Pour compléter - Point de retour

Les ajouts

La créaction de circuits de visite a mis à jour un grand nombre d'idée. Il a cependant fallu faire des choix. Souvent le choix a été dicté par le positionnement géographique du site qui se trouve dans une zone non visitée lors du trajet pédestre.  Dans l'intérêt de compléter la liste des sujets à traiter mais qui ne feront pas parti de la narration vous trouverez sous ce point d'intérêt une suite de photos et d'articles qui sauront ajouter à l'histoire de cette paroisse et ainsi compléter  l'image que nous avions projeté de vous faire découvrir.

A cette fin, vous n'avez qu'à faire défiler les vignettes.

La petite histoire de Chez Marie

L'histoire commence avec Alfred Turgeon qui ouvre un comptoir sur le bord de l'avenue Royale afin de prendre avantage du flot de touristes qui se rendrent à Sainte-Anne-de-Beaupré pour leur vendre du pain. La spécialité de la maison; le bon pain cuit au four à pain et la tartinade au sucre d'érable. Sa fille Yvonne prendra la relève. En plus de cuire le pain, on la verra filer la laine au rouet sur le bord de la rue. Son comptoir sera rempli de produits d'artisanat. Aujourd'hui la fille d'Yvonne, Marie, dirige encore le commerce mais de plus en plus c'est la génération suivante avec Sylvie et Stéphane qui poursuit la tradition familiale.

Chez Marie se trouve au 8706 avenue Royale. 

(suit trois photos anciennes)

Source: Buteau, Lise (2005). « Château-Richer, Terre de nos ancêtres en Nouvelle-France », pages 294-295. 

Chez Marie (1928)

Source: Centre de Généalogie, des Archives et des Biens Culturels de Château-Richer

Chez Marie (1942)

Mme Yvonne Turgeon devant le deuxième magasin.

Source: Centre de Généalogie, des Archives et des Biens Culturels de Château-Richer

Chez Marie le four à pain

Mesdames Simonne Turgeon et Marie-Claire Turgeon devant le vieux four à pain en 1944. 

Source: Centre de Généalogie, des Archives et des Biens Culturels de Château-Richer

Chapelle de procession Gravel

L'abbé Pierre Gravel bénit, le 1er juillet 1941, la petite chapelle de procession construite par de fiers ouvriers selon les plans de Louis-Philippe Gravel. La chapelle est érigée pour commémorer le tricentennaire de l'arrivée de l'ancêtre Joseph Massé Gravel. Une statue de la Sainte-Vierge, oeuvre des artistes Barsetti et Malucci, orne la chapelle, qui s'élève sous les érables à proximité de deux caveaux à légumes et d'une croix de chemin. Ouverte durant la saison estivale, elle est située au nord de l'avenue Royale, à l'est de la rue Huot. 

Source: Buteau, Lise (2005). « Château-Richer, Terre de nos ancêtres en Nouvelle-France », page 297

Il est aussi à noter les deux caveaux à légumes se trouvant tout proche de la chapelle. Un a un toit à pignon et l'autre un toit vouté (recouvert d'une structure en bois pour le protéger). 

On attire aussi votre attention sur la maison du 8666 avenue Royale et plus particulièrement sur le très petit édifice se trouvant à l'arrière. Vous y verrez un des derniers exemplaires d'une laiterie. Nos félicitations aux propriétaires actuels d'avoir sauvé cet construction ancienne.  

Finalement, adjacent à la chapelle on peut voir un des deux fleurons de la première église de Château-Richer, enlevée lors de la construction de la deuxième église en 1865-1866 et aujourd'hui plutôt utilisé comme croix de chemin. 

(suit une photo)

La chapelle Gravel

On notera le fleuron sur la gauche. 

Source: Centre de Généalogie, des Archives et des Biens Culturels de Château-Richer

Le p'tit train de Sainte - Anne

L'arrivée du P'tit train de Sainte-Anne sur tout le territoire de la Côte-de-Beaupré cause tout un émoi dans la population. Ce nouveau mode de transport, piloté par la Montmorency Charlevoix Co. (QMC) brise l'isolement de la population et ouvre les portes de la ville. Jusque-là, la Côte-de-Beaupré était relié à Québec par la voie fluviale et par le chemin Royal.

Avec l'arrivée du train, la livraison du courrier se fait dans un sac de malle directement à la gare. La livraison et la réception des marchandises deviennent encore plus faciles et plus rapides. Même les voies de raccord conduisent aux concasseurs ou aux moulins facilitant le chargement.

L'arrivée du P'tit Train entraîne également un exode des travailleurs vers les usines et les bureaux du gouvernement du Québec. À Château-Richer, ils seront nombreux à travailler à la "Factrie" (Dominion Textile), à "L'Arsenal", à la Commission des liqueurs et pour le gouvernement. Certains autres travailleront à l'entretien du chemin de fer et à la maintenance des gares. Le P'tit Train s'avère également le moyen de transport privilégié pour les jeunes étudiants qui font leurs études à Québec et pour les fervents de loisirs, dont les amateurs de hockey et les amateurs de soirées dansantes. Enfin, il favorise l'arrivée massive des touristes attirés par la basilique de Sainte-Anne.  

L'arrivée du P'tit Train de Sainte-Anne provoque aussi un changement majeur dans le paysage rural. Situés entre le chemin Royal et le fleuve (à l'arrière des cours des propriétaires), les rails disposés l'un après l'autre tracent la voie ferrée de ce train électrique qui arrive. C'est en effet le 8 août 1889 qu'est inauguré le P'tit Train de Sainte-Anne. 

Le nouveau moyen de transport est un succès immédiat. Le bilan financier de la compagnie au 30 juin 1890 indique tout près de 100,000 passagers et 2700 tonnes de fret (transport de marchandises). Quatre ans plus tard, le nombre a plus que doublé tandis que le nombre de tonnes de fret a triplé. En 1895, la QMC devient la Québec Railway Light & Power Co. (QRLPC). En 1897, les locomotives à vapeur sont remplacées par des wagons électriques. En 1902, les passagers sont au nombre de 640,000. Un succès colossal et une ascension fulgurante. En 1910, on utilise une première unité électrique pour le transport du fret qui continuait, jusque-là, à être transporté par des locomotives à vapeur. 

En 1951, les chemins de fer nationaux (CNR) deviennent propriétaires de toute la ligne de Montmorency. Au même moment, s'achève la construction du boulevard Sainte-Anne qui provoquera la fin du petit train électrique. Le 15 mars 1959, il effectue son dernier voyage. Si en 1943, le flot journalier était de 4000 passagers, en 1959, il n'était plus que de 1000, ceci étant vraisemblablement imputable à l'automobile. 

Le CNR offrira un service express jusqu'au milieu des années 70. Le P'tit Train aura permis la naissance de nouvelles amitiés, de nouvelles amours. On y joue aux cartes, on y raconte ses bons coups ou ses mauvais. On discute de choses anodines comme de sujets plus chauds reliés, notamment, à la politique. Bref, c'est un lieu commun comme ont pu l'être la sortie de l'église, le magasin général ou la boutique de forge. 

LES GARES
En 1899, Château-Richer compte quatre gares: Petit Pré, Château-Village, Château-Richer et Rivière-aux-Chiens. À son apogée, la municipalité compte 13 gares dont la majorité offrait un simple abri, parfois un simple banc. Seuls deux bâtiments avaient été construits. Le premier à la gare de Château-Richer, où logeaient au second étage un employé de la compagnie de chemin de fer, un nommé Richard, et sa famille. L'autre construit à la gare Lemoine, contenait de l'équipement et le transformateur dont l'employé Lauréat Mathieu avait la charge. Celui-ci habitait une petite maison vis-à-vis la gare, sur l'avenue Royale. Les billets de train, à la pièce ou au livret étaient achetés à la gare Saint-Paul de Québec et chez Valère Pouliot, à Château-Richer. 

GARE PETIT-PRÉ
L'une des plus ancienne, la gare porte le nom du secteur et du moulin et est située à proximité de la rivière du même nom

GARE VALIN
La gare porte le nom en hommage à Pierre-Vincent Valin, constructeur de navires, qui a possédé un lopin de terre dans la municipalité. Elle est située entre les rivières du Petit-Pré et Valin 

GARE CAZEAU
La gare est située à proximité de la rivière Cazeau, au bout de la terre de la famille Émond. Elle porte ce nom en hommage à la famille Cazeau, qui a habité la terre pendant plusieurs générations, dont le capitaine Louis Cazeau, major de la milice. 

GARE LEMOINE
La gare est située à l'ouest de la rivière Lemoine autrefois appelée rivière Verreau. Elle porte ce nom en hommage aux illustres Lemoyne d'Iberville, qui ont jadis été propriétaires de terres.

GARE LAVERDIÈRE
La gare est située à environ un mille à l'ouest de l'église. Construite avant 1929, son appellation correspond au nom d'un vieux paroissien à qui la compagnie de chemin de fer voulait rendre hommage. Sans doute, il s'agissait de Charles Honoré Cauchon dit Laverdière.

GARE CHÂTEAU-VILLAGE
L'une des première gares du chemin de fer est située en plein coeur du village, en arrière du couvent. La gare Château-Village a été construite vers 1888. 

GARE GIGUÈRE
Cette gare, ouverte en 1930 et fermée en 1958, se situait entre celles de Château-Village et Château-Richer. Giguère est le nom du propriétaire d'une partie du lot sur lequel est construit le chemin de fer. Elle était située derrière le 8204 avenue Royale. Une grosse bâtisse esn construite au bout de la rue aujourd'hui connue sous le nom de rue de la Station. Un nommé Richard, employé de la compagnie, louait la partie du haut et y logeait avec sa famille. C'est à cette station qu'étaient livrés les marchandises, les sacs de courrier, etc. Même le père Noël y débarqua.

GARE LEFRANÇOIS
Elle est située à un mille à l'est de l'église près de la rive est de la rivière Sault-à-la-Puce. Elle porte le nom du propriétaire d'une ferme sur laquelle elle est bâtie vers 1930 et démolie vers 1959. Elle se situait vis-à-vis le garage Alphonse Gagnon. 

GARE VISITATION
Elle est située à l'est de l'église sur les lots 73 et 69 du cadastre. Ouverte vers 1920, on lui donne une partie du vocable de la paroisse de Château-Richer: Notre-Dame de la Visitation. 

GARE BAKER'S INN
Elle est située à un mille à l'ouest de la Rivière-aux-Chiens, vis-à-vis l'auberge Baker. La gare est disparue. 

GARE MOREL -
Elle est située à environ deux milles et demi à l'est de l'église et porte le nom de Thomas Morel, le premier prêtre missionnaire envoyé par Mgr de Laval sur la Côte-de-Beaupré. (Lot 36)

GARE RIVIÈRE-AUX-CHIENS
L'une des plus anciennes, la gare porte le nom du secteur et est située à proximité de la rivière du même nom. Voisine de la manufacture de vin de messe, le chemin d'accès était située sur les terrains de la ferme Guillot.

Aujourd'hui le Petit Train de Charlevoix utilise les mêmes rails afin d'offrir un transport estival vers Charlevoix. Avec la venue prochaine du Club Med au Massif, il est prévue de voir le service de transport se faire à l'année. 

(Suit 3 photos)

Source: Buteau, Lise (2005). « Château-Richer, Terre de nos ancêtres en Nouvelle-France », pages 311-317

Le p'tit train de Ste Anne

Source: Centre de Généalogie, des Archives et des Biens Culturels de Château-Richer

La gare de Château Richer

On notera l'arrivée du père Noël

Source: Centre de Généalogie, des Archives et des Biens Culturels de Château-Richer

Les passagers à bord

Dernier trajet du p'tit train de Ste-Anne le 16 mars 1959 à 11h59. 

Source: Centre de Généalogie, des Archives et des Biens Culturels de Château-Richer

Le pont de glace et le commerce de la glace

Traditionnellement, les ponts de glace avaient l'habitude de prendre au début du mois de janvier pour ne partir qu'à la fin d'avril. Dès que le pont était figé et que le trajet avait été délimité et balisé par des petits sapins ou des épinettes par les meilleurs jaugeurs avec leurs pic à glace, leurs oreilles à l'affût de tout bruit suspect des glaces et leur instinct, le grand voyer ou le maire de la municipalité octroyait un contrat pour l'entretien du pont de glace jusqu'à la moitié du fleuve. La municipalité de Sainte-Famille en faisait autant de son côté. Pour négocier la enture - là où se brisent les glaces à cause du mouvement des marées - la construction d'un ponceau de bois était faite pour faciliter l'accès des voitures et des chevaux.

Avant 1944, Nicolas Thibault est l'un des principaux marchands de glace. Tout le travail se fait manuellement. En 1944, Émile Gagnon travaille avec trois scieurs, Philippe Tremblay, Raoul Poirier et Richard Vezina, et deux nettoyeurs, Roger Paré et Paul-Henri Gravel. Selon les marées, les hommes préféraient une scie à une autre. les glaces ainsi retirées du fleuve servaient à toute la population et davantage à la beurrerie et aux boucheries de la municipalité. À cette époque il en coûtait 5¢ pour un bloc de 28 pouces sur 30 pouces. Quant aux cultivateurs, la plupart allaient quérir eux-mêmes leurs blocs de glace directement sur le fleuve avec leurs chevaux. 

L'entretien municipal du pont de glace se termine vers 1955. Outre sa vocation économique, le pont de glace aura permis de favoriser les échanges interpersonnels avec les gens de l'île d'Orléans. 

(Suit deux photos)

Source: Buteau, Lise (2005). « Château-Richer, Terre de nos ancêtres en Nouvelle-France », pages 270-271

Coupe de la glace sur le fleuve

Richard Verreau, Raoul Poirier et Philippe Tremblay. 

Source: Centre de Généalogie, des Archives et des Biens Culturels de Château-Richer

Transporteur de glace

Transporteur de glace au quai Giffard

Source: Centre de Généalogie, des Archives et des Biens Culturels de Château-Richer

Une légende

Une bande de gais lurons de Château-Richer allait se souvenir longtemps du mois de novembre 1860 alors qu’un soir, à la brunante, ils partaient vers Saint-Achillée en montant la côte de la chapelle pour se rendre chez leurs blondes. Sur le chemin, en passant devant une maison, une vieille femme sortit sur son perron et les invita à entrer prendre une tasse de thé. Comme ils hésitaient, elle leur dit : « Je vais jouer de la musique à bouche, vous pourrez danser ».

La vieille jouait bien ; ses airs coulaient et les jeunes se laissèrent emporter à danser, même s’il était défendu de danser dans le mois des morts. Puis à un moment, la vieille sembla perdre le contrôle de son harmonica qui s’emballa et les danseurs se jetèrent sur des chaises pour reprendre leur souffle. Le moment d’après ils furent saisis de peur lorsque la vieille frappa du talon et lança un ordre incompréhensible en regardant en direction de la chambre à coucher. Elle recommença aussitôt à jouer et la porte de la chambre s’ouvrit : vingt gros rats sortirent de la pièce en dansant, se tenant à bras-le-corps comme des couples d’amoureux. Les rats s’en donnèrent à cœur joie dans les rondes exécutées en avant du poêle qui bourdonnait vigoureusement. 

Effrayés, les jeunes gens se levèrent pour quitter les lieux, mais la vieille s’arrêta de jouer de la musique en se plaçant devant la porte pour les empêcher de sortir de la maison. « Restez ici, dit-elle avec force, ce sont des gens comme vous, partis sans ma permission, que j’ai transformés en rats ».

Après un moment d’hésitation, alors que les rats faisaient déjà une chaîne pour les empêcher de partir, les jeunes se recommandèrent à Dieu et firent leur signe de croix pour échapper à ce spectacle infernal. Aussitôt, le poêle et la lampe s’éteignirent, et la vieille, suivie des rats, disparut, semblant s’être esquivée en direction de la  chambre à coucher. 

Plus de cent ans plus tard, la légende des rats qui dansent est encore vivante chez les descendants des jeunes gens de la Côte-de-Beaupré qui n’avaient pas respecté l’interdit de danser durant le mois des morts. 

Source: Buteau, Lise (2005). « Château-Richer, Terre de nos ancêtres en Nouvelle-France », page 498



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Histoire et légendes de Château-Richer | Circuit de 11,6 km

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