Colonisation en Nouvelle-France de 1608 à 1632

L'arrivée de Samuel de Champlain

Photo source: Wikimedia commons sous la rubrique "Vue de Château-Richer".


Origines de Samuel de Champlain

Samuel de Champlain, né à Brouage (Charente-Maritime) entre 1567 et 1574 (probablement baptisé le 13 août 1574 à La Rochelle au Temple Saint-Yon) et mort à Québec le 25 décembre 1635, est un grand navigateur, cartographe, soldat, explorateur, géographe, commandant et auteur de récits de voyage français. Il est le fondateur de la Ville de Québec.

Après une formation de navigateur en Saintonge (vers 1586-1594), il se fait soldat en Bretagne (1595-1598), puis explorateur des colonies espagnoles d'Amérique (1599-1601), du fleuve Saint-Laurent (1603) ainsi que de l'Acadie (1604-1607) et de la côte atlantique (entre l'actuel Nouveau-Brunswick et Cap Cod). Il nomme définitivement la « Nouvelle-France » en l'inscrivant sur une carte de 1607, représentant l'Acadie à partir de La Hève jusqu'au sud du Cap Cod. Champlain enracine la première colonie française permanente, à Port Royal d’abord, puis à Québec ensuite, qu'il a fondée le 3 juillet 1608. À cette fin, il bénéficie du soutien du roi Henri IV de France, de Pierre Dugua de Mons, de François Gravé et du chef montagnais Anadabijou.

N'appartenant pas à la noblesse, Champlain agit en tant que subalterne d'un noble désigné par le roi : à Québec, il est « lieutenant du vice-roi de la Nouvelle-France » resté en France, puis à partir de 1629 « commandant en la Nouvelle-France en l’absence » du cardinal de Richelieu. Administrateur local de la ville de Québec jusqu'à sa mort, il ne reçoit jamais le titre officiel de gouverneur de la Nouvelle-France, même s'il en exerce les fonctions.

Les difficultés rencontrées dans cette entreprise sont nombreuses, et ce n'est qu'à partir des étés 1634 et 1635, dans les dix-huit derniers mois de sa vie, que Champlain voit son rêve de colonisation se concrétiser, avec l'arrivée et l'établissement de quelques dizaines de familles de colons. Son acharnement à vouloir implanter une colonie française en Amérique du Nord lui vaut, depuis le milieu du xixe siècle, le surnom de « Père de la Nouvelle-France ».

Source: Wikipedia sous la rubrique "Samuel de Champlain".

Habitation du Cap Tourmente

En 1608, par ces mots, Champlain donna son nom au Cap Tourmente. Il a aussi constaté l’abondance et la qualite des fourrages sur les terres avoisinant le Cap Tourmente. Derrière ces prairies naturelles s’étendent des forêts superbes remplies d’arbres nombreux et variés au pied desquels coulent grands ruisseaux et petites rivières. Dès 1623, le fondateur de Québec fait couper du foin pour alimenter le bétail de l’Abitation de Québec. En juillet 1626, il décide de construire sur place deux corps de logis et une étable parce que, dit-il : « De nouveaux colons s’ajoutent au groupe des premiers arrivants. D’autres maisons se grappent autour des palissades (de l’Abitation de Québec). Bientôt la place ne se prête plus à la garde du cheptel, qu’on enverra brouter au Cap Tourmente, où les pâturages ne manquent pas. » 

À cette habitation, on employait en été huit ou dix personnes, pour faucher, faner, entrer les foins et travailler aux réparations. Champlain y avait envoyé une famille composée de trois personnes : Nicolas Pivert, sa femme Marguerite Lesage et une petite fille, leur nièce. Tout ce monde, y compris quatre ou cinq engagés, étaient sous les ordres de Sieur Faucher. On pratiquait sur cette ferme l’élevage des bovins et des porcs et un peu de culture potagère...

Même si les bâtiments de la Petite-Ferme étaient protégés par une fortification (palissade en pieux) les quinze ou seize soldats de Kirke, accompagnés de quelques Indiens n’eurent aucun mal à s’emparer de la ferme le 9 juillet 1628. Comme David Kirke était incapable de prendre le comptoir de Québec par la force, parce que trop bien défendu, il doit se résoudre à le réduire par la famine. Il débarque donc à Cap Tourmente pour mettre la ferme, qui alimente l’Abitation, à feu et à sang croyant ainsi favoriser une rapide capitulation de Québec. Les hommes de Kirke s’emparèrent de la famille Pivert et de quelques hommes qui restaient, les firent prisonniers, saccagèrent les bâtiments, tuèrent presque toutes les bêtes, mirent le feu partout, ne laissant que ruines. Cet acte de guerre visait à affamer la population de Québec. Samuel de Champlain capitulera un an plus tard, le 9 août 1629.

Source: A. Culture et Patrimoine - La Côte-de-Beaupré. 
B. Parcs Canada - La Petite-Ferme du cap Tourmente, Saint-Joachim (Québec). 
C. Saint-Joachim: son histoire jusqu'en 1760. par Micheline Blouin.

La colonisation française de 1608 à 1632

L'histoire de la colonisation de la Nouvelle-France est liée aux aspects économiques et l'attrait des Français pour les peaux de castor en est un important.   À cette époque, le territoire n'est pas occupé en permanence. On fait le voyage pour y faire de la trappe, du troc et de la pêche pour repartir en France avant l'hiver.

En 1603, Samuel de Champlain entend bien coloniser le pays. Une première tentative en Acadie échoue, mais il n'abandonne pas et se laisse séduire par la vallée du Saint-Laurent et ses nombreuses possibilités. Il est charmé par la beauté du paysage.   Québec est fondé en 1608. On y construit l'habitation de Québec qui héberge les ouvriers et les marchands venus de France faire la traite des fourrures. L'entente avec les marchands est qu'ils feront la traite de fourrures mais ils auront la responsibilité d'amener des colons. Cette responsabilité ne sera pas tenue. C'est pourquoi en 1620, la compagnie de Montmorency est crée pour diriger la traite des fourrures avec à sa tête Sieur Guillaume de Caen. 

En 1623, Samuel de Champlain, gouverneur de la Nouvelle-France, fera une première visite au Cap Tourmente. Il recherche un endroit propice pour l'élevage du bétail. Il voit dans ce site un lieu idéal pour l'approvisionnement en "bottes de foin" destinées au cheptel. Il fait donc construire une habitation au Cap-Tourmente et y fait transporter toutes les bêtes. Le bétail de Québec est donc ainsi engraissé à même les verts pâturages sis au pied de ce cap. Ce sera en 1626, la première ferme du Saint-Laurent.  Six hommes seront délégués à l'habitation. Les frères Récollets érigeront une petite chapelle afin de désservir les habitants.

En 1627, la Compagnie des Cent-associés est formée par le cardinal Richelieu. Samuel de Champlain est un de ces associés. Sous sa direction, la compagnie décide d'envoyer des colons français mais ses efforts seront anéantis par les Anglais. Les bateaux en provenance de la France seront détournés et les habitations du Cap Tourmente seront détruites par les trois frères Kirke. 
Champlain, prévenu de l'arrivée menaçante des Anglais par des Amérindiens alliés, s'affaire à préparer ses hommes à la bataille. Par missive, le Général Kirke oblige le gouverneur de la Nouvelle-France à livrer Québec "de courtoisie plutôt que de force". Dans un premier temps, Champlain refuse catégoriquement, mais l'année suivante, en 1629, il se retrouve contraint de capituler face à une colonie qui n'a plus de provisions et de moyens de subsistance.
 
Par le traité de St-Germain-en-Laye de 1632, l'Angleterre a rendu à la France la Nouvelle-France mais la Compagnie des Cents-associés sort très affaiblie financièrement de la capitulation de Québec. Elle doit envisager une solution qui la détachera de sa responsabilité d'établir des colons en Nouvelle-France. Le Régime seigneurial s'avère le système qui sera privilégié.  

Source: Buteau, Lise (2005). « Château-Richer, Terre de nos ancêtres en Nouvelle-France », page 25-28

Texte de la narration

Papi : Vous avez entendu parler de Samuel de Champlain ? 

Delphine : Oui, à l’école on a appris que c’était un grand navigateur français qui a fondé la ville de Québec. 

Papi : C’est juste, Samuel de Champlain a établi la ville de Québec au nom de la France le 3 juillet 1608. Mais il a fait bien plus pour la Côte-de-Beaupré. Lorsqu’il était lieutenant du vice-roi et Commandant de la Nouvelle-France, il recherchait un endroit propice à l’élevage du bétail. En 1626, il s’est tourné vers le Cap-Tourmente pas très loin d’ici car les battures du bord de l’eau sont d’excellentes pâtures pour nourrir le bétail. Une habitation a été construite et toutes les bêtes se trouvant autour de Québec, entre 40 et 50, ont été transportées sur ce site. Le premier fermier de cette ferme se nommait Nicolas Pivert et il avait cinq employés pour l’assister dans ses tâches.
 
À cette même époque, Champlain constate qu’il manque de colons pour faire avancer les choses. Il demande à la Compagnie des cents-associés en France, qui possède les droits sur toute la région de la Nouvelle-France, de favoriser l’envoi de nouveaux colons. Mais ses plans échouent car une guerre éclate en 1627 entre la France et l’Angleterre. En 1628, répondant pour l’Angleterre, les Frères Kirke qui étaient des marchands anglais désirent mettre en place un monopole Britannique du commerce en Nouvelle-France. Avec trois navires, ils attaquent et prennent la petite colonie française de Tadoussac, ils s’engage ensuite dans le St-Laurent et détruisent la ferme du Cap-Tourmente, incluant tous les bâtiments, toutes les récoltes et toutes les bêtes. Le garde-manger de Québec est donc détruit. Ils s’approchent ensuite en bateau de la ville de Québec et demandent à Samuel de Champlain de capituler et de leur céder la ville. Champlain refuse de céder, mais malheur alors à lui et aux habitants de Québec qui souffriront de la disette, de la faim à cause du blocus du St-Laurent par les frères Kirke et de la perte de la ferme du Cap-Tourmente. À l’été 1629, les Frères Kirke sont de retour avec leurs navires après la fonte des glaces et ils exigent à nouveau la capitulation de Champlain. Ce dernier concède Québec le 19 juillet 1629. Il est alors capturé et retourné en France via l’Angleterre. Puis, grand revirement, avec la fin de la guerre, Québec et ses colonies de Nouvelle-France sont rétrocédées et donc retournées aux Français le 29 mars 1632…
Alors s’amorce une colonisation française importante de la Nouvelle-France et de Château-Richer, histoire que je vous raconterai un peu plus loin. 



Excerpt of
Histoire et légendes de Château-Richer | Circuit de 11,6 km

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