Le manège militaire de la rue Belvédère Sud
Le manège militaire Colonel-Gaëtan-Côté fait partie du paysage urbain sherbrookois depuis maintenant plus de 115 ans… À l’époque de sa construction, le secteur est en plein développement. En même temps que les Forces armées canadiennes font ériger le manège militaire, on achève la construction de la nouvelle gare du Canadien Pacifique ainsi que de l’hôtel Royal, situé sur le coin de rue opposé.
À l’origine, le projet d’un manège militaire vise à loger de manière adéquate le 53rd Sherbrooke Regiment, devenu le Sherbrooke Hussars dans les années 1960, ainsi que d’autres unités de la région, toutes anglophones. Dans la foulée, des intervenants du milieu poussent pour la mise sur pied d’une nouvelle unité de volontaires, francophone cette fois-ci. Les docteurs J. Ferdinand Rioux et Pantaléon Pelletier sont les principaux promoteurs de ce projet; grâce à leur dévouement, le 54th Regiment (Les Carabiniers de Sherbrooke), aujourd’hui connu sous le nom de Les Fusiliers de Sherbrooke, voit officiellement le jour en 1910. D’emblée, la nouvelle unité s’installe dans le nouveau manège. Durant deux ans, le 53rd et le 54th cohabitent dans les locaux de la rue Belvédère Sud, mais le lieu se révèle rapidement trop exigu pour accommoder tous ces réservistes : l’unité anglophone déménage alors sur la rue William.
Au cours du dernier siècle, le manège militaire Colonel-Gaëtan-Côté a été témoin de l’engagement des unités de réserve qui l’habitent. Le sentiment d’appartenance des soldats de Les Fusiliers de Sherbrooke, mais aussi du 714e Régiment des communications, envers le manège de la rue Belvédère Sud est indéniable. C’est d’ailleurs l’un des éléments qui ressort à la suite de l’ordre d’évacuation reçu en 2021 et durant les années d’incertitude qui ont suivi. Qu’allait-il advenir de ce bâtiment distinctif pour le quartier, mais aussi pour le patrimoine militaire régional? En octobre 2024, on annonce que le manège Colonel-Gaëtan-Côté sera entièrement réhabilité, ce qui signifie que sa coquille sera conservée et restaurée, alors que l’intérieur sera rénové pour s’arrimer aux exigences en matière de sécurité des bâtiments, mais aussi pour répondre aux besoins en matière d’entraînement des troupes. Les travaux, déjà entamés, devraient durer encore quelques années. Actuellement relocalisées sur la rue Woodward, les deux unités concernées pourront vraisemblablement réintégrer leur manège vers 2030.