Les prônes des curés de Château-Richer

Les prônes

Photo source: Centre de Généalogie, des Archives et des Biens Culturels de Château-Richer


Intérieur de l'église vers 1920

Au fil des ans un grand nombre de prônes (communément appelés les sermonts) ont été proncés ici par les curés de Château-Richer.

Source: Centre de Généalogie, des Archives et des Biens Culturels de Château-Richer

Les prônes

Le prône peut être : 
Une prière dominicale de l'ancienne liturgie chrétienne formulée par le prêtre paroissial ou le diacre et qui était suivie de consignes, d'avis, d'instruction ou d'énoncés d'intentions, généralement inspirés ou dictés par le pouvoir temporel.

Elle précédait le plus souvent l'offertoire et pouvait contenir la lecture d'informations concernant la communauté ou celle des décrets et ordonnances épiscopales ou royales.

Au fil des ans un grand nombre de prônes ont été dit par les différents curés de Château-Richer. En voici quelques uns:

23 décembre 1883
Ne point laisser de jeunes enfants sans surveillance dans vos maisons à cause des accidents contre la morale...les filles, si elles viennent à l'église une à une, doivent être accompagnées d'une personne...prudente et capable de les protéger contre toute insulte. Une jeune fille ne doit jamais sortir seule le soir, pas même pour venir à la messe de minuit. 

13 juillet 1884
Arriver à temps à la messe et non pas en courant...Ne point entendre la messe dans la sacristie...les petits enfants qui se mettent à la balustrade doivent bien se tenir...les parents doivent y voir. 

31 juillet 1887
Les jeunes gens du village et autres doivent s'abstenir d'aller à des heures indues dans certaines maisons où le chef est absent. 

18 décembre 1887
Messe de minuit...Prendre garde aux désordres...Ne point donner occasion au péché pendant la veillée...Ne point aller plus vite que le petit trot dans le village à cause des piétons...Laissez un gardien fidèle et solide et soucieux à la maison pour prévenir les accidents contre la morale et contre le feu...faire attention au repas que vous prenez après la messe de minuit.

23 décembre 1888
Ceux des concessions qui ne pourront pas se procurer de grains de semence au printemps, donner leur nom au presbytère. 

19 février 1893
Par respect pour le Saint-Sacrement, suivons toujours la coutume établie dans tout le diocèse de venir chercher le Bon Dieu pour les malades avec deux voitures et aussi convenable que possible. Celui qui conduit la voiture de derrière a soin de se laisser devancer un peu, pour que celui de devant puisse, avec la clochette, avertir à temps chaque famille de sortir de la maison, ou du moins d'ouvrir la porte et d'adorer à genoux le St-Sacrement qui passe. 

8 novembre 1904
Plusieurs vont se confesser aux pères de Ste-Anne ou à Québec. C'est votre affaire! Tout ce que je sais c'est qu'il serait beaucoup mieux de venir ici. Votre prêtre est toujours à votre disposition et quand vous serez à votre dernière maladie, vous ne pourrez pas compter, il me semble, sur les pères de Sainte-Anne ou ceux de Québec. 

24 juin 1956
Robes de mariée très bien dans la paroisse. Une étrangère très mal vêtue...pendant mon absence! À L'avenir, j'irai voir moi-même les robes, à l'avance. 

(Note: on retrouve plusieurs textes additionnels de prônes dans la référence citée ci-bas) 

Source: Buteau, Lise (2005). « Château-Richer, Terre de nos ancêtres en Nouvelle-France », page 123

Texte de la narration

Papi : Les enfants, savez-vous ce qu’est un Prône ?

Delphine : Non

Guillaume : Non. 

Papi : Un prône est une instruction qu’un prêtre fait le dimanche à la messe paroissiale à ses paroissiens. J’aimerais partager avec vous quelques passages savoureux de prônes qui ont été dits ici à l’église de Château-Richer par le prêtre du moment. 

Le 23 décembre 1883 on entendait : Ne point laisser de jeunes enfants sans surveillance dans vos maisons à cause des accidents contre la morale…les filles, si elles viennent à l’église une à une doivent être accompagnées d’une personne prudente et capable de les protéger contre toute insulte. Une jeune fille ne doit jamais sortir seule le soir, pas même pour venir à la messe de minuit. 

Le 30 mars 1902 on entendait : faites donc attention de ne pas cracher par terre dans l’église. Un peu de bonne volonté et ça ira mieux. 

Le 27 novembre 1955 on entendait : La retraite des Dames et Demoiselles commencera dimanche prochain. Toutes les Dames et Demoiselles sont priées d’y assister. Nous demandons la coopération des hommes spécialement des maris, pour qu’ils permettent à leur femme d’assister à toute la retraite. Nous en demandons autant aux jeunes gens qui fréquentent les jeunes filles. 
Le 17 juin 1956 on entendait : Modestie. À l’occasion de l’arrivée des chaleurs, il est bon de se rappeler la ligne de conduite à suivre en ce qui concerne la modestie dans le vêtement. M. le curé a demandé à Monseigneur Garant et à Monseigneur Audet hier si le port des « shorts » et les bains mixtes étaient toujours défendus. Il lui fut répondu que oui les shorts et les bains mixtes sont toujours défendus!

Papi : Qu’en dites-vous les enfants ?

Guillaume : Je n’ai pas tout bien compris ce que voulait le prêtre, mais cracher dans l’église…yeurke dégeu !

Delphine : Moi j’ai remarqué le contrôle qui était prescrit aux filles et aux femmes par l’Église. 

Papi : Tu as raison, Delphine. Jusqu’à tout récemment, l’Église avait une forte influence sur la vie des citoyens dans presque tous les domaines de la vie. Aujourd’hui, les choses ont bien changé : tu peux porter des shorts, tu peux aller à la piscine avec Guillaume et on n’a plus besoin de la permission expresse d’un conjoint pour participer à une activité quelconque.



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