L'avènement des loisirs à Charny (P.I.)

L’autorité religieuse et les loisirs

Les confréries pastorales approuvées par le curé ont été les premiers loisirs des charnycois. Les Dames de Sainte-Anne pour les femmes en 1904, la Ligue du Sacré-Cœur pour les hommes dès 1905 et, plus tard, les « Croisés » pour les enfants.

La Fabrique organise aussi quelques activités : des vues animées en 1909, du théâtre joué  par les jeunes filles du Couvent en 1911 et des soirées d’écoute publique avec l’arrivée de la radio en 1923. Naturellement supervisées par le curé !

L’autorité religieuse ne rigole pas avec la culture. Sous la pression constante du curé Poirier, le Conseil municipal interdira, en 1921, le théâtre, le cirque et tous les spectacles publics. Ils seront autorisés de nouveau en 1938, soit deux ans après son départ.

Même le patinage n’y échappe pas. À de nombreuses reprises dans ses prônes du dimanche, le curé Poirier rappelle que «la patinoire est une occasion de péchés et de dangers de toutes sortes » ou que « le patinage n’est pas un amusement pour les jeunes filles ».

Photo: Procession, sortie de l’église en 1937.

Crédit: Archives Ville de Lévis, Jean-Guy Robitaille, coll. Jacques Foucault

L’importance des loisirs

Dans les années 1920, les équipes de hockey et de baseball de Charny jouissent d’une forte popularité. L’été, elles attirent même des joueurs anglophones de l’Ontario ! Ces équipes jouent dans différentes ligues contre les villes de Lévis, Québec et Thetford Mines.

En 1926, le Conseil municipal, avec l’appui de la population, octroie un montant de 100 $ à ces équipes pour qu’elles se procurent des vêtements d’équipe.

Ces rencontres sont si courues que le curé Poirier change l’heure des vêpres à l’été 1927 pour permettre aux paroissiens d’assister aux matchs.

Photo: Club de baseball de Charny vers 1939.

Crédit: Anonyme

Les colonies de vacances

L’arrivée des Frères de l’instruction chrétienne au Collège Notre-Dame favorise la mise en place d’une « colonie de vacances » en 1938. Il s’agit de l’ancêtre des terrains de jeux que nous connaissons.

Cette colonie de vacances organisait deux baignades par jour à la rivière Chaudière, de l’hébertisme, des jeux de poche et de drapeau et, bien sûr, des parties de baseball.

Les Frères favorisaient la pratique du sport et, chaque hiver, entretenaient une patinoire dans la cour du collège.

Photo: Équipe de hockey CND (Collège Notre-Dame) en 1938.

Crédit: Anonyme

Le premier terrain de jeu

En 1945, sous la direction du curé Paul Bouillé, la Fabrique fait l’acquisition, pour 4500 $, d’un boisé de 1 000 pi X 435 pi (304,8 m X 132,6 m) appartenant à Mme John McNaughton, une citoyenne de Charny.

Au coût de 3 000 $, elle y construit dès l’automne un chalet de loisirs, un terrain de jeux éclairé et un terrain de tennis. L’hiver, on y installe une patinoire. Ces infrastructures sont financées par des bazars, des bingos, des tirages et autres initiatives du même genre.

Toutes ces installations seront démolies en 1956 pour faire place à l’école Saint-Louis-de-France. La Commission scolaire fera un don de 5 000$ à la Fabrique en guise de compensation pour le dérangement. Ce montant servira à la relocalisation du chalet et de la patinoire.

Au même moment, le vicaire Paul-Eugène Roy et quelques paroissiens mettent en place un terrain de jeux officiel connu sous le nom d’OTJ Charny. La Fabrique fournira un terrain situé juste en face de l’ancien emplacement (l’actuel parc de la Rivière).

Photo: Premier centre récréatif de Charny en 1945. Ouverture le 11 décembre 1945.

Crédit: Anonyme

La Salle paroissiale (P.I.)

Le curé Paul Bouillé est un organisateur né.

Tout au long de son mandat (1945-1949), le domaine des loisirs a été sa grande préoccupation. À son arrivée, il n’y avait toujours pas de lieu de rassemblement pour  les loisirs de la jeunesse charnycoise. C’est sous sa direction que la Fabrique entreprend, en 1946, la construction de la Salle paroissiale (maintenant Centre communautaire Paul-Bouillé) au coût de 67 000 $.  

Au 1er étage, les amateurs de quilles et de billard y trouvent leur compte. Un casse-croûte avec un comptoir-lunch et quelques tabourets permet de s’y restaurer. L’installation d’un téléviseur dans la salle réservée au ping-pong attire les amateurs de hockey chaque samedi soir.

Au 2e étage, la grande salle permet la tenue de toutes sortes d’événements : spectacles, banquets et activités sportives. Elle fait aussi office de cinéma.

Photo: Salle paroissiale vers 1970.

Crédit photo : Archive Ville de Lévis

Le cinéma de la Salle paroissiale

Le Centre Paul-Bouillé a hébergé le cinéma de Charny à une certaine époque.

Le dimanche, l’après-midi était réservé aux représentations pour les jeunes tandis que la soirée était réservée aux adultes.

De «  Ben-Hur » à « La guerre des mondes » en passant par les cow-boys, les policiers et autres héros, sans oublier les grandes histoires d’amour, tous les films populaires du temps y ont été projetés.

Tarzan, Zorro et une galerie de preux chevaliers étaient un puits sans fond d’aventures pour les jeunes spectateurs !

Peut-être vous souvenez-vous des « Nouvelles PATHÉ » ? Ces petits reportages qui faisaient découvrir le monde étaient présentés avant chacune des projections.

Photo: Description d'une cabine modèle pour machine cinématographique

Crédit: Paroisse Saint-Jean-l’Évangéliste

Les patinoires extérieures

Avant l’apparition des arénas, chaque village avait une ou des patinoires extérieures. Charny ne fait pas exception à la règle.

Les Frères en ont fait une au Collège dès leur arrivée en 1938. Elle sera fréquentée pendant des décennies.

Dans les années 1940, il y a eu la patinoire Demers, un équipement privé situé sur la rue Omer-Poirier (Site aujourd’hui occupé par une bâtisse appartenant à Bell).

Puis celle du premier terrain de jeux en 1945 (emplacement actuel de l’école St-Louis-de-France). Cette dernière est déplacée en 1957 à l’arrière de la Salle paroissiale (actuel stationnement sur le côté de l’église) après la démolition du vieux Couvent. Elle sera ouverte une dizaine d’années.

Elle est déménagée à nouveau au parc Rivière où on la retrouve encore aujourd’hui à chaque hiver.

Photo: Le 25 février 1945, l'équipe Ideal Lumber et Fuller à la patinoire Marcel Demers .

Crédit: Anonyme

Les loisirs après 1960

À partir des années 1960, le temps libre des citoyens augmente notamment en raison du changement dans l’organisation du travail : du lundi au vendredi de 8 h à 17 h. C’est à cette époque que l’on observe le développement des loisirs en bien de consommation. Ils se décléricalisent et s’individualisent. On voit aussi apparaitre de nombreuses associations non sportives et sans lien avec l’église.

En 1977, la municipalité prend finalement l’organisation des loisirs sous son aile et, en 1980, dote Charny d’un complexe sportif multifonctionnel : l’Aquaréna de Charny (maintenant Aquaréna Léo-Paul-Bédard). Ce centre comprend une piscine, une patinoire et des locaux pour les activités socioculturelles. On dénombre près de 40 organismes sportifs et socioculturels à Charny dans les années 1990.

Dans les dernières années, des partenariats ont doté la ville d’installations de très haute qualité sur le terrain de l’École secondaire Les Etchemins : le stade de soccer intérieur Honco, un terrain synthétique de football/soccer et une palestre qui abrite le club de gymnastique Gymnamic.

Photo: Aquaréna Léo-Paul-Bédard

Crédit: Ville de Lévis



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Charny, chroniques d'une jonction | Circuit historique

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