Le bleuet sauvage

Le meilleur cueilleur


L'autocueillette au Lac-Saint-Jean

À Dolbeau-Mistassini, le bleuet sauvage est bien plus qu’un fruit : c’est un symbole identitaire. On le retrouve à chaque détour de rue, perché au-dessus des panneaux de rues et d’avenues, et fièrement intégré au logo municipal. Connue comme la capitale mondiale du bleuet sauvage, Dolbeau-Mistassini porte cette richesse naturelle avec fierté.

La récolte du bleuet au Lac-Saint-Jean s’organise dès la fin des années 1800, même si le petit fruit était consommé depuis des siècles par les Premiers Peuples. Rapidement, la cueillette devient une tradition bien ancrée. À la fin de l’été, des familles entières prennent la route des bleuetières ou des secteurs boisés. On érige des campements temporaires en forêt, simples, mais chaleureux, où l’on partage repas et longues journées de travail.

Munis de chaudières, de paniers et du fameux peigne, petits et grands participent à la récolte. Bien souvent, après la cueillette vient le vannage, qui permet de retirer feuilles et brindilles avant d’entreposer les fruits. Exigeante, cette activité représente longtemps un revenu d’appoint important pour de nombreux foyers.

Aujourd’hui, l’autocueillette perpétue cet héritage. Cueillir ses propres bleuets, goûter à sa fraîcheur incomparable et son petit côté sucré, marcher dans les champs baignés de soleil, c’est renouer avec une tradition transmise de génération en génération, l’âme même de Dolbeau-Mistassini.

Source de l’image : Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine, P299 Fonds François Gaudreault


Les Halles du Bleuet

Impossible de ne pas remarquer l’ancienne fromagerie des Pères Trappistes ! Ce bâtiment construit en 1942 a longtemps été lié au savoir-faire des religieux. Le fromager de la communauté, Frère Romuald Jean, y préparait le Gouda, le Cistel et du Oka, parmi d’autres. Avec son décès en 1956 se termine la production de fromage chez les Pères. L’édifice devient alors une beurrerie-laiterie : on y fabrique surtout du beurre et de la poudre de lait écrémé.

Les années suivantes sont plus difficiles. Les frais d’exploitation pèsent lourd et, en décembre 1959, les activités cessent une première fois. Après un arrêt, la production reprend de 1966 à 1968 (beurre, quelques fromages, caséine et poudre de lait) mais ce sera de courte durée. En 1968, l’arrêt est complet. 

Le bâtiment servira surtout d’entrepôt pendant plusieurs années. Il faut attendre 2014 pour lui redonner un second souffle. Les nouveaux propriétaires de la Crémière du Nord, cette petite cabane blanche coiffée d’une crème molle géante bien connue depuis 1980, souhaitant moderniser le bar laitier, ils le relocalisent complètement en rénovant une partie de l’ancienne fromagerie et lancent Les Halles du Bleuet.

Aujourd’hui, on y savoure une crème molle au bleuet, qu’on peut même tremper dans le chocolat des Pères Trappistes. Boutique de produits du terroir, artisans locaux, halte pour les cyclistes de la Véloroute des Bleuets et comptoir d’information touristique : Les Halles du Bleuet sont devenues un arrêt incontournable de l’été à Dolbeau-Mistassini.

Image : L’ancienne fromagerie, beurrerie et laiterie des Pères Trappistes servant d’entrepôt, possiblement dans les années 1980 ou 1990. Bernard Gaudreault, propriétaire.(Source de l’image : Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine, P40 Collection Société d’histoire, don de Bernard Gaudreault)


Bleuets Mistassini Ltée

Au cœur de Dolbeau-Mistassini, le bleuet sauvage n’est pas qu’un fruit : c’est une véritable fierté locale. Depuis la fondation de Bleuets Mistassini Ltée en 1989, l’entreprise contribue à faire rayonner ce petit trésor boréal bien au-delà de la région. Appuyée par des producteurs majeurs comme Bleuets Fortin et Fils, qui cultivent des milliers d’hectares de bleuetières au Lac-Saint-Jean et sur la Côte-Nord, elle participe à une chaîne de récolte rapide et rigoureuse qui préserve toute la fraîcheur du fruit. Ici, le bleuet est cueilli, transformé et expédié avec soin, perpétuant une tradition profondément ancrée dans l’identité dolmissoise.

Mais au-delà de l’industrie, c’est l’expérience terrain qui séduit les visiteurs. La section d’autocueillette des bleuetières invite petits et grands à plonger directement dans ce paysage unique, où les champs rosés s’étendent à perte de vue. En saison, panier à la main, on goûte au plaisir simple de cueillir soi-même des bleuets gorgés de soleil, tout en profitant du grand air et du calme nordique. C’est une activité accessible, conviviale et typiquement régionale, qui permet de découvrir le territoire autrement… un bleuet à la fois.


L'industrie du bleuet

À Dolbeau-Mistassini, le bleuet sauvage est bien plus qu’un fruit : c’est une véritable industrie et un symbole identitaire. Dans cette région boréale reconnue pour la qualité de son « superfruit », la culture, la transformation et la mise en marché du bleuet façonnent l’économie locale depuis des décennies.

Ici, les champs s’étendent à perte de vue. Bleuets Mistassini Ltée exploite près de 4 000 hectares de bleuetières, tandis que Bleuets Fortin & Fils Inc., entreprise familiale active depuis 1985, figure parmi les plus importants fournisseurs de bleuets conventionnels et biologiques au Québec. L’usine de congélation de Dolbeau, liée au Groupe Bleuets sauvages du Québec, assure la distribution de bleuets frais, surgelés et concentrés à grande échelle.

La transformation du fruit est tout aussi dynamique. Fondée en 2009, l’entreprise dolmissoise Bleuet Nordic s’est taillé une place sur les marchés internationaux grâce à ses bleuets sauvages déshydratés biologiques, exportés dans plus de 15 pays. À Mistassini, la Chocolaterie des Pères Trappistes perpétue depuis 1967 la tradition des bleuets enrobés de chocolat. De Miel en Bleuets, à Dolbeau-Mistassini, marie apiculture et petits fruits en offrant miel et confiseries aux bleuets.

Sans oublier la bleuetière touristique du secteur Pointe-des-Pères, où l’autocueillette permet de goûter au fruit directement à la source.

Et ce n’est qu’un aperçu : à Dolbeau-Mistassini seulement, des dizaines d’entreprises et d’artisans font rayonner l’or bleu bien au-delà de la région.

Image : Un Père trappiste et des enfants font de l’autocueillette en forêt, vers 1970. (Source de l’image : Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine, P17 Fonds Carmen et Jean-Marie Duchaine, photographes)

Références

Andrée Tremblay et al. La production du bleuet sauvage… dans une perspective de développement durable, Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, Alma, 2010, 4 p. [En ligne].

Bleuets Mistassini Ltée [en ligne].

Bleuet Nordic [en ligne].

Bleuets Fortin & Fils Inc [en ligne].

Bleuetière touristique de Dolbeau-Mistassini [en ligne].

De Miel en Bleuets [en ligne].

Frédérique Fradet. « Rénovations de l’ancienne fromagerie des Pères Trappistes, La Crémière du Nord s’agrandit », Nouvelles Hebdo, 14 mai 2014, p. 15.

Habitations l’Escalier. « Vinaigrette bleuets du Lac-Saint-Jean et épinette noire » [en ligne]. 

Mireille Bellemare. « Capsule recherche », Syndicat des producteurs de bleuets du Québec, juin 2016 et juin 2017.

Père Jacques Pineault. Les Trappistes de Mistassini, des jours et des hommes, Mistassini, 1991, pp. 35-43.

Syndicat des producteurs de bleuets du Québec. Perle bleue, site officiel, 2018 [ancien site web des Productions de bleuets sauvages du Québec].

Usine de congélation de Dolbeau [en ligne].

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Dolbeau-Mistassini se raconte

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