La Pointe des Pères

Vestiges du passé


La chapelle des Pères

Vous êtes au Parc de la Pointe-des-Pères. Sous les arbres et le long des sentiers, le lieu garde la mémoire d’un village entier : celui des Pères Trappistes. Bien que la chapelle que vous apercevez aujourd’hui n’est pas celle d’origine, elle demeure une reconstruction fidèle, faite de bois, inspirée de l’ancien bâtiment, jadis situé au même endroit. 

Ouverte sur l’extérieur, la chapelle sert d’abri, de lieu de repos et d'aire de pique-nique, rappelant l’héritage spirituel des Pères Trappistes et les débuts de la vie religieuse à Dolbeau-Mistassini.

Image : La chapelle, au loin à gauche, telle que vue du jardin à proximité du monastère, en 1895. Photo de Livernois. (Source : Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine, P110 Fonds Monastère des Pères Trappistes)


Les premières messes

Dès janvier 1893, les premières messes sont célébrées par les Pères, alors que le village n’en est qu’à ses débuts. C’est alors une grange qui fait office de lieu de culte. Une première chapelle de bois est érigée l’année suivante, en 1894 : en planches de bois brut avec ses cheminées de briques, perchée sur le haut de la colline, en hauteur par rapport au deuxième monastère, avec, à l’arrière, une annexe, à proximité d’un cimetière. Un chemin de terre la relie au monastère et au jardin. Son clocheton, court et ouvert, est surplombé d’une longue et mince croix en son apogée. 

1895

Le Père Jean-de-Dieu en fait la bénédiction le 8 décembre 1895. La chapelle devient rapidement le cœur religieux du village des Pères. On y tient une dernière messe le 11 novembre 1928, après quoi elle est détruite peu de temps après, remplacée par l’église de briques érigée au centre de l’ancienne ville de Mistassini.

Nouveau monastère

Avec la construction du nouveau monastère à partir de 1909, en haut de la côte, la vie religieuse se déplace progressivement. En 1935, le chantier de l’église abbatiale débute, accolé au monastère, mais il faut attendre en juin 1938 pour son inauguration officielle. Ce bâtiment est aujourd’hui le CLSC.

Vestiges

Parmi les traces encore visibles de la présence de ces fondateurs, les Pères Trappistes, la chapelle de bois occupe une place à part. Elle rappelle que ce site, bien avant d’être une halte routière, était d’abord un lieu de prière, de rassemblement et de vie communautaire.


Reproduction de la chapelle

Un pique-nique à la Pointe-des-Pères, devant la reproduction de la chapelle, qui est à l'image de l'ancien lieu de culte des Pères Trappistes et localisée au même endroit.

Image : Ville de Dolbeau-Mistassini


Les sentiers

Nous nous trouvons à la Pointe-des-Pères, un secteur du Parc régional des Grandes-Rivières du lac Saint-Jean où chaque pas nous fait voyager entre l’histoire et la nature. Autrefois village des Pères, ce lieu aujourd’hui prisé des piétons et cyclistes, notamment avec la véloroute des Bleuets, plaît particulièrement aux amateurs de plein air.

Image : Ville de Dolbeau-Mistassini


Marcher sur les traces du passé

En parcourant les sentiers Le Portage, Le Trappiste, L’Abbaye ou Le Village, vous marchez dans les traces des Premiers Peuples, des Pères trappistes fondateurs et des premiers colons. Autour de vous, tout invite à la pause, avec la chapelle, la halte municipale et ses aménagements extérieurs. 

À proximité

Les Halles du Bleuet proposent la fameuse crème molle aux bleuets, trempée dans le chocolat des Pères trappistes, ainsi que la bleuetière touristique de Dolbeau-Mistassini. Véritable lien le long du boulevard des Pères entre Dolbeau et Mistassini, ce parc urbain offre près de 5 kilomètres de sentiers pédestres aux paysages enchanteurs, tout près du confluent des rivières Mistassini et Mistassibi, avec vue sur les chutes. Ancien territoire agricole acquis par la Ville dans les années 1990, il est aujourd’hui mis en valeur comme espace de découverte, notamment avec ses vergers collectifs.


Le village des Pères

Quand on circule sur le boulevard des Pères à Dolbeau-Mistassini, la nature semble avoir repris le dessus. Les arbres ont repoussé là où, il y a plus de 130 ans, une communauté de moines cisterciens a défriché la terre pour y établir un village. Pendant près de 50 ans, ils jouent un rôle central, soutenant l’arrivée des colons, fournissant vivres, emplois et services essentiels, un véritable noyau religieux et économique

Image : Le village des Pères (Mistassini) avec vue sur la chapelle et le monastère près de la rivière Mistassibi, vers 1900. Il s’agit de nos jours du paysage derrière le boulevard des Pères, sur le Parc de la Pointe-des-Pères. La chapelle, reconstruite, se trouve au même emplacement. (Source : Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine, P110 Fonds Monastère des Pères Trappistes)


Des piliers du développement

En 1890, alors que l’émigration vers les États-Unis s’intensifie, le Québec mise sur la colonisation. Les communautés religieuses deviennent des piliers du défrichement et de l’autosuffisance. C’est dans ce contexte que Mgr Marquis et le sous-commissaire Labelle sollicitent les Pères Trappistes d’Oka pour ouvrir une nouvelle paroisse à Mistassini. En 1892, une modeste étable achetée au colon François Gaudreault pour 500 $ sert de premier logis. Le gouvernement Mercier leur concède aussi 6 000 acres de terres et une aide financière de 10 000 $.

Agriculture, élevage et défrichement

Fidèles à leurs règles, les Trappistes s’engagent dans l’agriculture, l’élevage et le défrichement. Les Pères fournissent les services essentiels, moulin, laiterie, magasin général, poste et offices religieux, fondant un centre structurant pour les colons. La population double au village entre 1895 et 1896, passant de 40 à 80 familles. La ferme Saint-Joseph se développe et la municipalité de Saint-Michel de Mistassini est constituée en 1897.

Démantèlement du village 

Ce n’est qu’avec le plein essor de la vie municipale que les religieux se retirent progressivement vers une vie plus conforme à la solitude monastique. Les Trappistes amorcent le démantèlement du village à partir des années 1940. Des maisons sont relocalisées, les activités cessent peu à peu, parfois à la suite d’incendies majeurs.

Aujourd'hui

La vie citoyenne s’organise à Dolbeau et à Mistassini, réunies plus tard en une seule ville. De nos jours, la Pointe-des-Pères est devenu un lieu de nature et de mémoire.

Références

Isabelle Trottier et Lisa Fortin. Dolbeau-Mistassini en photos… reflet historique d’une collectivité, Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine, Dolbeau-Mistassini, 2011, pp. 11-21.

Père Jacques Pineault. Des Jours et des hommes, 1892-1992, Mistassini, 1991, 194 p.

Photographies du P110 Fonds Monastère des Pères Trappistes (pour les matériaux, la disposition), Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine.

Site web du Parc régional des Grandes-Rivières du lac Saint-Jean.

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Dolbeau-Mistassini se raconte

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Presented by : Ville de Dolbeau
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