afin de pacifier les Américains lors de la guerre d’indépendance (1775-1783).

Villa Howard

Adolphe, selon une pratique courante à l’époque, rend pour sa part hommage à l’abbé Adolphe Jodoin, fondateur de la première mission catholique locale en 1879, dans laquelle il s’est beaucoup investi. La municipalité du canton d’Howard changera de nom pour Saint-Adolphe-d’Howard assez tardivement, en 1939.
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Source photo : Collection BAnQ 0003728674

Saint-Adolphe-d’Howard

Avant l’arrivée du chemin de fer à la fin du 19e siècle, la vie des villages nord-laurentidiens est marquée par la pauvreté. Les colons tâchent d’extirper d’un sol rocailleux et acide le foin pour leurs vaches, l’avoine pour leurs chevaux et le blé pour eux-mêmes. Un curé de paroisse doit avoir l’âme d’un missionnaire : « Jamais je n’ai vu autant de misère et c’en est que le prélude. Chaque jour, on vient pleurer chez moi et me demander un peu de fleur (farine). Que leur répondre ; je suis plus pauvre qu’eux ». Le curé Jodoin lui-même se demandera combien de temps il peut résider dans une maison sans solage.
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Source photo : Collections BAnQ 0003728662

Village vue du lac

Dans pareilles conditions, le tourisme amené par le train est une planche de salut. Il faudra attendre l’an 1897 pour que le vent tourne à Saint-Adolphe. Cette année-là, entichée des paysages montagneux et lacustres de la municipalité, la Young Men’s Christian Association de Montréal (YMCA) acquiert, pour la somme de 20 dollars, deux îles du lac Saint-Joseph afin d’y établir un camp de vacances.
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Source photo : Collections BAnQ 0002646437

Vue de l’église

Un entrepreneur local, Victor Bergeron, est chargé de construire un chalet de deux étages en rondins, assez grand pour loger 25 jeunes hommes, avec une galerie large de trois mètres sur toute la façade. Les premières années, le camp Otoreke – dont le nom signifie « nord » en langue iroquoise – reçoit 80 campeurs durant sept semaines.
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Source photo : Collections BAnQ 0002646438

Lac Saint-Joseph

Il en coûte 34 dollars à qui y séjourne toute la période, ce qui inclut la pension complète et le transport aller-retour depuis Montréal. Le camp s’approvisionne chez les agriculteurs locaux, et acquiert au magasin général de Bergin et Corbeil des produits tels que mélasse, thé, riz, sel et poivre.
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Source photo : Collections BAnQ 0003724248

Hôtel des Pins

L’établissement du camp Otoreke à Saint-Adolphe marque le début d’une vogue touristique qui ne se tarira pas. Mgr McShane fonde en 1926 le camp Kinkora pour la jeunesse catholique anglaise, sur un domaine privé de 3 km2. Le philanthrope Charles Pripstein bâtit un camp pour la jeunesse juive. Les vacanciers qui le fréquentent viennent du Québec, du Canada, des Etats-Unis et même d’Amérique du Sud. Du côté francophone, le sulpicien Arthur Guindon fonde au lac Gémont un camp nommé Le Goéland, à destination du clergé qui y prend ses vacances d’été. Le camp offrira à partir des années 1940, des espaces de camping pour les étudiants du collège Grasset.
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Source photo : Collections BAnQ 0002640730

Rue principale

Dès le début du vingtième siècle, la famille Morgan, propriétaire des magasins éponymes, possède près du lac Sainte-Marie un « château » en bois, avec galeries et tourelles. La propriété comprenait, en plus des dépendances régulières, une piscine en bois, un terrain de tennis et une glacière contenant d’immenses blocs gelés, taillés à même la surface du lac.
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Source photo : Collections BAnQ 0002645151

Lac Gémont

Au village, les pensions de « mesdames » Freddy Lajeunesse, Wilfrid Massie et Léo Corbeil accueillent les nombreux visiteurs. La pension-école La Paix de madame Charles Rinfret offre des cours de français pour 28 dollars par semaine, incluant lit et repas (1939). C’est toutefois la Villa Howard qui jouira de la meilleure réputation. Avec ses petits chalets individuels, sa grande plage et ses soirées de feux d’artifices, on la surnommera à la fin des années 1950, « la Miami des Laurentides ».
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Source photo : Collections BAnQ 0002641737

Lac Saint-Joseph et le mont Avalanche

Le relatif éloignement de Saint-Adolphe – situé à 11 km de la station ferroviaire de Sainte-Agathe-des-Monts – n’a pas favorisé le développement à son plein potentiel de la villégiature hivernale basée sur le ski. La municipalité a toutefois beaucoup mieux traversé la période creuse vécue par ses voisines plus dépendantes de cette industrie, lors du retrait du P’tit train du Nord et de la construction de l’autoroute des Laurentides au cours des années 1960. D’autres facteurs, tels la construction d’une base militaire et d’un radar par les Forces Armées Canadiennes, ont apporté un soutien durable à l’économie locale.
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Source photo : Collection de la Société d’histoire et de Généalogie des Pays-d’en-Haut, 28-01-46

Camp Otoreke (YMCA) 1944

La présence de 85 lacs sur le territoire de Saint-Adolphe a favorisé l’établissement de nombreux domaines riverains à partir des années 1960, certains promoteurs allant jusqu’à créer des lacs artificiels là où il n’y en avait pas. À l’heure où les vacanciers de naguère viennent s’établir de façon permanente, Saint-Adolphe demeure aujourd’hui une destination touristique prisée. L’offre en matière de ski est plus développée que jamais grâce au mont Avalanche (ski alpin) et au Centre plein air (ski de fond). Aux camps de vacances Pripstein et Kinkora toujours actifs, s’est ajouté le Camp musical des Laurentides. On pratique en été le ski nautique et le wakeboard, et les amateurs de pêche disposent d’une foule de plans d’eau où taquiner l’achigan, le doré, le maskinongé, le crapet de roche et la truite arc-en-ciel.
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Source photo : Collections Laurentian Heritage WebMagazine

Vue aérienne de la base militaire, Octobre 1974

Source photo : Collections ADC Museum

Crédits

Rédaction, recherche historique et iconographique : Marc-André Lapointe et Samuel Mathieu

SOURCES

Association des sports nautiques des lacs St-Joseph et Ste-Marie, 115 choses à savoir sur Saint-Adolphe-d’Howard, saint-adolphe.org/. ; Municipalité de Saint-Adolphe-d’Howard, http://www.stadolphedhoward.qc.ca/. ; Paul-Émile Guilbert et al., Le présent du passé : Saint-Adolphe-d’Howard 1883-1983, 1983, 353 p. ; Denis Gravel, Saint-Adolphe-d’Howard : Terre d’histoire 1883-2008, Archiv-Histo, 2008, 118 p.



Excerpt of
Les Pays-d’en-Haut : entre ski et villégiature

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