Gare de Carcross

Le col White

La compagnie de train White Pass & Yukon Route tire son nom du col de montagne du même nom qui relie Skagway, en Alaska, à Carcross, au Yukon, en passant par la ville fantôme de Bennett, en Colombie-Britannique, de l’autre côté du lac Bennett. Le col a été baptisé White en l’honneur de Thomas White qui était ministre de l’Intérieur du Canada en 1887, à l’époque où l’arpenteur William Ogilvie explorait les environs.

Le col White est l’un des deux passages qu’empruntaient les prospecteurs lors de la Ruée vers l’or du Klondike. Plus long que la piste Chilkoot, mais aussi moins escarpé, ce col a été choisi pour la construction du  chemin de fer qui relie Skagway à Carcross.

Crédit photo : Stéphanie Chevalier

Conditions difficiles voyage par le col White

« Plus loin, Jack le mulet s’obstine à rester en arrière, et on a mille peines à lui faire rejoindre la colonne. Enfin, quand on a atteint le camp, à la nuit, transi, mouillé, affamé, épuisé, c’est pour trouver la tente aplatie sur le sol et recouverte d’une forte couche de neige. Donnant d’abord aux chevaux les soins qu’ils réclament, nous nous mettons à l’œuvre avec les pelles, et après deux heures de dur travail, nous tirons sur les cordes pour retendre la toile, ce qui n’est pas mince affaire, la tente ayant huit mètres de long sur cinq de large et de haut; puis il faut couper le bois imprégné d’eau et impossible à allumer. Après quelques jours de rude labeur, toute la cache du sommet est transférée à Log Cabin, et maintenant il va falloir la reporter plus loin, à Bennett, ou même plus loin encore, si la glace des lacs Lindemann et autres tient bon encore quelques semaines.

La piste est encombrée, les fondrières sont nombreuses, en partie comblées par les cadavres de chevaux, dépecés, gluants, réduits en bouillie. C’est une série ininterrompue de fosses longues de deux ou trois mètres et profondes d’un mètre plus ou moins; la marche consiste à descendre ces cavités et à les gravir, de sorte que tantôt c’est le cheval qui y disparaît, tantôt le traîneau.

Ce qu’on y a brisé de traits, de limons, de traîneaux! Et combien de chevaux s’y sont tués! Une rapide inspection de la route suffit à révéler le triste état des choses : on ne voit sur ses bords que lambeaux de chair éparpillés et débris en tous genres. »

Extrait de Aux mines d’or du Klondike : du lac Bennett à Dawson City, Léon Boillot

Photo : Campement de la White Pass
Crédit dessin : A. Paris d’après la photographie de M. Goldschmidt

White Pass & Yukon Route

La ligne de chemin de fer White Pass & Yukon Route a été construite entre 1898 et 1900 pour répondre aux besoins des chercheurs d’or du Klondike. D’une longueur de 177 km, elle reliait Skagway, en Alaska, à Whitehorse. Traversant un col escarpé de montagnes, il a fallu 450 tonnes d’explosifs pour la construire.

Lorsque la ligne a été terminée, la fièvre de l’or était déjà retombée, mais les compagnies minières ont remplacé les prospecteurs, transportant leurs minerais (cuivre, plomb, argent) des mines yukonnaises jusqu’aux bateaux à Skagway.

Photo : Chemin de fer de la White Pass & Yukon Route au sommet du col White
Crédit photo : Library of Congress Prints and Photographs Division Washington, D.C.

White Pass & Yukon Route aujourd’hui

À la suite de la construction de la route de Skagway en 1978, et de la chute des prix des minerais en 1982, la White Pass & Yukon Route a suspendu ses activités.

À la fin des années 1980, le tourisme s’est développé fortement en Alaska et les compagnies de bateaux de croisière ont négocié la réouverture de la ligne de chemin de fer pour ses passagers. En 1988, la White Pass & Yukon Route a commencé à offrir des excursions touristiques. Au début, le train voyageait seulement entre Skagway et Bennett, pour finalement élargir son offre jusqu’à Carcross en 2007.

Les excursions sont offertes de mai à septembre.

Crédit photo : Stéphanie Chevalier



Excerpt of
Les aventuriers des lacs du sud

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