Les moulins de Château-Richer

Les moulins


Le premier moulin à vent (ruine de)

Source: Wikipedia sous la rubrique "Aux Trois Couvent".

Le premier moulin à farine (hydraulique)

On voit sur cette illustration le pont du Sault-à-la-Puce. En arrière plan le moulin à farine sur les bords de la rivière. 

Source: Centre de Généalogie, des Archives et des Biens Culturels de Château-Richer

Moulin à farine - à carton

Source: Centre de Généalogie, des Archives et des Biens Culturels de Château-Richer

Moulin à carder Jobidon

Source: Centre de Généalogie, des Archives et des Biens Culturels de Château-Richer

Moulin à carder près de la rivière Valin

Source: Centre de Généalogie, des Archives et des Biens Culturels de Château-Richer

Les moulins

Lors de la concession de la terre de cinq arpents concédée à Olivier Letardif, le 15 juillet 1652, le gouverneur de la Nouvelle-France, Jean de Lauson, en sa qualité de procureur de la compagnie de Beaupré, prend soin d'y réserver sur la devanture un arpent en carré situé à l'extrémité est, en prévision d'y ériger un moulin à farine à l'usage des habitants de la seigneurie de Beaupré. Peu après, le moulin est bâti en pierre sur la devanture de la terre de Letardif tout près du fleuve et de ce qui deviendra plus tard le Couvent des soeurs (Vieux Couvent aujourd'hui). Il est le premier moulin banal et seigneurial de la Côte-de-Beaupré et probablement le seul ayant été activé par la force éolienne. 

La date de sa construction est imprécise mais on témoigne de son existence en 1657, dans des actes offrant une description des emplacements de Guillaume Thibault et Massé Gravelle. Ses premiers meuniers demeurent inconnus. Le premier bail établi entre le seigneur ou son procureur et un meunier toujours conservé, date du 10 mars 1668. Mgr de Laval accorde alors à David Estourneau un bail à ferme du moulin à vent et du moulin du Sault-à-la-Puce pour une durée de sept ans, à compter du 15 juillet 1668. Il occupait probablement ces fonctions dès 1667. Le meunier Estourneau décède en 1670 et est successivement remplacé par Gilles Maçon et Jacques Goullet, chacun pour une période de trois ans. Les autres baux sont inconnus. Par contre, on sait que Pierre Bessonet (1679) et Jean Jollin (1683) ont cumulé cette tâche. 

On ignore à quel moment le moulin cesse ses activités. Sans doute la construction de nouveaux moulins plus modernes et productifs, soit le Moulin du Petit-Pré en 1695 et de Saint-Joachim en 1690, provoquent le ralentissement de sa production. En 1732, la tour du moulin sert de prison aux contrevenants du bailliage de Beaupré. 

Source: Buteau, Lise (2005). « Château-Richer, Terre de nos ancêtres en Nouvelle-France », pages 210-211

UN PREMIER MOULIN À FARINE HYDRAULIQUE
Bâti sous l'égide de Mgr de Laval en 1661, le moulin à farine du Sault-à-la-Puce est situé sur la terre de Jean Cloutier et s'alimente à la rivière Sault-à-la-Puce. Il devient ainsi le deuxième moulin banal de la seigneurie de Beaupré. Ses premiers meuniers sont: David Estourneau (1667-1670, Gilles Maçon (1670-1673), Jacques Goullet (1673-1676), Guillaume Dumesnil (1678), Richard Dumesny (1679), Charles Pouliot (1682) et un nommé Larose (1690-1692).

Un premier incendie se déclare en 1703. Il faut donc restaurer le moulin. Puis d'autres meuniers prennent la relève: Joseph Fernando, Joseph Emond et Joseph Buteau (1708), Louis Déry et Noël Beausoleil (1721).

Un deuxième incendie a lieu en 1723. La restauration du moulin ne s'effectue qu'après 1726. Les meuniers François Lafortune (1733) et Guillaume Saint-Hilaire (1742) prennent les commandes du bâtiment nouvellement rénové. 

En 1757, le meunier Joseph Cadet obtient la première location du moulin pour une période de neuf ans. Celui-ci tenait le moulin en vertu d'un bail à ferme depuis 1748. Le moulin subit un troisième incendie lors de la conquête. Les habitants de Château-Richer et de Sainte-Anne-de-Beaupré  expriment au Séminaire leur désir de voir rétablir le moulin. Malgré leur requête, les matériaux réchappés du moulin sont sacrifiés au profit de la reconstruction de celui du Petit-Pré, détruit en pareilles circonstances. Les efforts n'auront pas été totalement vains puisque l'on parle de la reconstruction du moulin du Sault-à-la-Puce en 1809. Ce moulin n'est toutefois bâti que vers 1850 et plus en amont. 

Source: Buteau, Lise (2005). « Château-Richer, Terre de nos ancêtres en Nouvelle-France », page 211

UN DEUXIÈME MOULIN À FARINE HYDRAULIQUE
Le deuxième moulin à farine est vraisemblablement construit sur la rive ouest de la rivière Sault-à-la-Puce, un peu plus haut que le premier moulin (1661) et tout près de la chute. Vraisemblablement construit vers 1850, le moulin appartient en 1857 à Richard Tremblay père. 

Ce moulin à eau produit de la farine jusqu'au début du XXe siècle, moment où il change  radicalement de vocation et se transforme en cartonnerie vers 1915,  propriété de Samuel Tremblay. Celui-ci vend la cartonnerie à Alphonse Barry en 1920, mais continue d'exploiter le moulin avec Joseph Toupin. Le moulin fonctionne désormais sous le vocable de la Barry Fibre Co. 

La Barry Fiber Co. fabrique à ses débuts, du carton à renfort à partir de guenilles et de rebuts. Par la suite, elle produit du carton à fibre destiné au Nouveau-Brunswick. Des gens du milieu sont appelés à travailler à la cartonnerie tels que les Gallien, Simard, Tremblay, Toupin, Gravel, Larouche, Picard, Bouchard, Racine, etc. 

Quelques années avant sa fermeture définitive en 1938, le moulin est loué à Archibald Cauchon. En 1941, à la suite du décès du propriétaire, il est décidé de vendre la machinerie du moulin, importée d"Allemagne, les poutres et les pièces de bois et de métal. Ne reste du moulin aujourd'hui que ses fondations et ses murs de pierre camouflés par les feuillages et la végétation. 

Source: Buteau, Lise (2005). « Château-Richer, Terre de nos ancêtres en Nouvelle-France », pages 211-212

LES MOULINS À CARDER ET À FOULER
%u200B%u200B%u200B%u200B%u200B%u200B%u200BAu XIXe siècle, les habitants de la Côte font l'élevage des moutons pour leur laine. Au début, ils cardent la laine à la main au moyen de cardes, peignes faits de deux planchettes recouvertes de tiges de fer et munis d'une poignée. En passant la laine plusieurs fois entre les planchettes, on forme des bandes d'environ un demi-pouce de diamètre qu'on roule pour ensuite les filer au rouet. Avec cette laine, les habitants confectionnent des vêtements chauds pour l'hiver "en étoffe du pays", des couvertures, des bas, des mitaines et des tricots de toutes sortes. 

C'est au début du XIXe siècle qu'apparaissent les premiers moulins à carder et à fouler à Château-Richer, spécifiquement dans le secteur de Rivière-aux-Chiens. Les premiers servent à carder la laine, comme le nom l'indique, tandis qu'un moulin à fouler sert à épaissir les étoffes du pays. 

Vers 1821, un premier moulin à fouler est construit à proximité du Sault-à-la-Puce par Joseph Thibault, donnant suite à l'autorisation du Séminaire du 30 août. Joseph Octave Côté obtient une autorisation semblable et il construit lui aussi un moulin à carder.

En tant que propriétaire du moulin du Petit-Pré, le Séminaire permet d'y annexer un moulin à carder en 1863. Ce moulin à carder ne sera pas reconstruit suite à l'incendie de 1877.

Source: Buteau, Lise (2005). « Château-Richer, Terre de nos ancêtres en Nouvelle-France », pages 216-217

Texte de la narration

Papi : j’aimerais aborder un autre sujet avec vous. Parlons des moulins ! Aimes-tu les moulins Guillaume ?

Guillaume : Oh oui, Papi, avec les ailes qui tournent ou la grande roue qui tourne dans l’eau.

Papi :Et bien Guillaume, tu auras l’occasion de voir un très beau moulin construit en pierre dans 2 minutes de marche sur la droite au 7007 avenue Royale sur les bords de la rivière du Petit-Pré où nous nous arrêterons. Mais avant d’y arriver j’aimerais vous conter l’histoire des moulins à Château-Richer. 

(Premier Moulin à farine – Moulin à vent) 
Papi : Tout à l’heure,je vous ai dit qu’une des responsabilités d’un seigneur envers les colons était d’établir un moulin pour y moudre le blé et en faire de la farine. La Compagnie de Beaupré, représentée par  sieur de Lauson et sieur Letardif, a bien fait construire un premier moulin à Château-Richer sur les terres de Sieur Olivier Letardif.  Le moulin se trouvait en contrebas de l’église de Château-Richer. On ne sait pas exactement quand ce moulin a été construit, mais on sait avec certitude qu’il était en fonction en 1657.  Il a été construit en pierre sur les bords du fleuve St-Laurent pour tirer avantage du vent du large, car c’était un moulin à vent. Ce moulin a été en service de longues années, mais avec la venue de moulins à eau plus productifs, il est tombé en désuétude. La tour du moulin a même servi de prison aux XVIIIe et XIXe siècles. 

(Moulin à farine 1661)
Papi : En 1661, un moulin à farine est aussi construit sur les berges de la rivière Sault-à-la-Puce, sur la terre de Jean Cloutier. Ce moulin a aussi été construit en pierre. Il a subi deux incendies, soit en 1703 et en 1723. Comme tout le reste, lors de la conquête par les Britanniques commandée par le Général Wolfe en 1759, le moulin est brûlé. Par la suite, les habitants ont bien demandé au Séminaire de Québec de le reconstruire, mais le Séminaire a pris la décision de favoriser la reconstruction du moulin du Petit-Pré, que nous verrons sous peu, au détriment du moulin à farine sur la rivière Sault-à-la-Puce.  Aujourd’hui, il ne reste aucun vestige visible du moulin, mais des fouilles ont confirmé qu’il est localisé sous le terrain du 8381, avenue Royale ainsi que sous l’avenue Royale devant cette maison, le long des berges de la rivière.  

(Moulin à farine – moulin à carton 1850-1941)
Papi : Le moulin à farine suivant a aussi été construit sur les rives de la rivière Sault-à-la-Puce, mais sa construction s’est faite beaucoup plus tard et plus en amont, très proche des chutes de la rivière Sault-à-la-Puce. 

Papi: On sait qu’il a été construit vers 1855, car on a confirmation que Richard Tremblay père en était le propriétaire en 1861. Ce second moulin sur la rivière Sault-à-la-Puce a moulu du grain jusqu’en 1915. Il a ensuite changé de vocation pour se convertir en moulin à carton. Eh oui, il fera du carton utilisé dans la fabrication de renforts de chaussures. Le moulin ne sera plus en production après 1935. Il fermera définitivement ses portes en 1941 et tous les équipements et les bâtiments seront vendus la même année. Il ne restera que les murs de pierre du moulin qui tomberont tout doucement en ruine pendant plus de 60 ans.

(Moulin à Carder et à Fouler)
Papi : Bon, on en est encore à parler des moulins. Avant de vous raconter l’histoire du moulin suivant, je dois d’abord vous parler des animaux de la ferme. Pouvez-vous me dire quels animaux les colons français ont amenés avec eux d’Europe ?

Guillaume : Des vaches ?

Papi : oui

Delphine : Des chevaux ?

Papi : Oui

Guillaume : Des poules ?

Papi : Oui

Delphine : Des cochons ?

Papi : Oui

Guillaume : Des chiens, des chats ?

Papi : Oui

Delphine : Des moutons ?

Papi : Oui. Et qu’est-ce qu’on obtient des moutons ?

Guillaume : Des côtelettes et des gigots ? 

Papi : Oui, Guillaume, bien sûr, mais quoi d’autre ? 

Delphine : De la laine ?

Papi : C’est bien ça. Entre avoir la toison des moutons fraichement tondue et un chandail de laine bien chaud, il y a plusieurs étapes à suivre. Il faut premièrement laver les toisons de laine pour les débarrasser des graisses et des impuretés. Une fois la laine lavée, il faut la carder, c’est-à-dire diviser et démêler les fibres de laine. Ensuite, selon l’usage que l’on désire en faire, on peut la peigner ou l’étirer afin de la filer pour obtenir du fil de laine à tisser ou à tricoter. On peut aussi utiliser le foulage pour battre les fibres de laines et les presser ensemble afin de produire des étoffes imperméables. C’est ainsi qu’on produit le feutre.  Le processus entier du traitement de la laine peut se faire à la main, mais c’est un travail pénible. C’est pourquoi les habitants de l’époque ont construit des moulins à carder et à fouler pour accélérer le processus. 

Pour la petite histoire, il y avait à Château-Richer 660 moutons en 1765 et plus de 4800 moutons en 1833. Ça fait beaucoup de laine ça ! Vous comprenez maintenant pourquoi plusieurs moulins à fouler et à carder ont été construits à Château-Richer.Le premier moulin a été construit vers 1865 sur les berges de la rivière aux Chiens à la limite Est de Château-Richer. Ce moulin a fonctionné jusqu’en 1915. Ses vestiges ne sont plus visibles aujourd’hui. La demande pour ce service était si grande qu’un certain Étienne Giguère a construit un second moulin à fouler et à carder sur le bord de la rivière Valin au début du XXe siècle. Ce moulin sera vendu à son nouveau propriétaire un certain François-Xavier Jobidon. Il le relocalisera en 1910 près de sa maison en le faisant fonctionner avec un moteur à essence. Ce moulin a continué d’opérer jusqu’en 1952, mais a été complètement démoli par la suite. J’ai apporté quelques photos pour vous montrer. 



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Histoire et légendes de Château-Richer | Circuit de 11,6 km

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