Fils de Vilbon Talbot et de Louise Rochette, Placide Talbot naît à Natashquan, comté de Saguenay, en 1873, et déménage à Saint-Théophile-de-Beauce en 1886. Il y épouse Léda Hébert, avec laquelle il décide de s’établir à Mistassini, où la famille arrive vraisemblablement en mai 1926.
À Mistassini, la famille s’installe sur la petite île, où Placide construit une maison imposante d’une vingtaine de chambres, louées à des travailleurs forestiers Le transport du bois se fait par la rivière, qui lui sert aussi d’accès principal à son domaine. L’occupation du lieu est jugée illégale à l’époque, et Placide est qualifié de « squatteur ». La Lake St. John Power & Paper, propriétaire des lieux et exploitante de la papeterie de Dolbeau à partir de 1927, utilise également la rivière Mistassibi, ce qui entraîne rapidement des frictions entre les deux parties.
Épreuves
Malgré les efforts pour s’adapter, la vie à Mistassini est marquée par des épreuves, comme la perte d’enfants, mais aussi en raison d’altercations judiciaires. Placide et son fils Alcide sont accusés d’avoir détruit des bômes (boom) de la compagnie en 1932.
Cette poursuite en justice se prolonge et « l’île no 57 » est vendue en février 1938 avec tout ce qu’elle contient. M. Talbot quitte pour Sainte-Thérèse-de-Colombier vers 1939 et y décède en 1953.
Malgré les affronts et les tensions, Placide Talbot était un homme estimé. Par cette histoire singulière, l’île Talbot représente une volonté farouche de s’enraciner.